AMELIA ISLAND 2010
par Richard
Boudrias
Les uns disent que le Concours
d'Élégance d'Amelia Island est le Peeble Beach de l'est des États-Unis
mais en plus sympathique, moi j'irais jusqu'à dire que c'est l'antichambre
du Paradis de la voiture ancienne.
Par le biais des enchères
menées par Gooding & Co et RM. Des voiture remarquables, rarissimes
ou loufoques telle la Pontiac Bonneville de Hank Williams flanquée de carabines
Winchester 30/30, révolvers Colt .45 et ornée d'une énorme
corne de taureau sur le capot..."only in USA, thanks God!".
Le
dimanche matin, après avoir déboursé cinquante dollars à
l'entrée, quelques centaines de bijoux sur roues nous attendent sur le
terrain de golf du prestigieux hôtel Ritz Carlton; l'écrin de grande
classe dont tous les services et infrastructures étaient à notre
disposition, y compris les toilettes en marbres blanc et serviettes tièdes
(on est loin des Johnny-on-the-Spot). À la sortie dudit hôtel, les
"conseillers" de Bugatti Veyron, Porsche Panamera, Maybach, Mercedes
et Bentley nous charment par les bienfaits de leurs produits et nous proposent
même des les essayer. Nous avons élégamment refusé
en se remémorant la phrase de Jacques Brel, "on ne joue pas au riche
quand on n'a pas le sou".
Dès l'entrée,
la future "Best of Show", une Mercedes-Benz 540K de 1937 nous souhaite
la bienvenue tout en nous présentant ses frères et soeurs du même
lit. Tel que dans l'Iliade d'Homère, le chant de ces rutilantes sirènes
nous interpellent au point que nous avons peine à nous concentrer sur une
d'entres elles tant que les courbes d'une et les galbes de l'autre attirent notre
attention. Mon coup de coeur s'est arrêté sur une Delage D8 coupé
120 SS Aérodynamique de Letourneur et Marchant. On voit de tout, de l'extravagant
à l'inusité telle cette Rolls-Royce 20/25 des années vingt
dont la carrosserie tout bois m'a étonnée par sa facture irréprochable
bien que sa ligne était légèrement boiteuse et que dire de
cette Stout Scarab de 1936, précurseur de la fourgonnette de banlieue et
il serait aussi dommage de taire la présence d'une reproduction exacte
d'une très Française Leyat Helica de 1919 que nous avons aperçu
sur la rue principale du village de Bernardino à belle hélice que
veux-tu. Vous connaissez tous ma prédilection que j'éprouve pour
les Tractions, bien cette fois c'est une véritable TRACTION À VENT
que j'ai vu. La légendaire Birdcage Maserati typo 60 estimée à
plus de deux millions de dollars m'a bien impressionné par ses tubulures
structurales, j'aurais été plus remué si son illustre cavalier,
Sir Stirling Moss aurait été à son côte. Hélas,
bien qu'invité d'honneur, le hasard l'a fait tomber dans un puit d'ascenseur
la semaine avant. C'est quand même ironique cet accident, lui qui a risqué
sa vie à chaque fin de semaine pendant une bonne quarantaine d'années!
Un
hommage fut rendu à quelques voitures ayant participé à des
courses cubaines à la fin des années cinquante. L'amorce d'un rapprochement
"cigares" m'était conté!
Pas moins
de dix membres du VEA s'entrecroisèrent sporadiquement et s'échangèrent
des commentaires et éloges lors de ces deux merveilleuses journées:
(alphabétiquement) Roger Allard, Amyot Bachand, Luigi Chinetti, Germain
Cornet, Paul Dorval, Pierre-Paul Gagnon, Michel Lamoureux, Salvator Montana, Pierre-André
Ouimet, et l'auteur de ces lignes.
Je vous invite donc à
considérer visiter cette cour des grands où leurs jouets sont étalés
pour votre admiration et voire même votre envie.
©VEA