LA 507 OU LE PREMIER ÉCHEC COMMERCIAL DE BMW

par Dominic Fortier ©

De nos jours, la firme BMW jouit d'un prestige non-négligeable. Les produits qu'elle fabrique sont parfois adoptés par des gens n'ayant aucune connaissance des voitures mais qui tiennent mordicus à s'afficher au volant de ces merveilleuses machines. La firme de Münich, en Allemagne, n'a pas toujours connu des succès: la 507 en est la preuve.

La Bayerische Motoren Werke, ou fabrique bavaroise de moteurs, vit le jour au tout début du siècle dans la région de la Bavière en Allemagne. Elle fabriquait des moteurs d'avions pour les chasseurs allemands de la Première guerre mondiale (1914-1918). Au lendemain de l'arrêt des hostilités, les alliés interdirent à l'Allemagne de produire des avions. Il devint dès lors impératif pour BMW de découvrir un autre créneau afin de survivre. Le marché des motos fut considéré et retenu comme étant un marché prometteur. Les motos BMW allaient être reconnues pour leur simplicité et leur robustesse, mais elles s'avéraient être insuffisantes à assurer la pérennité de la firme. La construction d'automobiles était une autre façon d'envahir un lucratif marché se développant à toute vitesse et BMW s'y jeta tête baissée.

En dépit de nombreux modèles très efficaces, il manquait à la firme un modèle "locomotive" pour en assurer le prestige. Le marché américain a toujours été un marché fort important, pour ne pas dire essentiel, pour les manufacturiers automobiles. BMW ne faisait pas exception à la règle, à la différence près que la construction d'un de ses modèles fut entièrement dictée par les exigences d'un importateur.

L'Autrichien Max Hoffman, ancien concessionnaire Rolls-Royce et Bentley aux Etats-Unis, était un très prospère importateur de voitures européennes. Il était un très grand connaisseur des goûts des Américains pour les voitures de prestige : c'est pourquoi, les manufacturiers prêtaient l'oreille aux désirs de cet homme. Il demanda à BMW de produire un roadster à moteur V-8 capable de combler les lacunes des MG et Triumph, tout en offrant la tenue de route et la robustesse d'une voiture allemande. Chez BMW, on était tout disposé à l'écouter, d'autant plus que le dévoilement de la Mercedes 300 SL Gullwing (elle aussi , commandée par Hoffman…) avait créé un véritable vent de panique chez la haute direction de BMW!

Le feu vert fut donné à la construction de la 507 qui sera dévoilée au public en 1955, lors du salon de Francfort. La voiture était une 2 places basée sur un châssis raccourci de berline. Elle était propulsée par un moteur V-8 tout aluminium de 3,2 litres produisant, 160 chevaux à 5000 tr/min. Deux carburateurs "Zenith", à double-corps, coiffaient ce moteur auquel une transmission à 4 vitesses était jumelée. La 507 effectuait le 0-100 km/h en 11,5 secondes et atteignait 225 km/h avec une consommation de 17 litres aux 100 kilomètres.

La suspension était indépendante à l'avant mais à essieu rigide à l'arrière. Le freinage était tout ce qu'il y a de plus classique puisqu'il était assuré par des tambours aux 4 extrémités. Les dernières voitures reçurent des disques à l'avant. Les pneus étaient montés sur des jantes de 16 po de diamètre et de 6 po de largeur. Ces roues étaient fixées, selon les désirs de chaque client, par des traditionnels "Knock Off" ou par 5 boulons.

L'intérieur de la 507 avait tout pour plaire aux acheteurs américains à la recherche de prestige. Les sièges se paraient des plus beaux cuirs et la planche de bord était dans la tradition sportive de l'époque. La carrosserie de la 507 était sensationnelle. Elle était harmonieusement fluide et très légère grâce à sa carrosserie construite en aluminium sur un châssis en acier.

Autopsie d'un échec
La voiture bien que superbement compétente et jolie, ne remporta pas le succès escompté. Initialement prévue pour être vendue au prix de 5000$, la 507 atteignit le prix de 9000$, une fois le développement complété. Les Corvette et Thunderbird étaient beaucoup plus compétitives au niveau du prix et elles achevèrent la 507 qui ne sera produite qu'à 252 exemplaires entre 1956 et 1959. Seules ses prises d'air latérales lui survivront puisqu'on les retrouve sur les modernes Z3 et Z8.

Note : Le sigle bleu et blanc des BMW représente une hélice d'avion en mouvement comme quoi, la firme ne renie pas ses origines " aériennes " !

©VEA

Les BMW du club:

1938 BMW 328 roadster
1939 BMW 327/28
1957 BMW Isetta 300
1957 BMW Isetta 600
1958 BMW Isetta
1959 BMW Isetta 600
1960 BMW Isetta 300 Cabrio
1960 BMW 700 Sport Coupé
1969 BMW 2002 TI
1970 BMW 2002
1972 BMW 2002
1973 BMW 3.0 CS
1975 BMW 2002
1981 BMW M1
1986 BMW 635CSi
1989 BMW Z1
1989 BMW 750 IL

 

 

 


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