À ESSEN, EN CITROËN XM …que j' M !

par Jean-Baptiste Rosay

Comme disait l'autre: "Fais-moi un dessin", moi, je vous fais un papier, pas un résumé d'activité, une rubrique quelque peu éditoriale même en XM. Pour être dans l'atmosphère, prenez-vous donc une bonne bière allemande, ça va aider…

ESSEN... Que dire? Beaucoup, modeste adverbe! Pour donner une idée réelle de ce gigantesque Salon européen, orgies d'anciennes et tout, et tout! Connu de certains, mythe inexploré pour d'autres, comme moi, pourtant émerveillé par le Rétromobile de Paris, dont on fait le tour plusieurs fois encore une fois, avant d'en repartir à regrets…
Jusqu'au jour où Jean-Louis me téléphone de sa sympathique banlieue parisienne, comme il y en a toujours de bien belles et sauvegardées, au contraire d'autres, véritables champs de batailles pas des plus intellos…La vraie, elle, charmante comme autrefois dans ma jeunesse où on y passait, aux beaux dimanches, pour aller vers les forêts domaniales pour le muguet du 1er mai sous les arbres centenaires, les pique-niques sur les rochers de Fontainebleau et les retours par la route nationale, entrecoupée par le même train que l'on retrouvait aux prochains fameux passages à niveaux, nouvellement automatiques et qui me fascinaient, assis à l'arrière des Ford Vedette, V8 de l'époque, cossues et confortables. Auparavant, le ou souvent LA garde-barrière, actionnait vigoureusement à grands élans et mouvements cette grande manivelle, abaissant lentement et majestueusement les barrières et cela encore dans les régions où le progrès tardait un peu, quelle époque… Autre histoire? Une autre fois!
Brunoy, 40 km de la Tour Eiffel, son Hôtel de ville comme sorti d'un tableau peint par Van Gogh (à Auvers-sur-Oise,) d'où Jean-Louis Bidan, entrant en scène dans cet article, me dit: "Veux-tu aller à Essen? - Ben… ou… oui! - Pourquoi? - Si tu viens, je t'y emmène en XM.". Émotion vive et vite aplanie par le désir. Oh! Les moteurs, désir… citroënniste, entendons-nous.
Qui est Jean-Louis? D'abord un fameux conducteur qui ne se prend pas pour un autre, s'occupe des Relations Extérieures du DS/ID Club de France (titre ronflant que j'ai solennellement promu aux "Relations Internationales" depuis son voyage ici l'an dernier) et qui pilote sa rame de métro à 4 heures du matin, sait tout faire et bricoler ou construire et possède 5 Citroën roulantes, 3 en attente de restauration et une moto. C'est à peu près tout… A-t-il une maîtresse comme c'est si bien porté par les Français? Non, un vrai, un pur et puis il n'aurait pas le temps et une épouse exceptionnelle, deux beaux enfants + le chien + le chat qui sommeille sur le toit de la DS 23, avant de sortir du garage pour la nuit, bref, comme vous les aimez dans les bons films français.
Sylvain, son acolyte entre autres, Monsieur le Président du Club, tous deux présents à Citroën Saratoga Springs (N.Y.) l'été dernier pour le super effort de représenter leur club, créer une visibilité, tisser des liens, ce qui fut vite fait avec les Canadiens et Américains réunis là grâce à Robert Monteleone. Sylvain , Breton aussi de surcroît, en Panhard, SM ou BX, de me dire: "Essen tu vas aimer, y'en a! C'est 20 fois le Rétromobile! (et c'est vrai!), mais je préfère le Rétro.". Ah mon chauvin, va! Mais un bon chauvin qui a traversé l'Amérique entière et ne déblatère pas sans raison comme certains sur les pourris "d'Amerloques" par-ci et par-là, sans en avoir jamais rencontré un ou une et encore moins y être allés! Et vice-versa pour d'autres ici ou ailleurs, depuis que le monde est monde. L'Histoire du Monde.

Essen, Allemagne, via Düsseldorf, mon sang ne fait qu'un (bon) tour. Je vois déjà Dorval (pardon, "P.E.T."?) puis Roissy Charles-de-Gaulle, les taxis Citroën partout, et Jean-Louis qui vient me chercher le 25 avril dernier, où il apparaît désolé, à une sortie internationale: "Je n'ai pas pu venir te chercher avec la XM (ou la 23 ou la Spitfire ou la Traction ?), j' aurais mis 2 heures 30 au mieux, à cette heure-là, c'est plus vite en transport en commun". Et c'est vrai, l'autre enfer parisien. À mon dernier voyage avec voiture louée, j'ai fini par craquer pour dire, la première fois de ma vie, un comble pour moi: "Je n'aurais pas d'auto en habitant de nouveau à Paris!". En tous cas, pas DANS Paris.
Pas vraiment déçu, pas né d'hier là-bas, c'est routine (et on se plaint de nos Ponts ou autres bouchons, comme ridicules en comparaison). Nous quittons cet aéroport gigantesque dans une grisaille et une fraîcheur parisiennes inhabituelles, après pourtant un printemps précoce exceptionnel que les adeptes québécois du Rétro ont dégusté en février. Mais toutefois mieux que nos bancs de neige sales de ce temps là, comme chez nous, ça se rafraîchit de nouveau par la suite et encore maintenant. Par contre, les vivaces étaient toutes radiantes en avril…

