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LA VOITURE DU SIECLE... UNE REPONSE!
par Yves Boulanger
En réponse à la demande de commentaires dans l'Autosiaste de juillet dernier
à propos du concours "Car of the Century", le mien en est un de
déception. En effet, peut-on considérer que la Ford modèle T corresponde
bien aux objectifs du concours, soit "d'avoir innové en son époque
en matière de design, d'impact sur l'industrie et sur la société"
(traduction libérale). Malgré tout le respect que nous devons au
génie de Mr. Ford, sa célèbre "T" n'était pas innovatrice en soi;
c'est la méthode de production utilisée pour la fabriquer qui était
révolutionnaire. Or on parlait bien de L'AUTO du siècle, non du
processus industriel du siècle.
Parmi les 4 autres finalistes, on ne peut affirmer que le design
de la VW Beetle ait eu un impact sérieux sur les tendances internationales
du design automobile; c'est la longévité de sa production qui en
a fait une légende, ainsi que son impact sur le marché américain.
Par extension, les mêmes commentaires s'appliquent à la Porsche
911, issue indirectement (via la nationale 356) de la technologie
VW. Dans ce cas, la longévité exceptionnelle de ce modèle est plutôt
un anachronisme qu'une révolution - c'est d'ailleurs ce qui fait
son charme.
Continuons. La Citroën DS est certes une voiture inégalée; la technologie
hydropneumatique de Citroën n'a été imitée par personne depuis 1955
- même les japonais n'ont pas osé la copier. Par le fait même, on
ne peut affirmer que la DS ait entraîné une révolution mondiale!
De plus, son audience était limitée essentiellement à l'Europe occidentale.
La Traction eut été une candidate plus sérieuse... la combinaison
de la structure monocoque et de la traction avant en 1934 annonçait
des solutions devenue universelle en fin de siècle, mais la Traction
était hors production depuis belle lurette lorsque ces tendances
se sont généralisées... peut-on parler d'un effet d'entraînement?
Sinon, on doit admettre que les solutions techniques utilisées sur
la Traction n'étaient pas nouvelles; c'est leur combinaison et leur
exécution qui ont fait de ce modèle une auto exceptionnelle.
Il ne reste donc que la Mini... qui colle parfaitement aux objectifs
du concours. Par l'utilisation de la traction avant, du moteur transversal
avec carrosserie bivolume et roues réduites repoussées aux coins,
Issigonis a renvoyé aux oubliettes les mini-voitures "tout à l'arrière"
des allemands, français et italiens en offrant un équilibre agrément/économie/volume
habitable inégalé... En prime, les variantes Cooper ont tracé la
voie aux sportives des années '90. L'architecture Mini est devenue
universelle en 20 ans à peine sur les voitures de petite taille
et domine aujourd'hui le marché toutes catégories (se souvenir des
promotions Chrysler Intrepid à "habitacle avancé")... si c'est pas
çà, l'auto du siècle...
A défaut, j'aurais peut-être pensé à des modèles comme les Peugeot
d'Ernest Henry... le moteur double arbre culasse hémisphérique,
ça a laissé des traces, ça aussi...
Yves Boulanger (qui n'a jamais possédé de Mini)
©VEA
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