RENCONTRE AVEC UNE ARISTOCRATE

par Alain Raymond

Au hasard de la sortie du VEA à Georgeville, au bord du magnifique lac Memphremagog une magnifique surprise attendait les plus fanatiques de nos membres. La superbe Aston Martin DB2 de Bruce Anderson, comme posée sur un gazon du plus beau vert anglais s'imposait immédiatement aux regards des connaisseurs.

Non seulement la bête a une gueule d'enfer dans sa livrée anthracite patinée par les ans, mais, une fois le capot tout alu basculé, le fameux double arbre à cames Aston-Lagonda livrait son allure musclée aux admirateurs. Il y a quelque chose d'exceptionnel à découvrir une véritable aristocrate de la route dans son jus, entretenue méticuleusement, mais sans avoir été outrageusement restaurée. Les roues vertes à rayons de 16 pouces, encore chaussées de pneus India Super Sport, l'étrange suspension indépendante avant à bras tirés, les deux énormes SU avalant goulûment des litres d'essence, l'habitacle de cuir beige, l'immense volant à quatre branches, tous ces détails font frissonner d'envie le véritable amateur. Quant au chant du moteur et au feulement sourd du pot d'échappement, tout vous rappelle les mémorables 24 heures du Mans où les premières DB2 s'élancèrent en 1950 pour une victoire de classe.

Si nous regardons un peu du côté technique, la DB2 est certainement moins connue que la DB4 qui s'illustra bien davantage sur les grands circuits internationaux. Revenons un peu en arrière, Après la 2ème Guerre mondiale, Aston Martin passa sous le contrôle du magnat britannique du tracteur David Brown. La DB1, belle voiture sous motorisée utilisait le moteur 2 litres culbuté Aston Martin d'avant guerre. Il fallait trouver un autre moteur plus performant. Qu'à cela ne tienne, David Brown acheta Lagonda et mit ainsi la main sur le fameux moteur double arbre de 2.5 litres dessiné par nul autre que W.O. Bentley. C'est ce moteur qui équipa à l'origine les DB2 et, poussé à 3 litres, les DB 2/4 et les DB4 et qui perdura jusqu'en 1959.

La carrosserie tout alu est un chef d'œuvre, elle ressemble aux carrosseries de Pinin Farina qui habillaient les Alfa Romeo ¨Freccia d'Oro¨ du début des années 50. La qualité de fabrication est extraordinaire dans les plus petits détails et les années n'ont pas laissé de traces de leur passage. Notez bien que la DB2 de notre ami Bruce n'est pas, et de loin, une voiture de luxe. C'est plus tôt l'épitomé de la bête de course du début des années 50, la Grand Tourisme qui sans honte pour son propriétaire pouvait être inscrite dans toutes les courses de longue distance de l'époque. Ses 120 chevaux semblent une bien faible cavalerie face aux GT de nos jours, mais la cavalerie était de bonne race et les heureux pilotes de l'époque qui pouvait s'offrir cette aristocrate de la route étaient bien chanceux… tout comme notre ami Bruce qui roule encore aujourd'hui avec cette magnifique voiture digne d'un musée de l'automobile.

Quelques chiffres :
Aston Martin DB2, 1950, environ 117 voitures construites dont 50 destinées à des pilotes privés et 3 voitures d'usine.
Cylindrée : 2,580 cc, 6 cylindres double arbre
Puissance : 105 CV, compétition : 125 CV à 5,000 t/m
Suspension avant indépendante à bras tirés, arrière à ressorts à boudins
Carburateurs : 2 SU, Pneus : 600x16
Vitesse : 0-50 : 8.6 sec. Maximum 117 mph.
Consommation : 20 milles au gallon

©VEA

 

 


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