ESSEN dans tout ça? On approche, et vite, avec des pointes de 190 km/h en XM Turbo diesel (1992) dont on entend à peine le ronronnement. mais pas plus de 170 ou 190, quand même à 5 dedans, il ne faut pas incommoder les collègues de la vitesse qui nous doublaient dans leurs modèles germaniques de l'année, ayant payé beaucoup plus (et si cher) qu'une Citroën 1992. Une routière infatigable, confort Citroën sans reproche, aucun cling-cling et avec l'option de correction d'assiette permanente sur ce modèle, ne penche et ne se couche jamais, prend les virages comme un fer à repasser (bionique), ne plonge pas non plus, ne tangue pas et redoutable dans le vent avec une position/vitesse à un niveau réglable (...1992) un peu plus bas, pour mieux fendre le vent (et consommation) lui donnant des airs d'engin pour éviter les radars, merveilleuse XM encore sous-estimée, sauf que certains nostalgiques sont plus avisés que d'autres et jouissent pour pas cher de cette digne descendante des DS et CX.
Pendant ce temps, on nous abreuve de ces voitures meilleures ou nec plus ultra soi-disant, oui dans un sens, une certaine évolution de techniques affinées dans des populaires maintenant pour tous, mais aussi et souvent des vidéos plus ambulants qu'automobiles, avec toutes sortes d'assistances de tenue de route pour une complète aseptisation du "feeling" de conduite, avec gadgets ou "gugusses" inutiles ou démarrages à distance pour sortir de l'épicerie et grand avantage de gagner tant de temps avant de déposer les sacs dans le coffre et dépenser un peu plus d'essence encore chaque fois et, comme dessert, de nombreux "bugs" informatiques inclus!
Et quel plaisir de conduire à 50, 70 km/h et à grands risques à 118 km/h avant le fatidique 120 km/h si dangereux, de quoi neutraliser toute habitude de bons réflexes, rien de mieux pour cela, roulez bien dans la voie de droite, la meilleure et la plus dangereuse où on freine avec rien devant, ça réaccélérère quand on veut doubler, par contre on y est très très "prudent". Hum…Tout est relatif.

On arrive à ESSEN par la superbe ville prospère et superbement bourgeoise de Düsseldorf et le gigantisme de l'Ancienneté Automobile, les navettes pour les stationnements à perte de vue, du monde, beaucoup de monde et bien des nationalités.
Ce n'est pas UN immense bâtiment d'expositions, c'est plusieurs immenses bout à bout, réunis par verrières ou autres espaces communicants et tout est là, par dizaines, par groupes, par rangées, par kiosque… Toutes les marques, oh oui, bien sûr, les allemandes dominent par endroits mais, comme disait l'autre: Savez-vous, au Québec, beaucoup de Québécois et à Essen-Allemagne, beaucoup d'Allemands et Allemandes! Et les autres marques plus ou moins connues sont bel et bien présentes.
TOUTES les autres et pas les moindres sont là, et oui Martin, les Trabant (une douzaine de tous modèles divers). Imagine, Germain, les Alfa, Salvatore et Bernardo, les Ferrari, autres exotiques, les suédoises pour Jean-Paul, toutes les Citroën les amis, même un canapé serti dans des ailes avant de DS. Faut'l'faire et le voir pour le croire. Il ne nous manquerait plus que ça, citroënnistes malades, et puis des Renault, Gilbert, des solides Peugeot pour Christian et Michel, des anglaises prestigieuses et populaires confondues -my friends- des américaines, les Mustangs et aussi des russes, toujours été démodées ou anciennes, et même ces odieuses motos/triporteurs/tricycles de l'ex-Allemagne de l'Est, comme dans ces films lugubres, enfin, toute la batterie des Prestigieuses Marques disparues: Delage, Samson, Hotchkiss, Rosengart, et j'en passe.

