LA BEAUTE A L'ITALIENNE

par Yves Boulanger

Il y a plusieurs années, bien avant que l'achat d'une Ferrari ne devienne un placement, un homme d'affaires avait rapporté d'Italie une 330GTC gris argent, teinte fort seyante à ce modèle. Il la faisait entretenir par le concessionnaire local; il avait pris l'habitude de lui confier l'auto tous les printemps pour qu'elle soit prête à rouler dès la fonte des neiges.

Cette année là, notre homme devait s'absenter pendant plusieurs mois pour affaires, et ne devait revenir chez lui qu'au printemps. Il décide donc d'apporter tout de suite l'auto dans l'antre, devrais-je dire la grotte de son concessionnaire (un 2e étage sombre), et lui demande de réviser l'auto en profondeur: tel truc fuit, tel machin fait un bruit, etc... et puis surtout, réparer l'aile arrière qu'un malotru s'était permis d'emboutir. "Lorsque je reviendrai la chercher au printemps, je veux qu'elle soit belle et prête à rouler" dit-il.

Le printemps arrive et notre homme d'affaires revient au pays. Il va chercher son auto chez le concessionnaire: il regarde partout (ce n'est pas bien grand) mais ne la voit nulle part. Le patron apparaît: "Mais oui, elle est là!" dit-il... en pointant du doigt une 330GTC repeinte en rosso pininfarina. Pour un mécano italien, une Ferrari n'est belle qu'en rouge!

© VEA

 



 


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