JAIME LES VIEILLES
par Eric Lefrançois, tiré dun article
paru dans "La
Presse"
Certains achètent des voitures de collection
pour échapper à l'ennui de parcourir les routes
aux commandes d'une voiture moderne. D'autres s'offrent, 20, 30
ou 40 ans après, l'objet détonnant de leurs rêves
d'adolescents. D'autres enfin bricolent d'improbables bagnoles
pour conserver le souvenir de l'odeur de l'huile et le son du
moteur. Pour moi? Toutes ces réponses sont bonnes: j'aime
les vieilles!
Au risque d'être mal compris, je confesse
que, depuis quelque temps, la voiture moderne ne me fait plus
autant rêver. Ses formes et ses technologies embarquées
me laissent de glace et me lassent. Par chance, il y a les voitures
anciennes. Elles me font de plus en plus vibrer. Et pas seulement
la Ur-Quattro que je restaure
avec soin et une étonnante patience depuis plus de trois
ans maintenant.
La preuve, depuis quelques semaines, je suis de
toutes les enchères sur eBay dans le but d'ajouter à
ma collection une italienne (Alfa Romeo ou Lancia), voire une
anglaise (Lotus) qui me fera oublier que la neige et le froid
sont postés devant la porte de mon garage, transformée
en cette période en véritable caverne d'Ali Baba.
Mon coeur balance, mon portefeuille grimace.
Je vous préviens tout de suite, je ne suis
pas nostalgique ni à la recherche d'une jeunesse enfuie.
Seulement déprimé par le statut de passagers passifs
que nous impose la voiture moderne.
Pour retrouver ses sens, rien de mieux que de prendre
le volant d'une sportive des années 60, 70 ou 80, suffisamment
performante pour s'insérer sans difficulté dans
le trafic actuel et en même temps assez vivante pour procurer
du plaisir (et quelques sueurs froides) aux allures légales
en vigueur aujourd'hui.
Comment expliquer un tel engouement? D'abord, il
faut relever une contradiction : alors que les performances des
voitures modernes ne cessent de s'accroître, l'interdiction
de les exploiter se fait de plus en plus pressante et engendre
des frustrations de plus en plus grandes. Respecter scrupuleusement
les limitations de vitesse au volant d'une voiture actuelle s'apparente
davantage à un mauvais plan sadomasochiste qu'à
un exercice de maîtrise de soi. Non seulement parce qu'on
utilise qu'une fraction du potentiel disponible, mais en raison
du caractère de plus en plus aseptisé des voitures
modernes.
Côté pratique
Naturellement, d'un point de vue strictement pratique, ces dernières
s'adaptent de mieux en mieux aux conditions de circulation contemporaine
et répondent aux attentes de la majorité des automobilistes
en matière de confort, de facilité de conduite ou
de sécurité. Et comprenons-nous bien, il serait
absurde de s'opposer par principe à l'innovation et au
progrès. Mais voyager dans une bulle insonorisée,
isolé de la mécanique et de la route par une multitude
de systèmes d'assistance qui gomment la perception de la
vitesse, ne pousse pas à perfectionner sa conduite. Cela
risque au contraire de provoquer des erreurs de jugement et un
manque de vigilance.
C'est sans doute de cette prémisse qu'est née ma
fascination - encore bien jeune, je le reconnais - pour les voitures
plus âgées. Pour le plaisir de les conduire, mais
aussi celui de les restaurer. D'accord, restaurer, sans bricoler
soi-même est un exercice dispendieux. Je peux en témoigner.
Une restauration, c'est parfois payer deux fois le prix de la
voiture. Financièrement, cela n'a pas beaucoup de sens
et c'est pourquoi certains «sages» recommandent de
consacrer plutôt temps et économies à un produit
élitiste.
La logique? Le prix de revente élevé
d'une «perle rare» permet d'amortir le coût
des travaux, contrairement à une AMC Pacer, par exemple,
qui, elle, ne se revendra jamais très cher.
Mais cette logique correspond davantage à
celle d'un marchand qui compulse frénétiquement
les catalogues de ventes aux enchères de Christie's ou
de Barrett-Jackson qu'à celle du passionné qui fouille
les fonds de garage et les granges en quête du «trésor»
avant que celui-ci ne soit expédié à la ferraille
ou passe de longues heures à rechercher ce boulon, ce manuel
ou encore cette photo qui lui permettra de restaurer l'objet de
sa passion dans le moindre de détails.
Pour le passionné, la valeur sentimentale d'une voiture
qui, parfois, est dans la famille depuis longtemps, prime tout
le reste. Une forme de patrimoine familial, si vous voulez. Dans
cette perspective, partagée par plusieurs passionnés,
on est heureux de refaire toute belle une voiture qui raconte
une histoire, notre histoire, et qu'il nous sera possible par
la suite de transmettre aux générations suivantes...
À Noël, par exemple.
AUDI Ur Quattro
L'Audi Quattro est présentée officiellement
au public au salon de Genève 1980 . On appelle l'Audi Quattro
première du nom "Ur-Quattro", "ur"
préfixe signifiant "premier ou original" en allemand.
CARACTERISTIQUES
Moteur: 5 cyl. en ligne, turbo KKK
Cylindrée: 2144 cm3
Puissance: 200ch DIN à 5500 tr/min
Couple maxi: 29,1 mkg à 3500 tr/min
Transmission: 4x4 (50/50), boîte à 5 rapports,
différentiel central + AR
Pneumatiques Av/Ar: 205/60 VR 15
Freins Av/Ar: Disques ventilés, ABS Bosch
PERFORMANCES
Vitesse maxi : 222 Km/h |
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