DELAHAYE (France) 1894-1954



Cette firme, fondée en 1845, produisit d'abord des machines pour la fabrication des briques, puis des moteurs fixes.

Les premières Delahaye, très semblables aux Benz, avaient un moteur horizontal de faible puissance, monté à l'arrière, et un entraînement par courroie. Le radiateur et le châssis étaient en tubes. En 1896, Archdeacon et Delahaye lui-même furent respectivement classés 4ème et 6 ème à la course Paris-Marseille-Paris, mais la firme ne manifesta pas un grand intérêt pour les compétitions et la dernière à laquelle elle participa fut celle de Paris-Vienne en 1902. Par contre elle porta son effort sur les voitures particulières dont la production débuta en 1898 et gagna en importance dans les années suivantes.

En 1898 furent offertes une monocylindre 1,4 l et des 2 cyl. 4 1/2 et 6 CV ; l'usine de Paris fut mise en activité et Charles Weiffenbach entra dans la société comme ingénieur en chef. En 1899, 600 automobiles furent livrées.

Emile Delahaye se retira en 1901, année où la conduite par volant fut standardisée ; les anciens modèles à transmission par courroie furent fabriqués jusqu'en 1904 ; en 1902 sortit un modèle pourvu d'un moteur vertical à l'avant et d'une transmission par courroie. Le modèle 10 B fut de conception plus avancée : il avait 4 cyl. , une cylindrée de 2,2 l, des soupapes d'admission toujours automatiques mais une ligne semblable à celle de Panhard, une transmission arrière par chaînes latérales et une culasse détachable ; il fut suivi par une plus grosse voiture de 4,4 l, annoncée comme une 28 ch.

En 1904 le modèle 15B twin, de 2,7 l et la grosse 4 cyl. de 4,9 l, furent pourvus. d'une culasse démontable et celle-ci de soupapes d'échappement refroidies par eau. En 1905 furent introduits un moteur en T , un changement de vitesse par levier coulissant et un allumage par magnéto HT alors que la gamme comprenait 2 twin et 3 modèles 4 cyl. dont le plus grand était un 8 l. Le roi d'Espagne acheta en 1906 une de ces grosses Delahaye, pourvue de 2 freins à main et de 2 freins à pied et d'un décompresseur commandé par pédale.

En 1907, Presto commença en Allemagne la fabrication des Delahaye sous licence, une suspension transversale à l'arrière fut adoptée et le petit modèle 2 cyl. fut pourvu d'un entraînement par arbre. Comme les autres marques françaises, Delahaye, suivant les progrès de la technique, adopta en 1908 un bloc-moteur avec soupapes latérales sur le modèle 32, 12/16 CV de 1,9 l, mais jusqu'en 1911 la transmission par chaîne fut maintenue. En 1909, une nouvelle plus petite 4 cyl. 1,2 l et le nouveau bloc-moteur devinrent les éléments de base des premières voitures à essence fabriquées par White, en Amérique, les 20/30 CV.

L'année 1911 vit le début intéressant du modèle 44, 3,2 l équipé d'un bloc-moteur V6 et d'une boîte 4 vitesses, il fut fabriqué jusqu'en 1914. Le changement de vitesse électrique Parry Thomas fut essayé sur une 4 cyl. A part quelques détails ingénieux, tel que le graissage sous pression des supports de ressorts, les autres modèles de 1914 furent des voitures classiques, à bloc-moteur 4 cyl, avec des roues démontables et un éclairage électrique. Ils avaient une cylindrée de 1,6, 2,3 , 2,6, 3, 4 et 5,7 l et une boîte 4 vitesses, sauf le plus petit.

Après la lère guerre et pendant 14 ans, la firme ne produisit plus que de lourdes et inintéressantes voitures, de bon fonctionnement, avec un équipement entièrement électrique, des radiateurs en coupe-vent, et, au début, une commande de frein par pédale. La gamme comprenait des 4 cyl. à soupapes latérales de 2,6 et 3 l et une 6 de 4,1 l (modèle 82) dotée de façon inhabituelle à la fois d'une culasse et de bouchons de valve détachables et, en 1921, de freins avant. En 1925, tous les modèles Delahaye furent ainsi équipés mais entre temps la gamme, assez morne, était devenue plus compliquée, incluant une 1,8 l en 2 versions, à soupapes latérales ou en-tête, et 2 plus grosses 4 cyl., à soupapes d'admission montées au-dessus des soupapes d'échappement, la 2,4 l 15/35 CV et la 2,9 l 18/40 CV . Leurs caractéristiques générales étaient : une boîte à 4 vitesses, un refroidissement par pompe et des roues en bois.

