SORTIE BAVAROISE ET HELVÉTIQUE 2011

"GLÜCKLICH WIE GOTT IN BAYERISHER HOF"
(Heureux comme Dieu à Bayerisher Hof) *(1)

par Max Deschamps alias Alan Motfort(4)****

Lorsque chaque année je reçois l’invitation pour la grande sortie estivale de notre Club, une seule question me vient toujours à l’esprit: « mais comment font ils ? ».
Sur une initiative remarquable de Marc Bourgeois, nos organisateurs émérites Richard Boudrias et Alois Fürer nous ont une fois encore ciselé un programme hors du commun, en résolvant la quadrature du cercle : comment au départ de Montréal, passer une belle journée ensoleillée en Europe, sans bourse délier ! Et comme aucune de nos voitures européennes n’est équipée de coque amphibie pour traverser l’Atlantique, c’est l’Europe qui vient à notre rencontre dans les Cantons de l’Est pour nous accueillir durant quelques heures : les Alpes seront à l’honneur toute la journée avec la participation de la Bavière et de la Suisse :
Mais avant d’atteindre le lieu de nos réjouissances, rendez-vous dès  potron-minet (2) ** au restaurant « St-Hubert » de l’autoroute 10 , où l’on réalise soudain que le lieu du prologue de cette journée a été astucieusement choisi , « Oh génie des organisateurs », en souvenir du patronyme d’origine germanique du patron des chasseurs et grand protecteur des plumes de coq (3)*** de Bruyère qui ornent le traditionnel chapeau-feutre des bavarois. Une étape fort à propos donc pour entamer cette journée et une bonne piqure de rappel de la petite histoire européenne…
Bonjour l’ambiance ! Sur la Grand-Place du restaurant St Hubert, la foule des grands jours : les plus étincelantes voitures (33 participantes), les membres les plus éminents, les femmes les plus élégantes, tout le monde est là, sans oublier nos brillants organisateurs adorés sans qui rien ne serait possible (non, non, nous ne sommes pas en campagne électorale, ni entrain de cirer les chaussures de nos administrateurs…). Le cortège peut enfin s’ébranler.
Des groupes de 6 voitures ayant été constitués avec remise d’un itinéraire détaillé et millimétré, direction Dunham par des chemins de traverse. Mais l’ambiance bucolique de cette balade est régulièrement interrompue par des pochettes-surprises, malicieusement disséminées çà et là par le Ministère des Ponts et Viaducs du Québec : « détour, pont coupé » !!! Que faire ? Mais qui dit « voiture ancienne », dit également sens de la débrouillardise du chauffeur qui naturellement revient au mode traditionnel de reconnaissance en territoire inconnu: carte routière en papier, sextant et longue-vue feront l’affaire à défaut de Google Map perdant la boussole et autre GPS tombé en état de syncope avancée face aux facéties des routes québécoises. Pour nous consoler de ces imprévus, nous pouvons constater que l’argent de nos très chers impôts est investi adéquatement (les rallyes du VEA ont toutes les vertus, y compris celle d’éduquer les payeurs de taxes…). A ce sujet, à la campagne, en cas de pépin, il y a toujours des alternatives, mais à la grande ville, quand le Pont Champlain est fermé, c’est la cata… Ah, heureux campagnards des Cantons de l’Est ! .Ne devrait on pas reconstruire Montréal à la campagne ! idée géniale d’une personnalité quelque peu déjantée du XIXème siècle, Alphonse Allais, qui voulait que l’on construise les villes à la campagne, car l’air y est plus pur !!!) 
Un premier point de ralliement à l’auberge de l’Oeuf à  Mystic  nous permettra de découvrir un charmant village et la célèbre grange Walbridge à l’architecture originale aux douze cotés,  « dodécagonale » nous souffle un membre très érudit du club, un polytechnicien sans doute.
Loin des grands axes de circulation perturbateurs, les différents groupes ne forment désormais plus qu’un seul cortège pour une arrivée en fanfare à Dunham. Et soudain au bout d’une superbe allée d’arbres centenaires , les yeux écarquillés, nous sommes téléportés grâce au brave Mr Spock (Star Treck), dans un pays merveilleux, berceau de la Bayerische Motor Werke : la Bavière !
Nous débarquons sur une autre planète, et plus précisément chez Sibylla Hesse et François Godbout qui nous ouvrent les portes de leur somptueux domaine : le Bayerischer Hof. Non seulement une magnifique résidence familiale, mais un petit village privatif constitué d’un ensemble de bâtiments tout aussi typiquement bavarois les uns que les autres : superbe grange-écurie aux volets ouvragés, élégant Maibaum ( arbre de Mai) aux motifs sculptés et peints à la main, chapelle familiale, fresque de St Georges terrassant le dragon au fronton du manoir familial, piscine avec club house, musique douce et vestiaire, la cabane de Robinson Crusoé dans les arbres, petit torrent dévalant la pelouse, etc…. Superbe ensemble du meilleur goût développé en quelques années par leurs charmants propriétaires qui nous accueillent à bras ouverts et nous offrent généreusement un accès aux multiples distractions du domaine.

