LANCIA (Italie) 1906 à aujourd'hui



Vincenzo Lancia, fils d'un riche fabricant de soupes, était en apprentissage chez Ceirano en 1898, puis en 1900 devint inspecteur en Chef chez F.I.A.T. quand cette firme prit la succession de l'affaire Ceirano.

En Juillet 1900, il prit part à sa première course à Padoue. Ensuite, il fit partie de l'équipe F.I.A.T. jusqu'en 1908, il mena la course à la Coupe Gordon Bennett en 1905 et finit 2ème à la Coupe Vanderbilt et à la course Targa Florio en 1907 ; mais en 1906 il créa une Société à son nom. Le feu se déclara à l'usine en Février 1907 et arrêta momentanément la fabrication des premières Lancia, mais au cours de l'année l'Alfa (des lettres grecques furent utilisées jusqu'en 1929 pour désigner les modèles) parut: c'était une 4 cyl. 2,5 l à transmission par arbre, à soupapes latérales en L, boîte 4 vitesses et suspension arrière trois-quarts elliptique.

En 1908, parut la Di-Alfa, 6 cyl., 3,8 l, Lancia n'en fabriqua que 23 à l'époque et six de plus 42 ans plus tard. Il est assez surprenant de constater qu'il ne faisait pas participer ses voitures à des courses, pourtant la Lancia d'Hilliard gagna la Course de Savannah, en Amérique, en 1908 et en 1910 Billy Knipper gagna le Trophée Tiedeman sur le même circuit. Ceci aboutit à la présentation en Amérique en 1911 d'une imitation de Lancia : la S.G.V., qui fut patronnée par C.V. Tangeman, l'ancien concessionnaire F. I. A. T. à New-York.

En 1909, des Lancia à moteur monobloc furent lancées, en même temps que la Beta 3,1 l, alors que la Gamma de 1910 avait une cylindrée de 3,5 l et la Delta de 1911 de 4,1 l. Il y eut aussi un modèle de 2,6 l, 15 CV à boîte 4 vitesses montée sur l'essieu arrière.

En 1913, parut l'Eta 4,2 l avec éclairage électrique. En 1914 parut la Theta 4,9 l, équipée entièrement à l'électricité (première installation, dit-on, standardisée, faite par un fabricant européen): elle avait cinq pédales dont celle du démarreur et celle de l'interrupteur électrique, mais autrement cette voiture était fabriquée selon l'usage Lancia avec 4 vitesses avant et un embrayage à disques non lubrifiés.

A partir de 1911, les voitures furent munies d'un volant à 4 rayons et aussi de la lance emblème symbolique, conçu par le Comte Carlo Biscaretti di Ruffia. Pendant la première guerre, des dérivés de Theta rendirent service aux Alliés.

La Kappa parut après la guerre, ce fut une version améliorée, de 90ch, de la Theta à culasse rapportée. Une voiture 12 cyl., 6 l, à arbre à came en tête, présentée aux salons de 1919 et dont la fabrication se révéla peu rentable, donna cependant une idée de ce que serait les futures voitures de la firme. L'emploi d'un moteur en V, à angle 22 degrés, très étroit, rendit possible un moulage monobloc.

La Kappa fut remplacée par la Dikappa à soupapes en tête et par la Trikappa, au châssis classique, dotée d'un V8 de 4,6 l, à arbre à cames en tête, et en 1921 la Lambda révolutionnaire de Vincenzo Lancia fut prête pour les essais, exposée en 1922, et fabriquée en série dès 1923. Elle fut équipée aussi d'un moteur en V, à angle très étroit et arbre à came en tête (mais cette fois-ci avec uniquement 4 cyl.). Un châssis-coque fut utilisé pour une carrosserie standard Torpédo, livrable avec toit amovible. Ces voitures avaient une suspension avant indépendante, à ressorts hélicoïdaux et verticaux, qu'on retrouva sur toutes les Lancia jusqu'en 1956 et équipa toute la gamme jusqu'en 1963.

Ces voitures furent aussi équipées de blocs en alliage, refroidissement par air, lubrification sous pression et freins sur quatre roues. En 1931, la firme en vendit 13.000, réparties en neuf séries. Les voitures de la septième série en 1926 eurent une cylindrée de 2,4 l, celles de la huitième en 1928-1929 2,6 l et 69 ch, des boîtes 4 vitesses équipèrent la 5ème série en 1925. Les voitures de la 7ème série eurent, au choix, un châssis indépendant qui équipa toute la 8ème et la 9ème séries, cette dernière eut un allumage par bobine.

Par la suite, les Lancia sans châssis furent livrables, en option, avec un châssis indépendant. La Lambda, qui ne fut jamais destinée à être une voiture de sport, fut considérée comme telle sur les marchés d'exportation en raison de sa grande maniabilité et plus tard les voitures "longues" firent d'excellents taxis.

A partir de 1929. Lancia lança sur le marché une série de voitures à arbres à cames en tête, à châssis indépendant et transmission secondaire hypoïde. La première fut la Dilambda, équipée d'un moteur V8, à angle étroit, à arbre à cames en tête, au châssis soudé à l'électricité, à graissage central du châssis centralisé l'alimentation en carburant se faisant par double pompes électriques, ( et plus tard) elle fut dotée de servofreins. Lancia en fabriqua près de 1700 jusqu'en 1932. Une carrosserie tout à fait conventionnelle était livrable avec un empattement de 3,50 m ainsi qu'une conduite intérieure.

