DE DION-BOUTON (France) 1883-1932



Le Comte de Dion, Georges Bouton et son beau-frère M. Trépardoux, commencèrent à fabriquer des véhicules à vapeur en 1883.

Dix ans plus tard les deux premiers nommés, tout en continuant la production d'autobus à vapeur, introduisirent celle de voitures à essence. Ils construisirent, les premiers au monde, un moteur puissant, eu égard à sa taille, avec un allumage par bobine et un rupteur mécanique. Ils montèrent d'abord ces éléments sur des tricycles à moteur, ensuite sur des quadricycles (non seulement sur leurs propres véhicules mais aussi sur ceux d'autres marques). En 1899 parurent leurs premières voiturettes équipées d'un moteur monocylindre 3 1/2 CV, monté au centre sur un châssis en tubes. Peu après, De Dion les dota de l'essieu De Dion encore célèbre aujourd'hui, d'une boîte à 4 vitesses et d'arbre de transmission à cardans. L'essieu arrière était fixe c'est-à-dire non en rapport avec les arbres de transmission. Comme seul l'essieu était attaché aux ressorts, la transmission arrière n'avait plus à supporter le poids de la voiture et l'arbre pouvait se déplacer avec le châssis, sans l'intermédiaire d'une chaîne de transmission.

Le moteur évolua progressivement jusqu'en 1903, année où sortit une deux cyl. 8 CV. Deux ans plus tard, apparut le modèle De Dion 4 cyl. avec un châssis en acier en U et un radiateur à alvéoles, tandis qu'était continuée la production des voiturettes. Celles-ci étaient extraordinairement populaires (elles furent parmi les premières au monde à susciter l'intérêt des foules) et elles rendirent cette marque célèbre. La firme employait, en 1906, 3000 personnes.

En 1910 la firme présenta une voiture d'un style absolument différent, la V8, une des premières voitures de luxe à être fabriquée en série. Fait un peu surprenant, elle fut engagée en 1913 et en 1914 dans la coupe Targa Florio, finissant 4ème en 1913. En 1911 l'essieu De Dion ne fut plus utilisé et, avant la lère guerre, la voiturette fut abandonnée, la marque perdit ainsi son originalité.

Dès lors elle déclina progressivement, ne vivant plus que sur sa réputation, produisant autobus, taxis, véhicules utilitaires et agricoles et quelques coûteuses voitures en nombre relativement réduit. La production de la V8 fut arrêtée en 1923. Seules subsistèrent: les 4 cyl. à course longue soupapes latérales, faible compression de puissance réduite et pourvues d'une carrosserie démodée. En 1923 sortit une petite familiale plus au goût du jour, la 10 CV de 1800 cm3, d'un rendement normal, dotée de soupapes en-tête à tige-poussoir, de pistons en aluminium et, en option, de freins sur les roues avant.

En 1927 Peugeot et Mercedes-Benz entamèrent des négociations pour l'achat de la firme qui, en fait, fut alors transformée mais sans ingérence allemande. Une 8 en ligne (la 16 CV de 2,5 l à soupapes en-tête) fut en 1930 le chant du cygne de De Dion, la firme se bornait à suivre la mode et ne la créait pas. Les 16 CV et 11 CV furent fabriquées jusqu'en 1932.

©VEA

 

 


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