AVEC RETROMOBILE DANS LE RETROVISEUR


par Daniel Baragiotta



Il y a des choses à voir dans la vie d'un homme: les musées de l'auto, Hershey, Rétromobile ..etc.
Ma décision est donc prise de casser le cochon et de faire le voyage pour Paris, en serrant les dépenses au maxi, j'ai encore des choses à acheter pour ma 203.

Déjà Maryse m'avait communiqué l'adresse de son amie Lise qui loue son appartement. Je l'ai pris pour une semaine, du lundi au lundi. Première conséquence, ça ne cadrait plus avec l'horaire d'Éric. En tordant le bras à Michel L., je l'ai convaincu de venir me rejoindre.

Le lundi matin, à Charles de Gaulle T9, Gérard ,de mon club parisien " Les Amoureux de la 203-403" m'attend avec une pancarte de reconnaissance. Il est venu me chercher avec sa 203 familiale. Celle qui est en couverture de Gazoline. La même que mon père avait. Celle qui m'a permis de promener Françoise avant qu'on achète notre 203.
Je ne vous dis pas le feeling d'être assis là-dedans. Le son, l'odeur, tout y est. En me retournant vers le conducteur je suis presqu'étonné de ne pas y voir mon père.
Arrivés à l'appartement, Jean-René nous y attend. C'est l'ami de Lise. Il est venu pour m'ouvrir et m'expliquer les lieux. Pour l'occasion, il m'a gratifié de la présence de son superbe coupé 203 grenat. J'appelle ça être gâté. Ça commence bien.
Le soir, je rejoins Maryse avec ses amis Guy et Christian, au resto. Je ne dis pas le menu, je vais saliver et le qwerty keyboard n'aime pas ça. Nous avons Christian et moi échangé quelques anagrammes. Ainsi, pour deux Ford (Fixed Or Repaired Daily + Found On the Road Dead) j'ai eu un Lufthansa (Let Us Fuck The Hostess As No Stewart Available) et du petit change. Christian œuvre dans l'aviation, vous l'avez compris. Guy c'est l'encyclopédie du club. Il collectionne tous les pamphlets sur Peugeot.
Mardi, visite à vide du site Porte de Versailles. Repérage. En gros, il y a les véhicules exposés (voitures, bien sûr, mais aussi quelques bateaux et motos), les stands de pièces détachées, ceux des livres et ceux des miniatures. Sur le stand de "mon club" il y a 2 cabriolets: un 203 et un 403. En face, c'est le stand du club 404 et 504 où trônent là aussi de beaux cabriolets. Grâce à Maryse, qui fait aussi partie de ce club, je rencontre des gens super sympa. Jean-Pierre me propose d'aller faire un tour chez les commerçants et de me présenter. Ce qui me vaut un escompte de 10%. Dans la soirée c'est Michel Verdier qui m'accompagne. Tout un personnage. C'est la Revue Technique Peugeot. Il faut voir les photos où, après un banquet à la campagne, les plats posés au sol sont lavés au Karcher.
Il est tard. Pour rentrer, un couple de Nancy me raccompagne en coupé 504 V6, par les quais de Seine. Nous passons sous le pont de l'Alma (pensée à Lady Di), devant la tour Eiffel illuminée qui décompte les jours qui restent avant l'an 2000.

Mercredi, jour d'achats. Retour chez les marchands avec ma liste d'épicerie. Finalement j'ai acheté la plupart des choses chez Denis, le proprio de Melun Auto Passion. Un gars super sympathique qui te donne le goût d'acheter chez lui, rien que pour le plaisir de lui parler.
Mes tissus, je vais les prendre chez ENPI. Finalement ce sont eux qui ont le plus de choix.
Après le resto, Gérard me raccompagne avec la 203. C'est sa voiture de tous les jours.

