ASTON MARTIN DB5

par Dominic Fortier ©

La firme Aston Martin vit le jour en 1914 lorsque Lionel Martin remporta la course de côte d'Aston Clinton au volant d'une Singer fortement modifiée. Au cours de la même année, Martin et son associé, Robert Blamford, construisirent leur première voiture : l'Aston Martin. Par la suite, les Aston Martin participèrent régulièrement aux 24h du Mans où elles remportèrent quelques succès. Aston Martin continua de produire des voitures en petites séries jusqu'à l'avènement de la deuxième guerre mondiale période durant laquelle la firme dût construire des pièces d'avions pour pouvoir survivre.

Au lendemain des hostilités, la marque fut rachetée par un richissime industriel du nom de David Brown. Il insuffla un dynamisme sans précédent à cette marque et ce bien qu'il était issu d'un milieu où les produits ne bougent pas rapidement; la fabrication de tracteurs! David Brown apporta sa contribution à plusieurs modèles portant ses initiales comme préfixe telle la DB2, la DB3, la DB4 sans oublier la DB5.

L'Aston Martin DB5 allait recevoir le plus grand succès de la petite firme de Newport-Pagnell en Grande-Bretagne. De juin 1963 à septembre 1965, la DB5 fut produite à un total de 1021 exemplaires dont 123 dans la déclinaison " Volante " (décapotable dans le jargon Aston Martin) et 5 familiales pour la chasse nommées " Shooting Break ".

La DB5 était propulsée par un six cylindres en ligne à double arbre à cames en tête (DACT) d'une cylindrée de 4 litres et entièrement réalisé en aluminium. Le moteur conçu par l'ingénieur Tadek Marek produisait la bagatelle de 282 chevaux à un régime de 5500 t/mn, ce qui permettait à la DB5 d'effectuer le 0-60 milles à l'heure (0-96km/h) en un peu plus de sept secondes et d'atteindre 233 km/h. Un deuxième moteur plus " musclé " produisait, quant à lui, 314 chevaux à 5750 t/mn pour la DB5 " Vantage ". Outre la différence de rpm nécessaires pour obtenir de telles puissances, les deux moteurs pouvaient être différenciés au niveau de la carburation. Le moteur régulier était alimenté par trois carburateurs de marque " SU " tandis que le moteur de la " Vantage " était alimenté par trois carburateurs " Weber ". Les deux moteurs étaient accouplés à une transmission à 5 rapports de marque " ZF " ou à une transmission automatique à 3 rapports de marque Borg Wagner. Il est important d'ajouter que la deuxième transmission n'exitait que pour combler la paresse des clients américains!

La carrosserie de la DB5 était réalisée selon le procédé " superleggera " créé par la célèbre compagnie milanaise Touring. Ce procédé consistait à appliquer les tôles d'aluminium sur une ossature en acier, ce qui permettait d'obtenir une grande légèreté de carrosserie tout en conservant la solidité de l'acier. Les tôles d'aluminium étaient façonnées par des ouvriers experts avec des outils aussi surprenants que des marteaux! Le procédé long et fastidieux expliquait le prix élevé de la DB5. Notons qu'une presse industrielle aurait pu accomplir la même tâche en une seconde. Ah! Ces sacrés Anglais!

L'intérieur de la DB5 était des plus luxueux puisque l'on y retrouvait du cuir de marque " Connoly " (fournisseur de la Reine d'Angleterre…), les vitres électriques et enfin une suspension dont le degré de dureté était ajustable. L'air climatisé était cependant facturé en supplément. La DB5 roulait sur des roues à rayons de marque " Borrani " d'un diamètre de 15 pouces, fixées par un écrou central de type compétition (knock off).

Le client le plus célèbre de la DB5 est nul autre que l'agent 007 James Bond qui la conduisit dans les films " Golfinger ", " Thunderball " et " Goldeneye ". Si vous avez l'oreille mécanique et que vous voulez avoir un aperçu des performances de la DB5, louez " Goldeneye " : vous ne serez pas déçus!

L'Aston Martin DB5, par son luxe et ses performances, ne laissa personne indifférente. Elle se mérita même le surnom de Ferrari britannique. Son style unique est toujours apprécié de nos jours et bien peu de gens peuvent trouver à redire sur sa ligne.

Note : Vous riez de la méthode de fabrication utilisée pour la carrosserie? Sachez que le procédé est toujours employé en 2000 pour la construction de la DB7. Comme quoi le vieil adage " pourquoi faire simple lorsque l'on peut faire compliqué " s'applique chez Aston Martin.

©VEA

voir aussi:
L'histoire d'Aston Martin

1950 Aston Martin DB 2
1967 Aston Martin DB6

 

 


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