|
LA PORSCHE 550 Spyder Celle qui fit entrer James Dean dans la légende
par Dominic Fortier ©
Les collines d'Hollywood, le 30 septembre 1955. Un jeune homme roule à vive
allure avec sa nouvelle voiture. Cet homme est nul autre que le
célèbre James Dean, jeune acteur incarnant la révolte d'une génération
d'Américains. Notre homme est pressé car il procède au rodage du
moteur de sa nouvelle monture, une rutilante Porsche 550 Spyder,
afin d'être en mesure de le faire évoluer sécuritairement dans la
zone rouge du tachymètre. Dean doit en effet participer à une course
sur la piste de Salinas, en Californie, et il veut s'assurer que
le moteur est en mesure de tenir la cadence. Il est accompagné de
Rolf Wuetherin, son fidèle ami et mécanicien.
Une grosse voiture familiale débouche soudainement d'une route perpendiculaire,
coupant ainsi la route à la voiture de Dean. La 550 Spyder s'écrase
lourdement contre la voiture, tuant presque instantanément Dean
et blessant sérieusement Wuetherin qui survivra cependant à ses
blessures. Âgé d'à peine 24 ans, le héros des films " Giant ", "
Rebel without a cause " et " East of Eden " vient de passer avec
fracas à la prospérité.
La 550 devint célèbre pour avoir été la dernière voiture de James
Dean. La 550 Spyder possédait cependant de très grandes qualités
que je tenterai de vous faire découvrir.
Les débuts de la firme Porsche
Le docteur Ferdinand Porsche est né dans la ville de Bohême, en
Autriche, en 1875. Il travailla pour les firmes Steyr et Austro-Daimler
avant d'émigrer à Stuttgart en Allemagne, en 1923. Il collabora
à la conception de véhicules utilitaires avant de concevoir la Volkswagen
(voiture du peuple) pour le compte du régime d'Adolf Hitler. Affaibli
par un emprisonnement de la part des alliés, pour cause de collaboration
Nazie, il aura néanmoins le temps de passer le flambeau de la compagnie
à son fils Ferry avant de mourir en 1951.
Ferry assuma brillamment la continuité de la marque en commercialisant
une petite voiture de sport légère et robuste : la 356. Cette voiture,
bien que d'une puissance modeste, fit la renommées de Porsche. Ferry
Porsche était un visionnaire averti. Il croyait aux vertus de la
course automobile pour assurer le développement de nouveaux modèles.
Ferry prit la décision de développer une voiture conçue expressément
pour la compétition. La voiture fera son apparition en 1954 sous
le vocable 550 Spyder.
La voiture était conçue autour d'un châssis tubulaire, très léger,
sur lequel une carrosserie en aluminium était déposée. Le poids
devant être le plus bas possible, l'intérieur était extrêmement
dépouillé. La batterie ainsi que le réservoir étaient situés à l'avant.
L'orifice de remplissage, au beau milieu du capot, était surmonté
d'un bouchon chromé.
Le moteur était un robuste 4 cylindres à plat de 1,5 litre de cylindrée.
Les culasses étaient à culbuteurs en attendant que les culasses
à double arbre à cames en tête soient au point. L'allumage était
double et les 2 carburateurs de marque " Solex " étaient à double
corps. Le refroidissement était obtenu par air forcé. Ce moteur
développait un modeste 98 chevaux à 6500 tr/min. dans sa première
version, puis 125 chevaux à 7200 tr/min dans son évolution à DACT.
La transmission à 5 rapports synchronisés était installée derrière
l'essieu arrière.
Un atout de poids
La 550 Spyder avait une répartition de poids presque idéale puisque
de 48% à l'avant et de 52% à l'arrière. Cela lui conférait une très
grande maniabilité, au détriment de la stabilité à haute vitesse.
La 550 Spyder était quand même en mesure d'emmener les plus courageux
(ou les plus fous) à une vitesse de 225 km/h !
