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DELAGE (France) 1905-1954
Louis Delage qui avait travaillé auparavant chez Turgan-Foy et chez
Peugeot, commença modestement
à produire un classique runabout (voiturette découverte), pourvu
d'un moteur De Dion monocylindre,
6 1/2 CV, d'un entraînement par arbre ; cette voiture fut vendue
en Angleterre sous le nom de Baby Friswell.
Dès 1906 Delage participa aux épreuves, gagnant une 2ème place à
la Coupe des Voiturettes, suivie en 1908 par une victoire indiscutable
avec une monocylindre équipée d'un moteur conçu par Causan. A cette
époque les "touristes" Delage avaient encore un moteur De Dion qui
fut remplacé, plus tard, par un 4 cyl. Ballot de petite cylindrée.
Jusqu'en 1910, les modèles monocylindres 6, 8 et 9 CV figurèrent
sur le catalogue.
En 1909, la "12" de 1,4 l, jolie petite voiture, avait des cylindres
coulés en un bloc, une boîte 3 vitesses et un réservoir à essence
caréné monté sur le tablier ; avec une puissance accrue progressivement,
elle fut fabriquée jusqu'en 1914. En 1910 elle avait été dotée d'un
vilebrequin graissé sous pression et en 1911 parut une version 6
cyl., 2,5 l et 30ch, avec un frein à pied qui, de façon inhabituelle,
commandait les roues arrière. En 1914, cette version fut pourvue
d'une boîte à 4 vitesses et d'un équipement électrique, la version
voiture de ville ayant un empattement de 3,35 m.
Delage continua, avec succès, à participer aux courses, gagnant
en 1909, la Coupe de l'Auto avec une 4 cyl. 3 l, dotée de soupapes
horizontales et d'une boîte 5 vitesses, la dernière étant surmultipliée.
Les mêmes caractéristiques se retrouvaient sur les 6,3 l qui gagnèrent
le Grand Prix du Mans en 1913 et la course des 500 Mile à Indianapolis
en 1914, année où les Delage Grand Prix de 1914 avaient un 4,5 l,
double arbre à cames, et des freins sur les 4 roues (mais pas de
frein à main) .
Durant la lère guerre, Delage produisit des munitions et put cependant
faire les plans d'une 6 cyl. 4,5 l à course longue et à soupapes
latérales (le modèle CO) qui fut fabriquée en 1919 (avec des freins
sur les 4 roues, mais toujours avec une culasse fixe) en même temps
qu'une 4 cyl. de 3 l. En 1921 le modèle CO devint le CO2 de 88ch,
avec des soupapes en-tête, des culasses à 2 bougies et un double
allumage par magnéto.
Dans les années 1920, les Delage devinrent d'excellentes et rapides
voitures de tourisme et de 1922 à 1927 la firme sortit, à grands
frais, de brillantes voitures de course. Les premières furent les
6 cyl. Delage I et II très rapides, puis en 1923 apparut la V12,
10,7 l à soupapes en-tête, au volant de laquelle René Thomas battit
le record du monde de vitesse à Arpajon l'année suivante, atteignant
230 km/h. Cette voiture se distingua longtemps dans de nombreuses
courses en Angleterre.
En 1924 Planchon conçut une V12 de formule GP 2 l, à 4 arbres à
cames en-tête et d'une grande complexité - dans la version de 1925,
avec 2 compresseurs, elle avait une puissance de 190 ch et elle
gagna les Grands Prix de France et d'Espagne. Le modèle de 1926-1927,
également coûteux, conçu par Lory, avait 8 cyl. en ligne, 1,5 l,
double arbre à cames, une boîte à 5 vitesses et des compresseurs
de différents type. A leurs débuts, elles avaient la réputation
de chauffer, mais en 1927 elles devinrent imbattables et remportèrent
5 des plus importants Grands Prix. En 1936 aussi, R. J. B. Seaman
dans la catégorie voiturette, fit une saison triomphale avec l'ancienne
Delage (qui avait 9 ans) au volant de laquelle il parvint à vaincre
E.R.A. et Maserati.
En 1924, et dans les années suivantes, le modèle de tourisme qui
garda la vedette fut la classique DI 4 cyl. 2,1 l, pourvue de soupapes
en-tête, de freins sur les 4 roues, d'un allumage par magnéto (plus
tard par batterie), d'une boîte 4 vitesses et d'un embrayage à un
seul plateau. Quant aux versions sport, avec pistons en aluminium,
elles étaient très rapides. A la même époque, cette société offrit,
pour concurrencer Hispano-Suiza, la grosse 6 l à arbre à cames en-tête,
modèle GL ; caractéristiques inhabituelles, elle avait 2 pompes
à huile, un châssis en X et des servofreins hydrauliques. Elle ne
fut fabriquée que jusqu'en 1927.
La DI fut abandonnée l'année d'après, Delage se spécialisant dans
les 6 cyl. de moindre cylindrée : la DM 3,2 l, à soupapes en-tête,
suivie par la DR à soupapes latérales de 2,2 ou 2 5 l, qui eut moins
de succès. En 1929, au Salon de Paris fut exposée la première des
grosses 8 en ligne, à course longue et à soupapes en-tête, avec
un allumage par batterie, un refroidissement par pompe et par ventilateur
et 4 vitesses. Les différents empattements mesuraient de 3,30 m
à 3,63 m et les carrosseries, peu confortables, étaient toutefois
d'une extrême élégance. En 1931 fut ajoutée la D6 3 l, voiture semblable
mais dotée de 6 cyl. En 1932 fut offerte la super-sport D8 : bien
que sa carrosserie fût souvent trop lourde, elle détint, en classe
internationale, le record des 12 heures, à la vitesse de 180 km/h.
La gamme devint plus compliquée en 1932, avec l'apparition de nouveaux
modèles à course réduite, dont le premier, la D6 11, avait un moteur
6 cyl. 2,1 l, presque carré, la commande de soupapes de la D8, une
suspension avant indépendante transversale, une boîte 3 vitesses
silencieuse et une carrosserie conduite intérieure économique, en
tôle emboutie. En 1934 sortirent une 8 en ligne (la D8 15) de 2,7
l et une 4 cyl. 1,5 l, les grosses D8 étant toujours fabriquées.
En 1935 les Delage furent dotées d'une boîte synchronisée, de freins
hydrauliques, d'un moteur presque carré 6 ou 8 cyl. et d'une suspension
avant indépendante.
Mais Louis Delage fut contraint de céder ses actions à Delahaye
et les Delage devinrent peu à peu des versions Delahaye un peu plus
raffinées, fabriquées toutes deux dans la même usine. Les 4 cyl.
disparurent avec la peu connue D1 12 de 2;2 l, à freins mécaniques,
de 1936. Le projet fut conçu en 1937 de produire des Delage en Angleterre
mais il échoua. Jusqu'à la 2ème guerre la firme offrit la D6 70,
2,7 l et les 8 cyl. D8 100 et D8 120, 4,3 l, toutes avec des freins
hydrauliques, une boîte Cotal
et une suspension avant indépendante. Elle gagna le Tourist Trophy
en 1938 et fut seconde au Mans en 1939, année où les moteurs 6 et
8 cyl. devinrent plus puissants.
Après la guerre apparut une 6 cyl. 3 l, mais peu furent fabriquées
et après que Louveau et Jover aient gagné une 2ème place au Mans
en 1949, cette marque devint à peu près ignorée.
En 1954 Delahaye, comme Delage, fut absorbé par Hotchkiss.
Voir le site du club "Les
Amis de Delage"
Delage D8
1937 Delage D8 12
©VEA
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