L'ORIGINE DU SKI-DOO
par André Gagné alias Alfa #44
L'histoire nous enseigne qu'il existait déjà
des engins motorisés qui flottaient sur la neige à
la fin du 19ième siècle. Au Québec, en 1899,
le docteur Henri Edmond Casgrain modifia une Léon Bollée
française pour en faire une curieuse machine à deux
skis et une roue.

Léon Bollée 1899
En 1909, au Minnesota, Otta Johnson mis au point
un engin motorisé pour glisser sur la neige, mais muni
d'une chenille.
En 1925, Carl Eliason de Sayner au Wisconsin débuta la
construction de sa première motoneige à l'arrière
de son magasin général pendant ces temps libres.
Deux ans plus tard, avec des pièces de bicyclettes, un
moteur hors bord Jonhson de 2.5 hp entraînant par chaîne
une courroie en toile retenant des bâtons et munie de skis
contrôlés avec des cordes, il commercialisa sa première
motoneige qui ressemblait davantage à un toboggan motorisé.
Au cours des 15 prochaines années, Eliason
développa son "Motor Toboggan" avec des moteurs
plus puissants pouvant ainsi accueillir jusqu'à quatre
passagers. En tout, 40 de ces engins furent fabriqués et
jamais plus de trois n'étaient identiques. Les prix variaient
entre 350 $ et 550 $.

Carl Eliason et son Motor Toboggan
Dans les années 50, c'est plutôt l'autoneige
qui fut populaire. C'étaient de gros véhicules pouvant
accueillir jusqu'à 18 personnes, mais lorsqu'une loi québécoise
oblige les municipalités à déneiger les rues,
ces lourds véhicules n'avaient plus leur raison d'être.
Au Minnesota, les frères Edgard et Allan Hetten produisirent
leur première motoneige sous la marque Polaris et vers
1960 Edgard Hetten vend ses parts et il démarre la compagnie
Artic Cat. Ces véhicules ont connu du succès dans
le centre américain ainsi que dans les prairies. Mais là-bas,
le vent balaie la neige qui durcit au sol, ici au Québec,
nous avions besoin d'un véhicule beaucoup plus léger
et maniable, parce que de la neige, dans les années soixante,
il y en avait!

Bombardier R-18 1966
C'est alors qu'un inventeur de Valcourt: Armand
Bombardier, aidé de son fils Germain, rien à voir
avec notre président, met au point des autoneiges miniatures.
225 machines seront produites la première année
et vendues près de mille dollars chacune. Le Ski-Doo était
né. D'ailleurs le nom d'origine était Ski-Dog, mais
une erreur de frappe dans un document publicitaire l'aurait rebaptisé
Ski-Doo. Et la couleur jaune? Il paraîtrait que la municipalité
de Valcourt liquidait un surplus de peinture pour la signalisation
routière!
L'invention formidable de Bombardier développa
toute une nouvelle industrie, un nouveau sport, enfin une nouvelle
façon d'affronter l'hiver. Saviez-vous qu'en 1972, plus
de 130 manufacturiers produisent 575 mille motoneiges à
travers le monde. Dix ans plus tard, à peine six compagnies
en fabriqueront dix fois moins. Aujourd'hui on ne compte que quatre
manufacturiers importants : Artic Cat, Bombardier, Polaris et
Yamaha.
Le 16 janvier dernier, j'ai accompagné François
à Ste-Victoire, non pas avec sa Bentley Mulsanne Turbo
mais bien sur son Ben-Augus, modèle Caribou, une motoneige
fabriquée au Québec en 1971, plus précisément
à Lambton dans le comté de Bellechasse.
Les deux inventeurs, Benoit Giguère et Augustin Veilleux
ont cédé une partie de leur prénom à
ce véritable passe-partout.

Ben-Augus Caribou 1971
Ste-Victoire, c'est à deux pas de St-Ours,
St-Ours c'est à deux pas de
bon, laissons faire!
Au fait, c'est à la cabane à sucre Daneau que s'était
donné rendez-vous un groupe de motoneigiste, hors de l'ordinaire.
Tous pilotaient des anciennes motoneiges avec des noms aussi évocateurs
que: Moto-ski, Swinger, Sno-Cruiser, Sno-Prince, Sno-Job et même
Sno-Ro. En tout, on pouvait admirer une centaine de motoneiges,
dont une trentaine de marques datant de 1963 jusqu'aux environs
de 1986. Disons que cela ressemblait étrangement à
une exposition du V.E.A., mais dans un décor plus blanc
et plus "frette". Le moment fort de la journée
fut le départ de toute cette bande de gais lurons dans
un nuage de boucane de moteurs 2 temps plus ou moins bien réglés,
pour une randonnée de 15 kilomètres en forêt.
Certains ont pu terminer la randonnée, d'autres ont dû
malheureusement revenir plus tôt et quelques-uns n'ont même
pas pu partir. Mais une chose est sûre, avec les deux haltes
dans la forêt afin de faire reposer leur monture et question
de se désaltérer un peu, la limite de .08 était
plutôt symbolique.

Le moment fort de la journée fut le départ de
toute cette bande de gais lurons dans un nuage de boucane de moteurs
2 temps
Comme dans toute bonne exposition, des prix furent
remis aux vainqueurs, soit pour la plus belle motoneige ou la
mieux restaurée. François s'en est tiré avec
un prix pour le modèle le plus rare. Bravo!
Je n'ai jamais su au juste si c'est le Ben-Augus
qui a ramené François chez lui vers deux heures
du matin ou le contraire.
Ça il faudrait lui demander, s'il s'en souvient!
©VEA