De retour dans leur « Heimat », patrie bien-aimée, fières et frétillantes du coffre arrière, les deux BMW du cortège sont les invités d’honneur, mais toutes les autres voitures trouvent leur place sur la pelouse . Au cours du vin d’honneur offert par le VEA, notre Président, Germain Cornet, porte un toast de remerciements chaleureux à nos hôtes. Puis, chacun profite des vastes espaces et s’installe pour un pique-nique champêtre.
Et comme toujours, aucune fausse note chez nos membres, que de l’élégance, que du style , que de la classe. Cette réunion très réussie se termine par une offre faite par notre charmante hôtesse Sibylla Hesse de nous accueillir de nouveau l’année prochaine !

Après cette étape bavaroise, et entrainé par Alois Fürer, nous reprenons la route. Quelques virages et quelques ponts coupés plus tard…, nous nous retrouvons au Mont-Sutton.
Cette charmante station de montagne accueille depuis quelques années nos amis suisses du Québec et du Canada pour fêter la Fête Nationale Suisse, originellement le 1er Août, mais avancée de 48 heures au Québec pour profiter des congés de la fin de semaine plus propice aux retrouvailles. Nos voitures, actrices de la fête, bénéficient d’un emplacement d’honneur sur un grand stationnement de nonante mètres de long aménagé entre le stand de Tir à la carabine et à l’arbalète (un des loisirs favoris de nos cousins suisses et de Guillaume Tell) et le stand à raclette et Fendant.
Une Sunbeam d’une couleur rouge écarlate en rajoutait avec force drapeau suisse au vent et étendard à croix blanche sur le coffre et la banquette arrière. Autant dire que l’ambiance était à la fête pour tous les amoureux de la Suisse , des Suisses et surtout des Suissesses…, pour les amis de la langue française parlée en Romandie (la Suisse francophone), mais aussi du Schwytzerdütsch, le parler traditionnel d’outre-Sarine (la Suisse germanophone) très présent dans la foule.
De multiples spectacles «  typiquement suisse » sont offerts à tous : de rustiques helvètes moustachus nous offrent un concert de cloches de vache, les hommes remplaçant les « reines » d’un jour, récital qui sentait bon le parfum des edelweiss qui poussent sur les alpages. Puis des chants traditionnels par des yodleurs au souffle long. Enfin un défilé aux lampions, fête bon-enfant qui réunit les plus vieux, les plus jeunes et les bons chiens St-Bernard.
Rien donc ne manquait, et les bonnes bratwurst zurichoises accompagnaient parfaitement un gouleyant Goron rouge du Valais rafraichissant les gosiers les plus exigeants. Pour bien connaître la Suisse moi-même, mon épouse Frédérique étant née il y a bien moins de septante ans entre Lausanne et Montreux sur les rives du Léman, on se serait crû transporté en pays d’Appenzell et de Gruyère, si ce n’est la présence ça et là du drapeau fleurdelisé et de l’Unifolié.

