BENTLEY (Grande Bretagne) 1920 à aujourd'hui



W. O. Bentley était déjà très connu comme importateur de la voiture D.F.P. , comme un pionnier des pistons en aluminium et comme l'inventeur d'un moteur rotatif pour avions, lequel fut utilisé avec succès, lorsque sa première voiture, de 3 l, apparut au Salon de Londres en 1919.

Ce modèle qui restera toujours le type de la voiture sport des années 20, avait un moteur à course longue (80 x 149 mm) avec arbre à cames en-tête, à 1 cyl. avec culasse non amovible et son allumage se faisait par une double magnéto, sa puissance était, lors de sa création, de 70 ch. Cette voiture était excellente lors des épreuves de fond ; au volant de modèles de 3 l avec des radiateurs plats (dont c'est le seul exemple, mise à part l'automobile "Indianapolis" de la même année), l'équipe Bentley finit seconde, 3ème et 5ème dans le "Tourist Trophy" de 1922 ; c'est grâce encore à ce modèle que la marque obtint ses deux premières victoires à la course du Mans, la première en 1924 avec Duff et Clément comme pilotes, la deuxième en 1927 avec Davis et Benjafield au volant de l' "Old No 7" qui y fut gravement endommagée et entra dans la légende des courses automobiles.

Jusqu'en 1929 furent fabriquées 1 630 voitures de 3 l. En 1924 étaient apparus les freins sur roues avant et également la fameuse "Speed Model" voiture sport à 4 places due à Vanden Plas. Les différentes Bentley sont reconnaissables à la couleur de l'emblème émaillé placé sur le radiateur (le rouge caractérise la 3 l à châssis court, le bleu le châssis long parfois carrossé en limousine, et le vert un modèle particulièrement court dont un petit nombre fut fabriqué et qui pouvait atteindre 160 km/h).

En 1926 Bentley lança sur le marché, mais sans succès, une grande voiture à 6 cyl. de 6,5 l, de lignes semblables aux précédentes. Cependant cette voiture, agrandie, devint en 1929 la "Speed 6" de 180 ch, estimée par beaucoup comme la meilleure des Bentley ancienne formule et grâce à laquelle cette firme gagna ses deux derniers trophées aux courses du Mans avec Barnato et Clément en 1929 et Barnato et Kidston en 1930.

En 1929 la 3 l fut agrandie à 4,5 l toujours à 4 cyl. mais avec un moteur de 100 ch, passé à 130 ch lorsque sa fabrication fut arrêtée. Cette voiture pouvait dépasser les 145 km/h en modèle standard et fut utilisée par Barnato et Rubin lors de leur victoire au Mans en 1928. Une version suralimentée fut présentée en 1930 qui avait une puissance de 182 ch mais elle n'eut pas l'agrément de Bentley lui-même, bien qu'elle fut excellente sur route (tout en consommant beaucoup) et qu'elle eût valu à Sir Henry Birkin une seconde place, inattendue, dans la "formule libre" du Grand Prix de France de 1930.

Les finances de Bentley étaient toujours précaires et même l'aide de Woolf Barnato en 1927 eut un effet de courte durée, la société sombrait et en 1931, Bentley sortit une 6 cyl. de 8 l et 220 ch, avec un arbre à cames en-tête et un empattement de 3,66 m, ou de 3,96 m, cent seulement de ces voitures furent fabriquées et cinquante autres de 4 l avec soupapes en tête .

Napier tenta sans succès d'acquérir la société, battu par Rolls-Royce qui présenta sa propre version de la Bentley à Olympie en 1933. Cette voiture avait subi de grandes transformations, ressemblant alors à la Derby "20-25" de la même année. C'était une 3,7 l avec des soupapes en-tête. La boîte était à 4 vitesses synchronisées, les servo-freins étaient ceux des Rolls-Royce, carrossée en conduite intérieure elle coûtait fort cher. Dans cette version elle pouvait atteindre la vitesse de 145 km/h justifiant ainsi le slogan "la silencieuse voiture de sport". Ce n'était évidemment pas une voiture de course, cependant elle gagna pendant 3 années consécutives la 2ème place au "Tourist Trophy", en 1934, 1935 et 1936 avec E. R. Hall. En 1936 elle était devenue une 4 1/4 litres, cet accroissement de cylindrée ayant été rendu nécessaire par suite de l'augmentation du poids de la carrosserie, exécutée sur commande. Une boîte de vitesses surmultipliées fut standardisée en 1939, et la MkV de 1940 fut pourvue d'une suspension avant indépendante, mais, conséquence de la guerre, seuls quelques modèles furent fabriqués.

En course le chant du cygne de cette marque fut une 6ème place gagnée au Mans par H.S.F. Hay, en 1949 alors qu'il pilotait une voiture vieille de 10 ans qui avait déjà parcouru 96 500 km. En 1946 la cylindrée était toujours de 4527 cm3, mais la suspension avant indépendante avait été standardisée et Bentley comme Rolls-Royce avait adopté les soupapes en tête, après quelques modifications des modèles. Les prix augmentèrent d'un tiers en 1951 pour la conduite intérieure standard, la lère voiture produite par Rolls-Royce qui eut une carrosserie de série.

Après cette période, les Rolls-Royce et Bentley perdirent leur identité propre bien que, en 1952, parut la "Continental", spécifique à Bentley, qui était un coupé à 2 portes atteignant 200 km/h. Cette même année le changement de vitesse automatique, fourni jusque-là sur demande spéciale, fut standardisé, en 1957 furent introduits la conduite assistée et l'air conditionné et en 1960 la vieille 6 cyl., dont la vie avait été longue, fit place à une 8 cyl. en V, de 6,2 l, avec soupapes en-tête, époque où seule la forme du radiateur distinguait les deux marques.

En 1967 la Bentley standard, Série T, était de construction monocoque avec des freins à disque et un changement de vitesse semblable à celui des Rolls-Royce (une variante améliorée du changement de vitesse "Hydramatic" de General Motors).

1949 Bentley Mk VI Drop Head Coupe Pinin Farina
1950 Bentley Mark VI
1950 Bentley Mark VI
1955 Bentley S1
1990 Bentley Mulsanne S

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