ISOTTA-FRASCHINI (Italie) 1899-1949



Cesare Isotta et Vincenzo Fraschini furent d'abord les agents de vente de la voiturette française Renault qu'ils assemblèrent en Italie ensuite.

Les carrosseries, puis des éléments mécaniques de plus en plus nombreux furent fabriqués en Italie. La première voiture qui rendit célèbre Isotta-Fraschini apparut en 1902: une 4 cyl., 24 CV, coûteuse et puissante.

En 1905 fut achevée une grande nouvelle usine rendue nécessaire vu l'expansion de la firme à laquelle vint s'associer le brillant ingénieur Giustino Cattaneo. Deux ans plus tard, la société française Lorraine-Dietrich acquit le contrôle d'Isotta-Fraschini. La production de grosses voitures de tourisme classiques 4 cyl. fut poursuivie mais en 1905 parut une voiture de course 120 CV avec un seul arbre à cames en-tête, suivie en 1907 par une autre à commande directe des soupapes sans l'intermédiaire de culbuteurs. La 120 CV fut un échec mais le second modèle devint célèbre en Amérique par ses victoires en course.

L'année 1907 vit l'introduction d'un troisième modèle plus petit à un seul arbre à cames en-tête avec un moteur 4 cyl. coulés en un bloc, 1,4 l, ce fut la 10 CV, fabriquée en petit nombre. De ces 3 modèles de conception très moderne les 2 derniers, en tout cas, furent inspirés par Lorraine-Dietrich et eurent des caractéristiques dues à l'influence d'Ettore Bugatti qui avait travaillé pour cette firme. Les classiques Isotta n'étaient toutefois pas atteintes de langueur: le modèle 40 CV avait gagné la Coupe Florio de 1907 et la Targa Florio de 1908.

En 1909, vu les succès obtenus en course, les 3/4 de la production furent exportés principalement en Amérique. En 1909, grâce à leur inventeur Oreste Fraschini, des freins efficaces sur les roues avant furent montés sur les "touristes". L'association avec Lorraine-Dietrich prit fin en 1911 bien que parut un autre modèle à arbre à cames en-tête, conçu par Cattaneo, mais trahissant l'influence de Bugatti : le modèle KM avec 4 soupapes par cyl. et un moteur d'environ 140 ch à 1800 tr/mn. En 1912 il fut suivi par le modèle TM, plus petit pourvu d'un moteur monobloc. Ces deux modèles furent fabriqués en série. En 1913 la gamme comprenait aussi 13 autres modèles à soupapes latérales.

Par contre, après la lère guerre, un seul modèle fut offert, le Tipo 8. C'était une voiture de luxe destinée au florissant marché américain, gros acheteur d'Isotta depuis de longues années. Ce fut, en 1919, la première voiture de série du monde dotée de 8 cyl. en ligne. Elle avait 6 l de cylindrée et des soupapes en-tête. Elle était moderne car construite principalement en alliage léger, dotée d'un moteur d'une puissance de 80 ch à 2200 tr/mn.

Avec cette Tipo 8 la firme se défendait énergiquement d'avoir voulu construire une voiture de sport mais son accélération, sa tenue de route et ses freins étaient, pour l'époque, excellents, compte tenu aussi de la catégorie de cette voiture. Généralement elle avait une carrosserie classique fermée, construite par Sala ou Castagna. Sa vitesse de pointe était d'environ 129 km/h. La Tipo 8A la remplaça en 1924 et fut équipé d'un moteur plus gros, 7372cm3, de 120 ch à 2400 tr/mn mais ce modèle étant plus lourd il ne fut pas plus rapide. Il fallut attendre l'année 1926 et la 8ASS (Super Spinto), plus courte, plus léger tout en restant robuste comme la Tipo 8A, pour qu'une vitesse de 161 km/h fût garantie. Elle fut fabriqué jusqu'en 1931 et abandonnée alors pour la Tipo 8B, de même conception, mais équipée d'un moteur 150 ch à 3000 tr/mn et d'un châssis renforcé, plus rigide. Plus tard, elle fut livrable avec en option, une boîte synchronisée ou à présélection, système Wilson, et 4 vitesses. Cependant, 30 Tipo HB seulement furent construites.

La crise mondiale avait supprimé le marché américain et la société, pendant plusieurs années, concentra presque tous ses efforts à la production de moteurs d'avions et de bateaux pour lesquels elle était déjà célèbre, ainsi qu'à celle de véhicules utilitaires.

Le dernier exploit de cette firme fut la sortie, en 1947, de la 8C Monterosa, semblable à l'ancienne Tipo 8 par son moteur moderne 8 cyl., destinée principalement au marché américain, mais différente du fait de sa très originale conception. Le moteur V8 de 3,4 l à un seul arbre à cames en-tête, était monté à l'arrière d'un châssis-caisson rigide et profond, comprenait une boîte 5 vitesses synchronisées. Ce modèle avait une suspension indépendante à l'avant et semi-indépendante à l'arrière, avec des ressorts en caoutchouc et des amortisseurs hydrauliques. Les freins étaient hydrauliques. Sur un catalogue très ambitieux était proposée une grande variété de carrosseries mais en fait seules 20 Monterosa furent fabriquées et aucune ne fut vendue semble-t-il.

La société disparut en 1949 mais ses moteurs marins sont toujours produits par une autre entreprise.

©VEA

 

 


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