Même en primeur, des récentes juste sorties de production, comme la nouvelle beauté Citroën, la C5 2008, encore plus caractéristique que la somptueuse C6 de Sarkozy (et Carla..), les fameuses DKW disparues (enfin je les revois) au design bizarroïde et accrocheur dont j'entends encore la musique pétaradante du 2-temps fumant bleu à l'arrière, des petites merveilles, même le cabrio aux mini- ailerons à la T'Bird, rare rare…! Les Auto-Union, les NSU à croquer, les DAF précurseurs de la transmission automatique continue à courroie, et que d'autres noms mythiques. Plus loin. Ouf! on marche encore, piétine, d'autres modèles dérivés, alors là, c'est trop, de l'air!
Justement! Dehors, dans une grande cour intérieure et l'un des deux espaces appropriés, des dizaines d'anciennes, des plus récentes aussi, à vendre par des particuliers, dont une à 25,000 Euros, une Mercedes 500 SE 1988. La mienne (6 cyl.) en 8! Même couleur et état impeccable, la mienne jamais sortie l'hiver, à bon entendeur, salut? (et un peu moins chère). Des connaisseurs qui respectent leurs valeurs, ça, c'est la "plug" régionale.
La majorité des stands (kiosques) offre aux passants une petite mise en scène, une scénette, une carte postale vivante, comme d'autres avec rituellement la "Fraulein" de circonstance, nattes blondes avec la famille assortie évidemment: les "Hans" en culottes de cuir retourné (faut pas trop transpirer!) en pique-nique, au milieu d'accessoires champêtres et paysages réalistes, comme chez VW et ses Combis, avec le grand V 2 tons ou non. J'en passe, étourdissant! Je ne marche plus, je ne piétine plus, je roule…

Nous avons piétiné pendant 7 heures parmi d'autres rangées multiples de voitures alignées de toutes marques par (ensuite!) les carrossiers et restaurateurs. Au passage quand même, un arrêt substantiel pour la survie, arrêt-repas avec flopée de saucisses typiques, et les bières, puis les poses photos. Nous n'avons pas pu tout voir, parce que ce n'est pas tout! Alors, on continue en passant par d'autres spécialistes aux voitures exceptionnelles.

A part ça, oui, aussi, des comptoirs et des comptoirs de pièces, des magasins grandeurs nature bourrés de miniatures par milliers, des modèles, TOUS les modèles, des plus rares et des plus recherchés…et c'est tout, non.

Une curiosité pour moi, chez VW, un élégant petit coupé sport 2 portes, moteur arrière, nettement plus tentant même qu'une Sirocco, pourtant dont je ne peux me rappeler le code… (voir note) (Gérard le sait) une de ces productions brésiliennes comme d'autres, me confirme véatement notre Gérard que je croyais "coller" cette fois-ci, mais non, impossible! Et de me décrire les modèles Alfa Romeo exclusifs au Brésil, tout comme d'autres marques l'ont fait là-bas.

Plus loin, pas un ou deux, mais plusieurs ateliers complets de restaurations d'anciennes en pleine action, comme chez eux, avec les anciens enseignant aux jeunes élèves apprentis, et le tintamarre des tôles travaillées et polies, bref de quoi tomber de sa chaise encore une fois, autant continuer à rouler avec le petit vin du Rhin! Parmi tout ça, tous les accessoires connexes, gadgets, répliques, panoplies de vêtements de marques, etc… proposés par chacun…

Dans l'immensité du bâtiment principal, une superbe bâtisse à arcades d'un certain chic et très baroque, avec orchestre cuivres et cordes: "Tssoummba- Tssoumme bbaa", délicieusement délicat, pour accompagner les distributions de divers trophées avec, en décoration toute simple toujours, une Delage et une Samson: Chapeau, les Allemands pour la France! ET TOUT ce que vous voyez, vous pouvez toucher! Les portes de Rolls et autres aristocrates ne sont pas barrées pour le vulgaire manant du public qui peut s'y asseoir religieusement et n'abîmera rien disgracieusement, pris pour ce qu'il est, un public de connaisseurs tels quels et PERSONNE ne touche pour toucher, justement, admire de près, très près, avec discipline, le profond respect, aucun petit vandalisme, chapeau au public d'ESSEN! Et nous avec!

En voulez-vous encore? Pas moi, la "satisfaction garantie" dépassa de loin ce dont aucun "remboursement" ne pourrait me consoler ou me dédommager. Quota atteint à Essen, sans jamais vraiment traîner longtemps et admirer la suite. Pour vous donner l'échelle, en finale, Mercedes-la-belle, sans compter les modèles éparpillées ailleurs, occupait à elle seule le quart du Rétromobile de Paris, pour la gamme actuelle (et une 600 en restauration), le comptoir-magasin des articles/catalogue, de la miniature au pastilles d'haleine fraîche en passant par le coupe-vent et la panoplie de bijoux à l'étoile Benz.

Enfin, il faut bien quitter la planète/ESSEN - en XM - que j'AIME, en revenant par la superbe Vallée de la MOSELLE et ses vignobles, vous ne serez pas déçu(e)s non plus, même avec cette petite mise en scène pour vous-mêmes. Danke!

Au prochain épisode: ROME/Citroën/ICCCR, août 2008. Mamma mia!

Note: Il s'agit d'une Volkswagen SP2 (N.D.L.R.) retour au texte

©VEA

 

 


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