En 1927, Delahaye forma un consortium avec Chenard et Walcker, Donnet et, pour peu de temps, Unic, dans le but de rationaliser la production ; aussi il devint difficile de distinguer une 6 cyl. Delahaye d'une 6 cyl. Chenard et Walcker, si ce n'est que celle-là avait des soupapes en-tête alors que celle-ci avait des soupapes d'admission au-dessus des soupapes d'échappement. Ces 6 cyl. apparurent en 1928, les Delahaye en 2,5 et 2,9 l, avec un allumage par magnéto jusqu'en 1929, et par batterie ensuite. 1929 fut aussi la dernière année où fut utilisé le radiateur en V, qui fut remplacé par le radiateur à ailettes de type américain. En 1930 furent lancés 2 modèles 4 cyl., le plus petit étant le modèle 109 de 1,5 avec un moteur 4 cyl. en ligne, monté à l'avant et des soupapes latérales, qui fut produit jusqu'en 1932.

Une plus grosse 6 cyl., modèle 126, fut le point de départ d'une évolution d'un plus grand intérêt et en 1934 sortirent la 4 cyl. Super 12, 2150 cm3 et la 18 CV Superlux, 6 cyl. à soupapes en-tête, livrable avec une boîte synchronisée ou avec une boîte Wilson, ces deux voitures étaient dotées d'une suspension avant indépendante.

En 1935, Delage, en déclin, fut acheté par Delahaye et ces deux sociétés fabriquèrent en 1936 le moteur 4 cyl. , 2,2 l, à soupapes en-tête, qu'elles livrèrent à Amilcar pour son modèle Pégase. Fait plus important, elles présentèrent deux 6 cyl. sport extrêmement plaisantes, équipées d'un moteur à tiges-poussoirs et à soupapes en-tête, d'une suspension avant indépendante, de freins Bendix et d'une boîte Cotal ou d'une boîte synchronisée ; la 3,2 l, Coupe des Alpes, avait 110 ch et la 3,5 l, modèle 135, 120ch. En voitures de série, toutes deux atteignaient 160 km/h et les modèles 135 arrivèrent 2ème, 3ème, 4ème et 5ème au Grand Prix français des voitures sport de 1936, gagnèrent le Rallye de Monte-Carlo en 1937 et 1939 et furent victorieux au Mans en 1938. Un modèle 135 gagna aussi à Brookland, en 1939, la course controversée "Fastest Sports Car Race", ayant pour rivale une Alfa-Romeo de 2,9 l.

Le modèle 148 fut une version à plus long empattement du modèle 135 et en 1937, Jean-François conçut le modèle 145 qui avait un moteur V12, 4,5 l, à course réduite, des soupapes en-tête, une boîte de vitesse Cotal et un essieu arrière De Dion ; sa puissance était de 238 ch et la 2 places atteignait la vitesse de 265 km/h.

Delahaye consentit de gros efforts pour le succès de cette voiture pendant la saison 1938 ; elle réussit à vaincre à Pau la Mercedes-Benz et à terminer 4ème au Mille Miglia, un très remarquable doublé. Elle fut cependant surclassée et le fut davantage encore en 1939, malgré la sortie d'une version monoplace. Quelques V12, très "fignolées", équipées d'un essieu arrière classique, de freins hydrauliques et d'une carrosserie roadster assez étrange, furent vendues en 1939, tandis que la 135 restait sur sa lancée. Pendant la 2ème guerre, Delahaye se joignit au G.F.A. (Groupe Français de l'Automobile), organisme de vente du baron Petiet, et ces initiales furent placées sur les emblèmes de radiateur de toutes les voitures d'après-guerre, même après que ce groupe eût disparu en 1952.

En 1946, les 4 cyl. 134 et 135 furent fabriquées à nouveau, la dernière pendant peu de temps. La puissance des voitures sport était alors de 130 ch et des grilles de radiateur plus basses et plus ornées apparurent. En 1948 sortirent les séries du modèle 175, 4,5 l, avec des freins hydrauliques ; leur puissance était de 185 ch, mais elles n'eurent pas de succès et furent abandonnées en 1951.

A cette époque les charges d'ordre fiscal devinrent une source de difficultés pour tous les fabricants français de voitures de qualité et les ventes conjuguées de Delahaye et de Delage tombèrent de 483 unités en 1950 à 77 unités en 1951, année où Delahaye gagna le Rallye de Monte-Carlo pour la seconde et dernière fois. En 1951 aussi les dernières nouvelles voitures furent présentées: une Jeep 4 x 4, avec suspension indépendante avant et arrière, et le modèle 235, 3,5 l, avec une carrosserie aérodynamique, une puissance de 152 ch et des freins restés mécaniques.

La marque fut exposée encore au Salon de 1953, mais l'année suivante Delahaye s'associa à Hotchkiss et ne fabriqua plus que des camions. Après 1956, même ceux-ci portèrent la marque de Hotchkiss.

1936 Delahaye 135 M Roadster Figoni

©VEA

 

 


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