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MORITACCO: une rareté parmi nous
Giuseppe Mori et Salvatore Tacco s'associent en 1964 et créent
la Moritacco Spa en 1965. Leur but? Construire une voiture révolutionnaire
de hautes performances. L'époque est euphorique, les superstars
du moment: Ferrari bien sûr, mais aussi Maserati, de Tomaso
et le petit nouveau Lamborghini se vendent comme des petits pains.
Les capitaux disponibles de la nouvelle société semblent
illimités: le comte Merluzzo di Pesce est un financier avisé,
n'est-il pas le fondateur de la toute puissante banque Trota qui
finance de nombreux groupes industriels à travers l'Europe?
Il possède aussi une des plus grandes flottilles de bateaux
de pêche au monde. C'est aussi un homme distingué et
raffiné: ses goûts influenceront l'uvre à
venir.
Mori et Tacco recrutent les meilleurs ingénieurs du moment:
Felice Carpo, ingénieur motoriste, Giorgetto Balena pour
le châssis et Angelo Sogliola est le patron du style . Dans
cette Italie des années soixante en pleine effervescence,
les cerveaux bouillonnent et les idées ne manquent pas, comme
l'argent est là, lui-aussi, le résultat sera dévoilé
après seulement deux ans de développement: la Mexico
"S" est présentée au Salon de Turin 1967.
C'est l'ébahissement, Angelo Sogliola s'est surpassé:
ses concepts architecturaux automobiles sont très en avance
sur leur temps, c'est en fait le bio-design, celui des années
90
la carrosserie est en aluminium, rivetée sur un
châssis multitubulaire selon la technique "Superleggera"
très en vogue à cette époque. Le poids total
de la voiture ne dépasse pas 750 kg à vide (un rapport
poids-puissance de 1.61 kg par cheval). Le moteur en position centrale
arrière est un H18 de 3.500 cm3 (seul B.R.M. a utilisé
cette configuration en H sur une voiture de course), avec ses huit
arbres à cames en tête et son système d'injection
Magnetti-Marelli, il développe une puissance de 465 ch. @
9000 tr/mn , soit plus de 130 ch. au litre de cylindrée.
Accouplé à une boite à quatre vitesses et un
overdrive agissant sur chacun des rapports (pour un total de huit
vitesses!), ses performances sont éblouissantes: moins de
4 secondes de 0 à 100 km/h et une vitesse de pointe estimée
de 330 km/h. La suspension est hydropneumatique (brevet Citroën)
et assure un confort et une tenue de route au-dessus de la moyenne.
La finition est exceptionnelle: tableau de bord garni en "Ostrica",
sièges et garnitures en "Tartaruga", de l'exceptionnel
là aussi
Il faut dire que les grands moyens ont été utilisés:
l'usine ultramoderne de Pescatore emploie cinq cent personnes. Les
meilleurs artisans ont été recrutés à
travers toute la péninsule à prix d'or et les résultats
sont là, les commandes affluent, la "Gentry" mondiale
ne s'y trompe pas, le nec plus ultra, c'est définitivement
une Moritacco Mexico "S"
Quelques vingt-deux exemplaires seront vendus en 1967 et l'année
suivante voit l'apparition du modèle
1968 curieusement baptisée "Mexico" sans "S",
alors que toutes les caractéristiques sont revues à
la hausse: 485 ch. toujours à 9000tr/mn et l'ajout d'une
rare option nommée " Lago di Montanaro " qui optimise
les performances de la "bête" dans les tracés
de montagne, la suspension oléopneumatique s'adapte au profil
de la pente et garde une assiette horizontale constante.
Notre ami Daniel, membre du VEA, possède un de ces rares
spécimens. Achetée neuve (et à prix d'or!)
en 1968, il la bichonne comme une maîtresse. Cette somptueuse
voiture le lui rend bien, en quelques 300.000 kilomètres,
aucun problème, malgré la sophistication de l'ensemble,
cette merveilleuse automobile s'impose comme un chef d'uvre
parfaitement mis au point, " une Ferrari fabriquée chez
Rolls " se plaît-il à dire. C'est aussi un homme
prudent, au cas où, il a acquis dernièrement un modèle
"S" 1967 qui se trouvait dans une grange du côté
de St-Polycarpe. Cette dernière est en cours de restauration
et notre club peut s'enorgueillir de deux voitures rarissimes de
plus.
© VEA
1er Avril 2001
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