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AUSTIN-HEALEY POUR TOUJOURS
par Alain Raymond Roger
Hamel est bien connu dans le milieu des voitures anglaises. Ancien président
du VEA, il a été vice-président du club Austin-Healey d'Amérique
du Nord et il est maintenant président du Club Austin-Healey du Québec. Si
vous assistez au Grand Prix du Canada, vous le verrez au volant de l'une de ses
deux Healey lors de la parade des pilotes "que nous organisons depuis sept
ans", raconte ce jovial fervent d'automobiles classiques. "J'avais
20 ans quand mon grand-père m'a endossé à la Caisse populaire
d'Ottawa pour l'achat de ma première Healey. Je l'ai payée 225 $.
La deuxième, que j'avais payée 300 $, a fini avec un V8 américain.
C'était plus fiable. Ces voitures sont dans ma vie depuis si longtemps!
Avec deux copains d'université, nous avons été en vacances
à Old Orchard une année et c'est là que j'ai rencontré
ma femme. Nous avons roulé 500 milles entre Old Orchard et Virginia Beach
à six dans ma Healey! Trois en avant, dont l'une sur le tunnel de transmission,
et trois à l'arrière, dont deux sur la minuscule banquette et un
sur le rebord du coffre. Les policiers nous ont arrêtés pour nous
ordonner de prendre l'autobus, mais ils nous ont laissés filer à
condition que nous sortions de leur juridiction! Je m'en souviens comme si c'était
hier... " Healey devient Austin Healey Donald Healey est
pilote pendant la Première Guerre mondiale. Il se passionne pour l'automobile
et remporte en 1931 le Rallye de Monte-Carlo. En 1946, à l'âge de
48 ans, il commence la production de voitures portant son nom et dotées
d'organes mécaniques provenant de diverses marques. En 1952, Healey
dévoile au Salon de Londres une nouvelle voiture sport animée par
un quatre cylindres Austin. Leonard Lord, alors président de la British
Motor Corporation (BMC), est tellement séduit par ce roadster qu'il en
achète immédiatement les droits de fabrication avant même
l'ouverture du salon au public. Dans ses projets : l'exportation vers l'Amérique
qui, en l'absence de modèles sport américains, est friande de roadsters
anglais. La Healey 100 (pour 100 milles à l'heure) devient ainsi
l'Austin Healey (sans trait d'union) et la première édition, montée
sur un robuste châssis classique, reçoit la mécanique de l'Austin
A90 Atlantic, un quatre cylindres de 2,6 litres de 90 chevaux, puis 110 chevaux,
ce qui permet à la voiture d'atteindre 170 km/h. Elle réussit ainsi
à concurrencer les MG tant sur le plan du style que sur celui des performances. Les
Italiens adorent les rouges En 1955, Austin-Healey (avec trait d'union)
dévoile ses premiers dérivés, la 100M qui a couru aux 24
Heures du Mans et le roadster 100S, animé par une version à culasse
en aluminium du même quatre cylindres de 132 chevaux et habillé par
une belle carrosserie en aluminium peinte blanc et bleu, les couleurs des États-Unis.
Avec ses quatre freins à disque Dunlop et son pare-brise inclinable, la
100S présente des performances remarquables pour l'époque : 0 à
100 km/h en moins de 8 secondes et plus de 200 km/h en vitesse de pointe.
Le prototype de la 100S est inscrit aux 12 Heures de Sebring de 1954, et termine
troisième au classement général, d'où l'appellation
S pour les 50 exemplaires qui ont suivi. En 1955, trois roadsters 100S participent
aussi aux Mille Miglia, deux peintes en blanc et bleu et la troisième en
rouge. "Les Italiens adorent les voitures rouges; dès qu'ils
voient une rouge apparaître, ils pensent que c'est une italienne et ils
sont prêts à tout pour l'aider à gagner... " expliquait
Donald Healey. Seule la Healey rouge termine le redoutable parcours de 1600 km,
une blanche ayant plongé dans une rivière et l'autre, pilotée
par Donald Healey, ayant abandonné avant l'arrivée. À
ces premières Austin-Healey succède la 100/6 animée par le
six cylindres en ligne de BMC. Par la même occasion, l'empattement est allongé,
ce qui autorise l'aménagement d'une petite banquette arrière. Plus
lourde que sa devancière, la 100/6 est aussi moins performante et en 1959,
Austin-Healey présente un six cylindres de 3 litres qui, dans différentes
versions, animera les modèles de la marque jusqu'à la Mark III,
qui met fin à la dynastie en 1968. Gerry Coker au GP du Canada "Cette
année, à l'occasion du Grand Prix, nous avons le grand plaisir d'accueillir
Gerry Coker, un vénérable octogénaire, designer de la Healey
100. Vous aurez l'occasion de le rencontrer lors des événements
qui se déroulent dans le cadre du week-end du Grand Prix, et il participera
évidemment au défilé des pilotes", annonce en conclusion
Roger Hamel, cet inconditionnel de la marque britannique. Merci de nous
avoir suggéré une chronique sur l'Austin-Healey, "l'une des
plus belles voitures sport jamais fabriquées... celle de L'homme invisible".
©VEA
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