CLEMENT / CLEMENT-BAYARD (France) 1899-1922


La société Adolphe Clément fut une très célèbre firme fondée lors du début de automobile, elle avait déjà fait fortune auparavant dans la production de bicyclettes et de pneus. La première fabrique d'automobiles dans laquelle Adolphe Clément eut des intérêts fut la Gladiator et les premières voitures produites par cette firme eurent pour nom Clément-Gladiator ou Clément tout court.
Après 1903, Adolphe Clément s'étant séparé de la Sté Clément Gladiator, les voitures qu'il construisit dans son usine de Mézières s'appelèrent Clément-Bayard ; les voitures Clément, fabriquées dans l'usine Gladiator, auraient dû changer de nom, comme le demandait Adolphe Clément, il semble toutefois qu'il n'en fut rien. A cette époque, les automobiles Clément et les automobiles Gladiator étaient fabriquées dans la même usine, leur principale différence résidait dans le fait que les Clément avaient un entraînement par arbre, alors que les Gladiator étaient encore pourvues de chaînes. En octobre 1903, Adolphe Clément se sépara de la société Clément-Gladiator et n'autorisa plus l'usage du nom de Clément, ce dont la Sté Gladiator ne semble pas avoir tenu compte, lui-même choisit le nom de Clément-Bayard, d'après le nom du célèbre chevalier Bayard, héros qui avait sauvé la ville de Mézières attaquée en 1521 par le duc de Nassau, ville où précisément il avait installé son usine. Clément avait une grande admiration pour "le chevalier sans peur et sans reproche", à telle enseigne qu'il changea légalement son nom pour celui de Clément-Bayard.

A la même époque, les Clément fabriquées par Gladiator furent importées en Angleterre par E. H. Lancaster et ce jusqu'en 1908, date à laquelle les Clément furent fabriquées à Coventry.

En 1899, furent produits des tricycles et des quadricycles et, en 1900, 2 voitures différentes portèrent le nom de Clément. L'une était une petite voiturette équipée d'un moteur De Dion de 2 1/4 CV monté à l'arrière et entraînant l'essieu arrière. C'est probablement une de ces voitures que pilota Tart lors de la course Paris-Rouen-Paris de 1900 où il arriva 2ème et qui marqua l'entrée de Clément dans les compétitions. L'autre modèle était la Clément-Panhard, conçue par le commandant Krebs de la société Panhard-Levassor (société dont Adolphe Clément était directeur) mais que Panhard ne fabriqua pas. Ce modèle était doté d'un moteur monocylindre incliné, de 3 1/2 CV, de soupapes d'admission automatique et d'un allumage par tube incandescent. Les premières voitures qui furent fabriquées n'avaient pas de marche arrière mais leur caractéristique la plus archaïque était une conduite par pivot central commandant l'essieu avant qui tournait en même temps que la direction. Les carrosseries habituelles étaient découvertes, à 2 ou 3 places. Cette voiture fut fabriquée sous licence en Ecosse, sous la marque Stirling-Panhard ou Clément-Stirling par Stirling, à Edimbourg, qui en carrossa quelques unes en coupés fermés. Durant cette même année 1900, Clément figura sur les annuaires comme fabricant de véhicules électriques, lesquels, vraisemblablement, étaient les voitures Electromotion importées alors de Colombie.

Fin 1901, Clément fabriqua des voiturettes à moteur avant, conçues par Marius Barbarou, elles étaient équipées d'un moteur monocylindre de 7 CV, ou twin de 12 CV, avec un entraînement par arbre. Deux de ces voitures de 12 CV participèrent cette année-là à la course Paris-Berlin. Lors de la course Paris-Vienne, en 1902, Clément engagea le nombre important de 7 voitures 4 cyl. de 20 CV, l'une pilotée par D.M. Weigel, lequel plus tard importa les Clément en Angleterre et qui fut un des fondateurs de la société Clément-Talbot. En 1903, la gamme comprenait des voitures de 9, 12 et 16 CV, les deux dernières étant des 4 cyl. avec soupapes d'admission mécanique. Les voitures de cette nouvelle marque furent vendues en Angleterre par le British Automobile Commercial Syndicate, syndicat patronal financé par l'Earl of Shrewsbury et par Talbot et dirigé par D.M. Weigel. Une usine fut construite à Ladbroke Grove le quartier ouest de Londres, où furent produites les Clément-Talbot, pratiquement semblables aux voitures fabriquées en France.

En 1904, les Clément-Bayard se faisaient en 5 modèles, tous avec commande par arbre une monocylindre de 6 CV, une twin de 7 CV et des 4 cyl. de 14, 20 et 27 CV. Pour les éliminatoires de la coupe Gordon-Bennet de 1904, Clément engagea 2 grandes voitures de 80 et 100 CV. Celles-ci avaient un moteur de 16286 cm3 et une transmission par chaîne. Elles ne furent pas choisies pour représenter la France et, malgré des efforts suivis jusqu'en 1911, Clément ne remporta jamais de réel succès en course. Ses meilleures performances furent une 3ème place en 1906 au Grand Prix (son fils Albert conduisant) et une 4ème place en 1908 ; pilotée par Rigal, cette voiture était équipée d'un bloc-moteur 4 cyl. de 13963 cm3 avec des soupapes en-tête placées en oblique et commandées par un seul arbre à cames en-tête.

En 1907, la gamme des Clément-Bayard allait dune twin de 8 10 CV à une 4 de 50 60 CV, les plus grands modèles pourvus d un entraînement par chaîne. Une nouvelle 10/12 CV, innovation d'avant-garde, était dotée d'un bloc-moteur 4 cyl. et d'un radiateur sur le tablier qui restèrent les caractéristiques des petites Clément-Bayard jusqu'en 1914. L'année 1911 fut la dernière année de fabrication des grandes 35, 45 et 50, 60 CV à transmission par chaîne, après quoi toutes les voitures furent dotées d'un entraînement par arbre et d'un radiateur sur le tablier. En 1911, les 6 cyl. étaient livrables en 3 modèles de 15 et 20CV et en 1912 sortait une nouvelle twin de 7CV.
Suffisamment différenciées de la Talbot anglaise, elles furent importées en Angleterre et vendues à partir de 1911 sur le marché anglais par Clément-Talbot. Au début de la 1ère guerre, 12 modèles étaient fabriqués, allant de la twin de 7 CV à la 6 de 30 CV, un de ces modèles étant équipé d'un moteur Knight 4 cyl. de 20 CV.

En 1915-1916, une nouvelle voiturette 4 cyl. de 8 CV avec un radiateur à l'avant, fut présentée, mais peu purent être fabriquées. Elle réapparut après la guerre et fut produite jusqu'en 1922 ainsi que la 17,9 CV, (12 CV) de 2,6 l. Cette même année l'usine de Levallois-Perret fut cédée à Citroën (celle de Mézières, plus petite, ayant été vendue peu de temps avant). Les voitures d'après guerre ne furent plus vendues en Angleterre par Clément-Talbot mais par la firme Bayard Cars installée à Great Portland Street. Toutefois, en décembre 1923 la cession de Bayard-Cars Ltd à Clément-Talbot Ltd fut annoncée, seul le stock restant fut vendu.

Adolphe Clément-Bayard avait quitté la société en 1914.

©VEA

 

 


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