LE CLOCHER DE DRAGUIGNAN N'EN REVIENT TOUJOURS PAS...

par Amilcar Salmson, correspondant spécial de l'Autosiaste



Or donc, par un dimanche d'août et de pluie, un autre membre du VEA vole la vedette en Europe. Ne voilà-t-il pas que notre Pat Morin international, accompagné de sa galinette épouse Nicole, a décidé d'aller semer l'émoi dans la gent volantesque rétro du Circuit de Draguignan.

Le 29 août très exactement, notre Patrick, après s'être dûment inscrit en tant que concurrent, et avoir patiemment bichonné la TF que nous connaissons tous, a résolument fait chauffé l'asphalte dracenoise sous ses roues à rayons.

Adulé et encouragé par Nicole, il s'élança courageusement parmi les 22 concurrents de la course "Tourisme et Grand Sport ", et quand je dis courageusement, il fallait l'être. N'avait -il pas dans ses roues Bernard Consten lui-même et sa superbe, au volant d'une Ferrari 250GT Inter et Claude Clerici de l'Inamicale Jaguar France au volant de sa XK140 course? Sans compter un Jean Sage avec sa Ferrari 375 MM et Serge Manya des Trapadelles avec une Marcadier Barzoi, redoutable engin dévoreur d'asphalte.

Ce fut un grand moment, les gazettes en parlent encore. Profitant de la confusion créée par deux concurrents en mal d'amour pour des pylônes peu compréhensifs, notre Patrick en profita pour voler la vedette. Ne trouvant plus de chicane devant lui il fit résolument un tout droit qui lui valu après course une remarque telle que : "Eh bien vous les Canadiens..." de Jean Sage un peu ahuri que la TF l'ait tout soudainement doublé... Je ne rajouterai rien à cet épisode, vous pourriez croire que je sombre dans la galéjade marseillaise...

Ce Grand Prix de Draguignan fut un énorme succès, avec un plateau de voitures exceptionnelles. Pas moins de 4 Bugatti, dont un tank 1939, deux types 35B et une Grand Prix, deux Cisitalia, une Delahaye Course 135C de 1939 (Celle du sympathique Henri Fabre) et une Simca Deho 1939 appartenant à Pierre Dellière, le sympathique président des Trapadelles.

Rien n'aura été épargné à l'amateur éclairé malgré la pluie. Le plateau des Cyclecars ne comptait pas moins de NEUF Amilcar , de la CS de 1922 à la C6 Course de 1927 en passant par toute la gamme des CGSS. Un vrai bonheur ! Et de plus comme la crème chantilly sur le gâteau, on pouvait encore rajouté une BNC, une Riley TT Sprite, trois Rally et une très rare La Perle et une Diato Type 20 de 1922. Tout cela en course, pétaradant à qui-mieux-mieux dans des nuages de Castrol au ricin!

Ah, j'allais oublier : Les Racer 500 ! Il y en avait 22! Des DB, des Julien, des Kieft, des Deho et la fameuse Berte 500 de René Berte. Mes chers amis, quel bonheur de voir Henri Julien, 72 ans au volant d'une de ses créations tandis que Roger Gaillard, 85 ans! faisait pétarader sa Kieft à toute allure dans les rues de Draguignan ! Un grand moment, et quelle leçon ! Membres du VEA, tous au Mont Tremblant pour secouer vos rhumatismes !

©VEA

 

 


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