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LA LAMBORGHINI MIURA S
La voiture de série la plus rapide au monde (de 1967 à 1972)
par Dominic Fortier ©
J'ai choisi de vous traiter d'une voiture fort spectaculaire à
plus d'un égard : la Lamborghini Miura. Il faut cependant débuter
avec un peu d'histoire. Ferrucio Lamborghini était un industriel
italien fort prospère ayant fait fortune dans la fabrication d'appareils
de climatisation et la construction de tracteurs (Hé Oui!). La compagnie
Lamborghini se situait au troisième rang de la production mondiale
de tracteurs, derrière les géants FIAT et Massey-Ferguson.
Monsieur Lamborghini était arrivé à un âge où il désirait s'offrir
la voiture de ses rêves, une Ferrari. Il demanda à être reçu par
Enzo Ferrari comme étant un vieux client de la marque. Monsieur
Ferrari lui ayant refusé cet honneur, c'est un monsieur Lamborghini
furieux qui quitta le bureau de Monsieur Ferrari en se jurant de
construire une voiture meilleure que la Ferrari. Voilà pour le côté
anecdotique.
Lamborghini construisit tout d'abord les modèles 350 GT et 400 GT,
deux ravissantes voitures de tourisme propulsées par un V 12 monté
à l'avant. Ces voitures firent bonne impression mais il ne s'agissait
pas de véritables voitures de sport pour les " purs et durs ". Un
petit groupe d'ingénieurs, travaillant en secret, développa une
spectaculaire voiture deux places à moteur en position centrale.
Monsieur Lamborghini découvrit le projet et il fut extrêmement emballé.
Il donna son accord à la poursuite des travaux et fit réaliser une
"robe" pour habiller la voiture. La conception de la carrosserie
fut confiée à la firme de Nuccio Bertone. Bertone chargea un jeune
assistant de dessiner la voiture. Ce jeune homme, encore inconnu,
était Marcello Gandini. Gandini inaugura ainsi une longue et fructueuse
collaboration avec la firme Lamborghini puisqu'il réalisera plus
tard la carrosserie de la Countach, de la Jalpa et de la Diablo.
L'emblème de la firme de Sant'Agata en Italie est un taureau ruant
avec fureur. Il s'agit du signe astral de Ferrucio Lamborghini mais
aussi une incarnation du caractère bouillant de l'homme. Le nom
Miura fut retenu par Monsieur Lamborghini pour cette nouvelle voiture
en l'honneur d'une race de taureaux espagnols de combats, reconnus
pour leur férocité.
La première version de la Miura, la P400, vit le jour au Salon de
Genève en 1966. Elle était propulsée par un V 12 d'une cylindrée
de 4 litres (240 po/cubes), placé au centre de la voiture. Il était
alimenté par 4 carburateurs à triple-corps de marque "Weber" et
un allumage double coiffait le moteur. Une transmission entièrement
synchronisée à 5 rapports était accouplée à ce moteur dont la lubrification
s'effectuait par carter sec. Il développait 370 chevaux à un régime
de 7700tr/min ce qui permettait de réaliser le 0-60 mi à l'heure
(0-96 km/h) en 5,2 secondes et d'atteindre 277 km/h (173 mph).
Les roues de magnésium de 15 po de diamètre étaient fabriquées par
la compagnie d'équipements de bicyclettes "Campagnolo" et fixées
par un écrou central à papillon (knock off). Les pneus étaient des
Pirelli P-70 de dimension 205/70 à carcasse radiale qui permettaient
à la Miura d'avoir une excellente tenue de route. Les freins étaient
à disques aux 4 roues et provenaient de la compagnie "Girling".
Il est important d'ajouter que la compagnie "Girling" était le fournisseur
retenu par la majorité des équipes de Formule 1 ainsi que par les
équipes de sport-prototypes courant aux 24 heures du Mans. Les suspensions,
entièrement indépendantes, se composaient de doubles leviers triangulés
(double wishbone).
Le châssis de la Miura était réalisé à l'aide de caissons d'acier
soudés les uns aux autres. Plusieurs trous étaient percés dans le
châssis par souci d'économie de poids. Les premiers visiteurs du
salon de Turin de 1965 crurent que Lamborghini préparait une voiture
de course en apercevant ce châssis percé comme un vulgaire morceau
de fromage suisse!

Lamborghini Miura S
La carrosserie de la Miura se composait de tôles d'acier
et de tôles en alliage léger et l'arrière complet de la voiture
basculait afin de faciliter l'accès au moteur. La section avant
basculait également pour donner accès au pneu de secours et au radiateur.
Des phares de type basculant équipaient la voiture afin de faciliter
sa pénétration dans l'air. L'habitacle se paraît de cuir, des sièges
jusqu'au tableau de bord. L'air climatisé et les vitres électriques
figuraient parmi les options les plus choisies. Ajoutons que l'air
climatisé était certainement fort utile pour refroidir l'intérieur
surchauffé de la Miura. Un coffre à bagages de petite dimension
se trouvait à l'arrière mais son utilisation n'était pas très recommandée
puisqu'il était souvent souillé par les projections d'huile de l'échappement.
La Miura fut la voiture de route la plus rapide de 1967 à 1972 inclusivement.
Elle fut détrônée par la Ferrari Daytona qui atteignait 278,4 km/h
(174 mph). Prenez note que la Miura coûtait la modique somme de
24 500$… en 1972. Ah! Le bon vieux temps! La Miura fut la première
voiture de sport à moteur central et son succès obligea Ferrari
à abandonner le configuration moteur à l'avant pour choisir celle
du moteur au centre.
N.B.: Certains petits malins pourraient être tentés de dire que
les Porsche 356 et 911 furent les premières voitures de sport à
avoir recours au moteur à l'arrière et ils ont raison. La Miura
avait un moteur situé derrière l'habitacle et DEVANT l'essieu arrière
tandis que chez Porsche, on avait choisi de mettre le moteur DERRIÈRE
l'essieu arrière.
Si vous voulez voir la Miura en action et entendre les sublimes
sonorités de son V 12, je vous conseille le film "The Italian Job"
mettant en vedette Michael Caine.
Production totale:
1966-1969 Miura P, 350 ch à 7000 tr/min: 474 unités
1969-1971 Miura S, 370 ch à 7700 tr/min: 140 unités
1971-1972 Miura SV, 385 ch à 7850 tr/min: 150 unités
©VEA
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