PEUGEOT 402 "ANDREAU"
La firme Peugeot
n'a pas toujours été cette marque conservatrice
que l'on a connu dans les années cinquante et ce, jusqu'à
aujourd'hui.
Dans les années folles, ce conservatisme
était bien ancré dans les murs d'à
peu près tous les constructeurs. Au tournant des années
trente, on assiste à une évolution technique de
la conception de ce que doit être une automobile: carrosserie
monocoque, traction avant, premières tentatives aérodynamiques
C'est dans ce domaine, à défaut de révolution
technique que Peugeot va se faire remarquer dans la douce France
de l'époque. Citroën
a en effet sorti sa révolutionnaire "Traction Avant"
en 1934, laquelle, comme ce pléonasme courant l'indique,
est entraînée par ses roues avant, gage d'une tenue
de route sûre peu courante à l'époque, ainsi
que par sa carrosserie monocoque qui en fait aussi une voiture
robuste, alors que l'on ne peut pas en dire autant de ces assemblages
d'acier et de bois installés sur des châssis en échelle
peu rigides.

Le prototype Andreau N8 X au salon de Paris 1936
Peugeot réplique donc en octobre 1935 avec
une voiture aérodynamique: c'est la 402. Sans nul doute,
les dessinateurs se sont inspirés de l'Airflow de Chrysler,
mais le dessin est plus fin, grâce en soit rendue à
une conception technique plus légère.
Peugeot prévoit aussi d'équiper ses voitures à
la ligne dite "fuseau" d'une boîte automatique
à quatre rapports conçue par Gaston Fleischel. Cette
invention prometteuse n'aura pas de suite commerciale, la boîte
Cotal à commande électrique lui sera préférée
à titre d'option.
Parmi la gamme très étendue des 402, le modèle
"Eclipse" a, lui aussi, un petit côté révolutionnaire:
n'est-il pas le premier toit métallique rétractable?
D'abord à commande électrique, la version à
manivelle sera jugée plus fiable.
Mais cela ne semble pas suffire à Peugeot qui commande
à l'ingénieur Andreau, un spécialiste de
l'aérodynamique, un prototype d'une voiture encore plus
"fluide".
Libéré des contraintes financières
liées à la construction en série, tout comme
celles liées aux exigences des "commerciaux"
(le marketing n'existait pas encore!), Andreau peaufine le dessin
de la 402. Ainsi naît sur papier le 5 septembre 1935, la
première des 402 "Andreau", poétiquement
nommée NA 8.
A cette époque, Peugeot a dans ses cartons un moteur V8
destiné à ce prototype, cependant, celui-ci n'est
pas au point, ce sera la mécanique quatre cylindres de
la 402 de série qui sera utilisée.
Celle-ci sera suivie par la N8 X. Les surfaces vitrées
sont agrandies et leurs encadrements disparaissent, le pare-brise
en quatre parties se contente désormais de deux.
La dernière des évolutions des 402
aérodynamiques Andreau sera la N4 X. Celle-ci se distingue
de la N8X par son pare-brise à visibilité totale
avec des montants latéraux très minces.
Le coefficient aérodynamique est de 0,36,
mais les performances des 402 "Andreau" ne sont guère
supérieures à celle du modèle de série,
même si on parle d'un gain de 30% sur la consommation d'essence.
La finesse de cette carrosserie à vue panoramique, à
l'exception de la visibilité arrière compromise
par le volumineux aileron central arrière à l'image
des Tatra contemporaines, aurait pu en faire l'une des plus séduisantes
automobiles de l'époque. Il n'en sera rien: fabriquée
à six exemplaires sur une mécanique strictement
identique au modèle 402 de série, ces voitures ne
seront vendues qu'à des clients triés sur le volet.
Pour un demi-siècle, Peugeot restera assis
sur sa réputation de fabricant conservateur en fabricant
des modèles robustes, mais souvent dénués
de ce petit coup de génie technique capable de provoquer
des passions, même si celui-ci se fait au détriment
de leurs propriétaires.
Caractéristiques PEUGEOT 402 1937
Moteur: 11 CV, 4 cylindres en ligne à
soupapes en tête, 1 991 cm3 (83 x92 mm), 55 ch. à
4 000 tr/mn.
Transmission: propulsion, boîte mécanique
3 vitesses ou boîte électro
magnétique Cotal à 4 rapports.
Freins: mécaniques, 4 tambours.
Direction: à vis et secteur, volant à gauche.
Suspension: AV à roues indépendantes avec
ressort transversal à lames, AR à essieu rigide
avec ressorts cantilever.
Pneus: 150 x 40 (160 x 40 sur commerciale).
Empattement: 315 cm.
Voie: 135 cm.
Poids: de 1195 kg à 1420 kg selon carrosserie.
Vitesse: 120 km/h.
Prix au Salon de Paris 1936:
Conduite intérieure 6 glaces Luxe 23 900 F
Grand Luxe 25 250 F
Grand Luxe avec toit ouvrant 25 550 F
Cabriolet 4/5 places 30 900 F
Coach 4/5 places 29 900 F
Roadster 2/3 places 27 900 F
Coupé transformable Éclipse (fin de série)
34 900 F.
Suppléments: radio 1 200 F; boîte
Cotal 1 800 F.
©VEA