Le freinage était tout ce qu'il y avait de plus rudimentaire puisque
l'on retrouvait des tambours aux 4 extrémités de la voiture. La
suspension, à 4 roues indépendantes, lui assurait une agilité encore
jamais vue. Le faible poids de la voiture, seulement 720 kilos,
permettait à la 550 Spyder de boucler le 0-96 km/h (0-60 mi) en
8,2 secondes, ce qui constitue un temps très appréciable, même de
nos jours.
Les succès en compétition
La 550 Spyder s'illustra lors de nombreuses compétitions automobiles.
Elle remporta les 24 h du Mans aux mains du célèbre Paul Frère.
Elle permit à des pilotes comme Stirling Moss et Jean Behra de remporter,
à de multiples reprises, le Tourist Trophy de Londres. Le duo remporta
même la même la célèbre Targa Florio et ce, en dépit du fait que
la voiture possédait un lourd handicap au niveau de la puissance.
Les 1000 km de Buenos Aires 1958 constituèrent le chant du cygne
pour la 550 Spyder. Le prolifique tandem enleva même la troisième
place.
Par la suite, Porsche décida de ne plus inscrire " officiellement
" la 550 Spyder, car les autres fabricants avaient rapidement évolué.
Elle continuera néanmoins de courir aux mains de pilotes amateurs
tout en bénéficiant d'un support technique de l'usine.
Retour le futur
" On n'a pas toujours tort d'avoir raison trop tôt ". Cette formule
s'applique parfaitement à la 550 Spyder. Porsche a décidé de s'inspirer
de la 550 Spyder pour donner naissance à la petite sœur de la 911,
la Boxster. Les 2 voitures sont des spyders biplaces, ont un moteur
en positon centrale ainsi qu'un seul tuyau d'échappement positionné
exactement au centre de la partie arrière (voir photos). La ressemblance
est encore plus frappante lorsque les 2 voitures sont peintes selon
la couleur des voitures de course allemandes, argent. Il est indéniable
qu'un design gagnant est éternel et l'on ne peut en vouloir à Porsche
d'avoir ressuscité le concept de la 550 Spyder.
La 550 à l'écran
Vous pouvez dévorer la 550 des yeux dans le film " Monsieur Destinée
" mettant en vedette Michael Caine et James Belushi. Pour les cœurs
sensibles, il est important de mentionner que la voiture est démolie
à la fin du film, à la suite d'un accident. Vous êtes avertis…
Si comme moi vous êtes tombés en amour avec la 550 Spyder, sachez
que la voiture a atteint la valeur de 500, 000 dollars américains.
Il y a cependant de l'espoir. La firme " Beck " (www.beckcars.com)
commercialise une réplique on ne peut plus fidèle de la 550 Spyder.
La voiture est basée sur un châssis tubulaire et la carrosserie
est en fibre de verre. La motorisation est un 4 cylindres à plat
et provient de chez VW. La puissance varie entre 135 et 185 chevaux
selon la carburation choisie. Le prix ? Environ 20 000 des dollars
de l'oncle Sam, moteur en sus.
©VEA
Les Porsche du club:
1955 Porsche 356 Speedster
1957 Porsche 356 Speedster
1959 Porsche 356 A
1959 Porsche 356 A Reutter
1960 Porsche 356 B
1963 Porsche 356 C
1967 Porsche 912
1968 Porsche 911 Coupé
1968 Porsche 911 Coupé
1968 Porsche 911 Coupé
1970 Porsche 911 Targa
1970 Porsche 911 S 2.2
1972 Porsche 911 E
1973 Porsche 911 Targa
1976 Porsche 912 E
1977 Porsche 911 S
1977 Porsche 930 Turbo
1979 Porsche 911 SC Targa
1986 Porsche 944
1986 Porsche 944 Turbo
1987 Porsche 911 Speedster
1995 Porsche 911 Cabriolet
|