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DAIMLER (Grande-Bretagne)
1896 à nos jours
Le Daimler Motor Syndicate fut fondé en Angleterre en 1893 par F.R.
Simms pour l'exploitation des brevets de Gottlieb Daimler, mais
ce ne fut qu'en 1896 que fonctionna la fabrique de Coventry, propriété
du groupe H. J. Lawson.
Bien que Daimler lui-même fût directeur de la société, jusqu'en
1898, la firme allemande et la firme anglaise gardèrent leur autonomie.
Durant les 2 premières années, les voitures furent en général importées
et les premières Daimler anglaises, inspirées largement par les
principes des Panhard, furent des 2 cyl. avec soupapes d'admission
commandée, conduite par tube incandescent, boîte à 4 vitesses, entraînement
par chaîne et bandages pleins. En 1899 parurent les premières 4
cyl., de 3 l et 12 CV; leur conduite était par volant et l'Honorable
John Scott-Montagu fut le premier Anglais à participer à une course
sur le continent avec une voiture construite entièrement en Angleterre,
lors de l'épreuve Paris-Ostende de 1899.
Le roi Edouard VII, encore prince de Galles, prit possession de
sa première Daimler en 1900, premier lien de cette société avec
la famille royale, liens qui ne furent relâchés que dans les années
cinquante. La politique adoptée quant à la conception des modèles
devint assez incertaine durant quelques saisons, mais en 1902 étaient
livrables une cylindrée de 1 8 l avec entraînement par chaîne et
des 4 cyl. de 3,4 et 4,5 l pourvues d'un radiateur tubulaire du
style Panhard, et du système démodé d'allumage par tube. En 1904
un radiateur cannelé et un capot en 3 éléments furent introduits
et devaient devenir les caractéristiques des Daimler; en même temps,
la firme sortit de grandes et puissantes 4 cyl. à entraînement par
chaîne, soupapes d'admission commandée et allumage par bobine qui
participèrent à des épreuves telles que celles du Herkomer Trophy.
Au modèle type "35" de 9,25 l, furent ajoutées des versions plus
grandes dépassant les 10,5 l et la publicité de Daimler fut mieux
assurée par ses victoires en courses de vitesse sur le continent
et aux U.S. que par celles remportées en Angleterre. Quelques modèles
furent fabriqués sous licence en Italie, sous le nom de De Luca.
En 1909, totale volte-face avec l'adoption du moteur à double chemise-tiroir
et à transmission surbaissée par vis sans fin de Charles Yale Knight,
les Daimler durant les 23 années suivantes furent maniables, silencieuses
mais peu rapides. Elles gardèrent à peu près la même apparence lorsque
Daimler, contrairement aux autres fabricants de voitures de luxe,
construisit les carrosseries dans ses ateliers. En 1914 la gamme
s'étendait d'une 4 cyl. de 3,3 l, modèle "20" avec une boîte de
vitesses montée sur l'essieu arrière, à une très grande 6 cyl. de
7,4 I, le modèle "45" . Sur les plus grandes voitures, la lumière
et le démarrage électriques furent standardisés.
L'achat de Daimler par B.S.A. en 1910 n'eut aucun effet sur les
voitures si ce n'est que la B.S.A. devint simplement une Daimler
moins coûteuse. Après la lère guerre, les 4 cyl. furent abandonnées
(excepté le modèle "20", fabriqué en 1922 seulement) et les mêmes
voitures classiques et robustes furent offertes en une gamme effrayante
de complexité. En 1923 existait une 6 cyl. de 1,5 l qui devint,
en 1924, le modèle de 35 CV, pourvu de freins sur les roues avant,
comme le furent tous les modèles fin 1925, alors que furent adoptées
les chemises-tiroirs en acier léger et que la puissance fut augmentée.
L'immense et majestueuse Double Six 12 cyl. de 7,1 l, apparut en
1927; elle devint la voiture de la famille royale et fut fabriquée
jusqu'en 1938 avec une cylindrée variable commençant à 3,7l. En
1927 cette marque existait en 23 modèles (sans compter les divers
types de carrosseries) équipés de 5 moteurs différents allant de
1,9 l à 7,1 l, avec 12 longueurs d'empattement, depuis les 2,87
m du modèle "16-55", prévu pour être conduit par le propriétaire
lui-même, jusqu'aux 4,14 m du modèle royal Double Six.
En 1930 Daimler adopta, un des premiers, la boîte de vitesses à
transmission hydraulique avec sélection par colonne, qui fut montée
sur toutes les voitures de 1932 à 1956. La firme acheta la Lanchester
Co en 1931 et les Daimler rétrogradèrent de classe pour devenir
des voitures meilleur marché. En 1933, sous l'influence de Laurence
Pomeroy senior, apparut une 6 cyl. de 1,8 l, le modèle "15" avec
soupapes en-tête, qui fut suivi par une série de 6 cyl., à soupapes
en-tête, et de 8 cyl. en ligne, quelques-unes avec culasse fixe.
Sur les versions de la "15", fut adopté en 1938 une suspension indépendante
avant. En 1939 existaient 3 modèles 6 cyl. et 2 modèles 8 cyl.,
la limousine de 32 CV et de 4,5 l se trouvant au sommet de la gamme.
Après la 2ème guerre mondiale la DB 18 de 2,5 l (dérivée du modèle
"15" réapparut ainsi que 2 limousines avec un pont arrière hypoïde:
une 6 cyl. de 4 l et une 8 cyl. de 5,5 l. Les premières années 1950
furent marquées par un certain flottement dans l'administration
de cette société. A cette période parurent la conduite intérieure
"Conquest" avec un moteur 2,5 l à course réduite, ainsi que la version
"Conquest Century", atteignant 160 km/h, et une 2 places sport.
La société fut réorganisée en 1956. Cette même année le choix fut
donné entre un changement de vitesse automatique et la boîte à transmission
hydraulique. La 6 cyl. de 3,8 l, "Majestic", de 1958, fut pourvue
en série d'un changement de vitesse automatique et de freins à disque;
l'année suivante sortit la voiture sport SP 250, V8 de 2,5 l, conçue
par Turner modèle qui atteignait 193 km/h et rompait, par son aspect,
avec la traditionnelle Daimler. Le changement de vitesse synchronisé
fut standardisé. A ce modèle furent ajoutées, en 1960, 2 V8 de 4,6
l à carrosserie conventionnelle.
Cette même année la société fut acquise par
Jaguar. En 1964 sortit une conduite intérieure de 2,5 l,
équipée du petit moteur V8 Daimler et de la carrosserie MkII de
Jaguar. Celle de 1967 incluait une nouvelle conduite intérieure
"Sovereign" dotée du moteur twin à arbre à cames en-tête de Jaguar.
La gamme a été rénovée en 1969, la V8 250 supprimée et la Sovereign
2,8, réplique de la Jaguar 420 recevait la carrosserie de la XJ
6. En 1968 la Limousine a été la première création de la BMC depuis
les accords entre BMC et Leyland ; il s'agit d'une voiture de grand
luxe équipée d'une 6 cyl. de 4,2 l.
©VEA
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