Jeudi, ma "gang" arrive: Michel L. avec Pierre, d'Air Canada, et sa blonde Lise. C'est midi, et après un petit en-cas (lapin à la moutarde…etc.) on va visiter le site, pendant qu'ils ont encore les yeux ouverts. Je fais le guide et fournis toutes les informations non sollicitées, trop heureux de parler des voitures de ma jeunesse automobile.
Nous rencontrons Réal qui nous demande si nous serions intéressés à aller chercher sa nouvelle traction je ne sais plus où. Nous prenons ça comme une boutade.
Nous croisons aussi Charles R. toujours à l'affût de livres et de documentations.
Quand on parle aux dames qui vendent des pièces et qu'on leur dit Québec, elles répondent les yeux brillants " Ah! Oui!, nous avons déjà eu Monsieur Smits et Monsieur Bernard" et elles viennent toutes croches. Après le couscous au resto, Pierre nous reconduis avec son gros cigare dans sa petite Peugeot à travers Paris en nous décrivant les cabarets et ce qu'il y a derrière les façades avec force détails.
Le soir, on s'organise pour dormir dans le petit studio. Il y a un sofa-lit qui accommode 2 personnes et, au plafond, un lit escamotable à 2 places! Il suffit de le descendre en tirant dessus. On l'arrête à 4 pieds du sol, au-dessus du sofa, avec la petite échelle. Le couple s'installe en-dessous. Michel ramasse son paquet de revues Citroën et son verre de rouge et va s'installer sur la toilette, en position style Rodin pour méditer à l'aise. Je m'installe en haut, contre le mur. Comme les autres soirs , j'ai de la misère à dormir. Décalage horaire?
Michel revient. Il s'installe à côté de moi et s'endort.
Vous le connaissez, il n'est pas grand mais il tient sa place. Au lit aussi. Il est étalé sur le dos au beau milieu. Je suis coincé contre le mur. Il ne ronfle pas… il RONFLE, genre 426 hemi hot-rod qui essaie de tenir le ralenti et qui survit à petits coups de gaz.
Il faudrait donner un petit coup au ronfleur pour qu'il se tourne sur le côté. Mais je suis mal pris, d'habitude c'est moi qui les reçoit.

Vendredi. J'attends comme la veille, de la visite. Mon chum Alain vient de la Haute Savoie me rejoindre pour parler affaires et pour visiter Rétromobile. Michel est avec la gang Citroën rencontrée à l'ICCR en Belgique. Moi je pars avec les Peugeotistes manger dans un resto karaoké où j'ai dû chanter " Ma cabane au Canada". Vous pouvez être sûrs qu'ils ne me le redemanderons pas, mais ils m'ont ramené quand même.

Samedi. Balade décontractée à Rétromobile. Le soir un apéro est prévu dans les locaux partagés par les gars des clubs 203, 504 et autres. Avant de quitter l'expo on s'arrête à un stand ami qui nous sert du champagne. Ensuite on se rend quelque part dans Paris. On entre dans un parking souterrain et on descend. Au 8ème étage sous terre, une grille cadenassée donne accès à la caverne d'Ali-Baba. L'étage au complet est rempli de voitures anciennes, avec des espaces-ateliers et un magasin de pièces détachées. Pour la circonstance, des plateaux sur des chevalets font office de tables avec nappes en papier, amuse-gueules, verres et bouteilles de champagne.
La soirée se termine au resto et Michel V. nous reconduis en 404 station-wagon.

Dimanche, dernière visite au site. Je rencontre Réal fourbu qui me raconte ses péripéties avec sa traction. Chargement, 5 heures de route au volant sous la pluie, seul, pour se faire dire à l'arrivée qu'il est trop tard (2.00PM) pour mettre l'auto dans le container. Ce n'était donc pas une boutade.
Je rejoins Michel L. qui me présente la Citroën connection. Je peux dire que j'ai pris une bière avec Jésus en face de moi. Mieux, j'étais assis à la droite de son père! Dieu existe, je l'ai rencontré.
Une équipe du tonnerre qui possède elle aussi des cavernes pleines de trésors.
Ce soir nous rentrons tôt parce que lundi matin il va falloir se lever de bonne heure pour se rendre à Roissy en RER, les valises à la main.
Pour le retour, rien à signaler.

Conclusion:

J'ai moins aimé:
- la présentation de modèles contemporains.
- l'absence ou la rareté de certaines marques.
- la présentation par la Black-Hawk Collection de 6 Duesenberg au lieu de montrer un bel assortiment comme il l'ont fait à Hershey.

J'ai aimé:
- voir une majorité d'européennes depuis longtemps.
- voir des motos et des bateaux anciens.
- voir le côté historique des marques (moteurs aviation Hispano, Salmson, Renault et la déclinaison des modèles 201, 202, 203, …).
- la convivialité des exposants (il suffit de tendre la main pour flatter la tête d'un type 35 et il suffit de demander à voir le V8 de la Lancia Astura pour qu'on vous ouvre le capot).
- rencontrer tous ces gens sympa et passionnés qui font qu'on voudrait déjà y retourner.

À voir absolument au moins une fois.

©VEA

 

 


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