IL ÉTAIT UNE FOIS UNE 203... UNE QUOI?


par Françoise Baragiotta



Certains diront qu'une autre décennie va passer avant que ... D'autres plus médisants, qu'on ne s'en occupe pas. Et bien, c'est faux. C'est sûr que la date de l'inauguration ne pourra-t- être dévoilée dans l'immédiat. Cependant, je vous l'affirme elle avance, pas encore sur ses roues c'est sûr, mais tranquillement ça s'en vient. D'ailleurs, grâce à la célérité bien connue de Mike, les pneus déjà sont montés sur les jantes.

Eh oui, la 203 est en grande progression. Figurez-vous que je me suis assise dedans, et ... sur les sièges frais refaits. Même l'odeur de sa jeunesse, et de la nôtre par conséquent, y est restée imprégnée. Un vrai bonheur. Ah si elle pouvait parler!

Bara gratte, peint, s'extasie sur la beauté de l'objet. Et l'extase, c'est tout un art. C'est d'ailleurs celui qui est probablement le plus dur à maîtriser. Ça prend un certain temps de réflexion, une pose, de nouveau de la réflexion; et l'apothéose, c'est le partage de toutes ces émotions avec les enfants, amis etc... et si tout ce beau monde est absent, le partage se fait avec soi-même.
De toute beauté!

Je ne vous ai pas encore parlé du moteur. C'est tout simplement parce qu'il y a trop longtemps qu'il est monté dans l'auto, grâce à la chèvre de Monsieur Vincent . J'ai d'ailleurs appris ce qu'était une chèvre, car moi vous savez, à part la chèvre de Monsieur Seguin.....J'ai droit périodiquement à la levée du rideau (en fait c'est un vieux drap brodé par ma belle-mère !) Bara me fait admirer le moteur, d'un beau noir brillant, précédé du ventilateur jaune poussin... non jaune tournesol, comme la guêpe de la cabane à sucre. Même l'anneau de la jauge à huile est jaune. Un ensemble parfait.
Alors de concert, on pratique l'art ... (pour ceux qui auraient oublié) de l'extase.

Une partie du filage a été refaite. La suite a été remise sine die. Est-ce par fatigue? peut-être trouvera-t-on une explication à ce brusque arrêt de travail en position verticale: Bara se couche maintenant sous la 203. Il me dit que c'est pour poser les lignes à frein et à essence. Qu'en pensez-vous? moi, en temps que sa petite femme crédule, j'y crois.
En ce moment, il me semble qu'il nettoie des pièces du pédalier.
J'entends la brosse métallique sur le touret. Voyez que ça avance, on est déjà rendus à l'avant de l'auto.

A vous dire franchement, je pense que le plus gros de l'ouvrage, c'est le grattage et la lecture du manuel du parfait petit mécanicien-remonteur-bricoleur modèle 1955.
Ah! non, j'oubliais, la recherche ( peut-on dire qu'elle soit scientifique ? ) occupe une place primordiale dans le remontage de cette 203. Elle serait plutôt une recherche d'amnésique. On a beaucoup de petites boîtes, de petits bacs, de grands bacs, de grandes boîtes, des pièces qu'on cherche qu'on ne trouve pas, certaines qu'on trouve qu'on ne cherchait pas.. J'ai même le souvenir d'un écrou de bielle que l'on a cherché pendant des mois, pour finalement le retrouver dans un tiroir, sous du papier sablé. Enfin ...
On fait du rangement et dérangement périodique.
Y a pas à dire, refaire une voiture ancienne s'apparente à de l'archéologie.

Moi je trouve ça beau un homme devant ses morceaux de voiture. Ça me rappelle les petits enfants à Noël, devant les vitrines de magasins de jouets. Plus ça change, plus c'est pareil. Vous reconnaissez-vous? Mais là je digresse. Mon but était de rassurer les sceptiques, sans les confondre. Je voulais juste faire le point après 10ans d'efforts continus. Et il n'y a pas de doute, il y aurait encore plein de choses à dire!

A dans quelque temps pour la suite et peut-être la fin de cette épopée que j'ai grande joie à partager avec vous. Que personne ne retienne son souffle!!!!

Chut, ne dites rien à Bara.

©VEA

 

 


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