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MERCEDEZ BENZ 190
SL
par Gaétan Ruel
La Mercedes 190 SL, dont le
prototype fut annoncé en 1954, devait être une version réduite
du fameux modèle 300 SL; cependant, la production initiale
n'a débuté qu'en 1955, après plusieurs modifications importantes
au concept d'origine.
Durant ces 8 années de production, cette voiture n'a pas
eu toute l'attention qu'elle méritait. Elle fut construite
à une époque où Mercedes-Benz fabriquait aussi plusieurs
autres modèles plus exotiques et plus performants; que l'on
pense seulement aux cabriolets et coupés 300 S, aux limousines
et aux coupés de séries limitées 220 S et 220 SE, aux 300
SL " gullwing " et roadsters, à la 300 SLR, etc. pour ne nommer
que ceux-là. Mais elle était surtout dans l'ombre de la
300 SL avec laquelle on la comparait souvent. Cependant,
tous s'accordent à dire aujourd'hui qu'il n'aurait pas fallu
évaluer la 190 SL par rapport à la 300 SL, la première étant
une voiture sport de tourisme et la deuxième une véritable
voiture de course sous tous les aspects, mais habillée pour
la route.
La carrosserie d'allure sportive de la 190 SL ressemblait beaucoup
à celle de la 300 SL, mais possédait des portières s'ouvrant de façon
conventionnelle (quelques années plus tard, la 300 SL roadster reprit
ce concept). Elle était offerte en version cabriolet et en version
coupé avec toit métallique amovible. L'intérieur était très bien pensé,
fonctionnel, spacieux, confortable et très luxueux, notamment avec
ses revêtements en cuir véritable; rien ne manquait. Autre avantage:
le coffre à bagages était très logeable. Déjà à cette époque ce modèle
arborait un châssis-plateforme et une caisse auto-portante ainsi
qu'une suspension indépendante aux quatre roues.
Le moteur quatre cylindres de 1897 cm3 possédait deux carburateurs
horizontaux et produisait 105 chevaux dans sa version européenne et
125 dans sa version américaine, ce qui, avec sa transmission à quatre
rapports, lui permettait des vitesses de pointe respectives de 170
et 190 kilomètres/heure, et tout cela avec une consommation inférieure
à 10 litres aux 100 kilomètres!
Ce n'était pas une voiture de compétition mais sa sécurité, sa tenue de route et ses performances générales étaient très respectables, ce qui est bien normal compte-tenu de son héritage de la 300 SL. Rouler des heures durant à 170 kilomètres/heure silencieusement, confortablement et sécuritairement ne fatiguait ni la voiture ni ses occupants. Vu ses performances et son confort sur tous genres de routes, on la disait idéale pour les rallies; cependant, peu ont été vues en compétition.
Les revues spécialisées de l'époque n'avaient que des éloges pour
la 190 SL. Sports Illustrated, The Autocar, Road & Track, etc. ont
toutes vanté son moteur doux, silencieux et souple, sa puissance pour
une aussi petite cylindrée (plus de l hp par pouce cube), la précision
de sa transmission, sa tenue de route sans défaillance, qui corrige
même les erreurs du pilote, sa vitesse de pointe élevée, la solidité
et la qualité dans ses moindres détails, le grand confort, le luxe,
le raffinement, le silence de roulement une fois le toit fermé, etc.,
le tout justifiant son prix élevé. Les seuls reproches que les journalistes
sportifs de l'époque lui ont fait (et ils sont toujours d'actualité)
sont les suivants:
· à 1160 kg (2 550 lbs), ce n'était pas tout à fait une SL, une "sport
light".
· les carburateurs Solex étaient technologiquement avancés mais trop exigeants et trop compliqués pour le commun des mortels à maintenir en bon état d'ajustement.
C'est une voiture toujours agréable à conduire, même selon
les normes d'aujourd'hui.
Le modèle fut construit de 1955 jusqu'au début de 1963;
la production totale s'est élevée à 25,881 unités, dont
seulement 104 en 1963, année de l'introduction de la 250
SL. Le prix de base d'un cabriolet sur la côte est américaine
(New York) en 1955 était de 3 998,00$ et, à la fin de la
production, de près de 6 000,00$, ce qui était alors très
élevé.
La 190 SL figure aujourd'hui parmi les modèles de Mercedes les plus
recherchés des collectionneurs, spécialement depuis une douzaine d'années;
elle a été longtemps négligée, mais on lui reconnaît aujourd'hui ses
qualités, elle a d'ailleurs été acceptée par la Milestone Car Society
vers 1980.
L'achat et la restauration d'une 190 SL demandent un certain doigté.
C'est une voiture rare; Il est difficile de trouver une épave, encore
plus de trouver un spécimen solide, complet et en marche. Si les prix
des voitures sont élevés, les prix des pièces, qu'elles soient usagées,
reproduites ou neuves sont très élevés; par contre, il est possible
de trouver "presque" tout, dont une grande partie directement chez
Mercedes-Benz. L'effort de restauration en vaut la peine; c'est une
voiture qui ne cesse pas de se faire apprécier. Une fois restaurée,
c'est aussi une voiture à peu près indestructible, donc pour la vie.
Souvenez-vous aussi que cette voiture est la première d'une
lignée de SL qui se poursuit glorieusement aujourd'hui.
©VEA
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