Encore toutes nos félicitations à la « Dream Team » formée de nos concepteurs-organisateurs-animateurs émérites, Richard, Alois et Marc, et puis surtout un grand merci à nos hôtes, Sybilla Hesse et François Godbout, de leur gentillesse, de la générosité de leur accueil et surtout, de nous avoir permis de découvrir et partager pendant quelques heures leur petit coin de paradis : « Glücklich wie Gott in Bayerischer Hof! » (1)*.
Et à tous, artisans connus et inconnus de cette réussite, nous dédions cette noble locution latine: « Albo lapillo diem notare ! » (traduction littérale : « une journée à marquer d’une pierre blanche ! »).


(1)* “Glücklich wie Gott in Bayerischer Hof”. Traduction: “Heureux comme Dieu à Bayerischer Hof » . Le soussigné a très légèrement adapté ce compliment à partir d’une célèbre locution allemande « Glücklich wie Gott in Frankreich » que tout allemand ou bavarois s’exclame depuis toujours dès qu’il découvre quelque part, en France ou ailleurs dans le monde, un endroit merveilleux où se reposer et qu’il ne veut plus quitter…
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(2)** dès potron-minet , synonyme de de très bon matin, au point du jour.
Voici les explications très savantes de Wikipedia, mais tellement drôles et quelques commentaires du soussigné, Max Deschamps ... Rappel de la Dictée de Bernard Pivot en notre bonne ville de Québec, il y a tellement longtemps… :
Étymologie incertaine La locution d’origine (1640) était dès le poitron-jacquet (« dès l’aube »). Elle était composée de l’ancien français poitron, du latin vulgaire posterio (« arrière-train », « cul »), accompagné de jacquet, nom de l'écureuil. Elle signifierait donc littéralement en bon québécois « dès que l’on voit poindre les foufounes de l'écureuil ». On trouve ensuite dès potron-jacquet (ou dès potron-jaquet), puis dès potron-minet, par substitution de jacquet par minet (« chat ») [1]. (Sans doute qu’en France, tous les écureuils ont été dévorés par les minets (interprétation de Max Deschamps !) ce qui n’est pas encore le cas dans nos jardins de Montréal où il y a bien plus d’écureuils que d’hommes et de chats réunis!)
Du bourguignon, pauitrou-jaiquai, potrou jacquet, de grand matin ; dès le paître jacquet. On a dit que potron signifiait le petit, et que la locution signifiait : le petit du minet (chat) ou du jacquet (nom de l'écureuil en Normandie). Il est vrai que jacquet signifie écureuil ; mais cela n’explique pas le sens de la locution. La vraie leçon est dès le paître au jaquet, au minet, ou dès le paître jacquet, c’est-à-dire dès le moment où le chat, l’écureuil va au paître, c’est-à-dire de grand matin.
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(3)*** Coq . Définition : Papa des poulets…des poulets St-Hubert !... C.Q.F.D. pour ceux qui n’auraient pas compris cette allusion d’une très grande finesse…
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(4) **** Max Deschamps : nom de plume, Alan Motfort, encore un autre membre du VEA « défenseur » des jeux de mots et autres calembours, une tradition fortement ancrée dans notre Club. Sans doute avons-nous été tout à la fois bouleversés et inspirés par le cri du cœur de la Rédaction dans la page 8 du dernier Autosiaste (Eté 2011). Disons le même franchement, un grand coup de gueule avec menaces de sabordage et de lock-out, qui nous a fait couler de grosses larmes de honte..., nous les spectateurs/passagers paresseux qui restons égoïstement béats sous la couette….
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© VEA

 

 


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