Pour remplacer la Lambda, deux versions parurent en 1931: la modeste Artena, 1,9 l, 54 ch et l'Astura une petite V8, 2,6 l de 73 ch, qui devint une 3 l en 1934, avec servofreins. Ces derniers furent remplacés par des freins hydrauliques, de plus, Lancia se procurait de très élégantes carrosseries et devenait le transporteur attitré des dignitaires de l'Italie de Mussolini. Fin 1932, la petite Augusta annonçait le retour à la fabrication en châssis-coque, équipée de l'habituel V4, à arbre à cames en tête, et pont arrière hypoïde, mais les freins hydrauliques étaient classiques et sa tenue de route compensait une vitesse maximum de 105 km/h et une apparence banale.

Vincenzo Lancia mourut en 1937, année où parut sa dernière création: l'Aprilia de 1352 cm3, version améliorée de la formule Augusta, avec une suspension arrière à barre de torsion indépendante, une carrosserie conduite intérieure bien carénée, légère (814 kg). Cette voiture ne fut pas pourvue d'une boîte synchronisée, mais avait une vitesse maximum de plus de 130 km/h, elle devint l'exemple type de la petite voiture européenne. En 1939, sa cylindrée fut portée à 1,5 l.

La dernière Aprilla fut fabriquée en 1949. L'Ardea, 903 cm3, de 29 ch sortit peu de temps avant la deuxième guerre, version miniature de l'Aprilia, à suspension arrière semi-elliptique. Dix ans plus tard, elle fut équipée d'une boîte 5 vitesses.

La première Lancia vraiment inédite depuis la mort de Vincenzo Lancia sortit en 1950. L'Aurelia, œuvre de Vittorio Jano (ayant travaillé chez Alfa-Roméo) et de Gianni Lancia, gardait la carrosserie, la suspension et l'apparence des premières Lancia, mais le moteur à arbre à cames en tête fit place à un V6 culbuté, 1754 cm3, de 56ch, et les trois plus grandes démultiplications de la boîte de vitesses du pont arrière furent synchronisées. Les voitures de 1951 furent livrables avec un moteur de 2 l et 70 ch, la même année sortirent les premières versions du "Coupé Grand Tourisme" à châssis court et moteur 2 l de 80 ch.

Cette voiture remporta la 2ème place à la course des Mille Miglia et gagna dans sa catégorie au Mans. En 1953, elle obtint une 3ème place aux Mille Miglia et ensuite les trois premières places à la Targa Florio. Plus tard, des Aurelia gagnèrent des Rallyes, parmi lesquels le Liège-Rome-Liège (1953), le Monte-Carlo (1954) et l'Acropolis en 1958.

En 1953, des versions "tourisme" furent livrables, dotées de moteurs de 90 ch, il y eut aussi une conduite intérieure à sept places, la B 15, avec un empattement de 3,28 m, sans parler de la Grand Tourisme 2,5 l, de 118 ch, qui à la fin de l'année, fut pourvue d'un pont arrière De Dion. Tous les coupés jusqu'en 1959, date à laquelle cessa la production, furent équipés d'un levier de changement de vitesses sur la colonne de direction, les "Spider" furent les seuls à avoir un levier au plancher.

En 1953, l'Appia de 1100 cm3, une Aurelia en miniature avec un moteur de 38 ch, remplaça l'Ardea. Son bloc cylindre n'avait que 24,5 cm de long, un vilebrequin à 2 paliers avec un moteur 4 cyl., était peu courant à l'époque. L'Appia faisait plus de 121 km/h, mais elle ne pouvait pas concurrencer la nouvelle F.I.A.T. 1100-103, qui coûtait moins cher. Lancia, encouragé par le succès des Aurelia Grand Tourisme, fabriqua des voitures de course à arbres à cames en tête qui aboutirent à la D 24 de 3,3 l.

Les résultats furent encourageants, un échec au Mans fut compensé par une 3ème place à la Targa Florio et les trois premières places à la Carrera Panamericana (1953), ainsi que des victoires en 1954 à la Targa Florio et aux Mille Miglia. Les D 50 de 2,5 l, conçues par Jano pour la Formule 1, furent moins heureuses. Ces voitures furent pourvues de V8 à 4 arbres à cames en tête, suspension avant indépendante à double leviers triangulés et une boîte 5 vitesses monté à côté du différentiel: en 1955, ce modèle remporta une 2ème place à Pau et quand Alberto Ascari fut tué, Ferrari prit l'affaire en mains.

A partir de ce moment là aussi la société ne fut plus dirigée par la famille Lancia. L'Aurélia se vendit bien, mais Lancia n'était plus en concurrence avec Fiat ou Alfa-Roméo dont l'usine était subventionnée par l'état ; en 1958, les ventes de Lancia s'élevaient à 8.794, celles de Fiat à 169.532.

En 1956, parut la révolutionnaire Flaminia équipée d'un V6, de 2,5 l à boîte de vitesses sur le pont arrière hypoïde, elle comprenait en outre un châssis-coque révisé et une suspension avant indépendante à levier triangulé et ressort hélicoïdal. Sa carrosserie "conduite intérieure", à 6 phares, ressemblait à celle de la Florida, qui à son tour, ressemblait à l'Aurélia. Pininfarina exposa la Florida à Turin en 1955. Les moteurs standard étaient de 98 ch mais dès 1958 des versions "grand tourisme" de 125 ch , à châssis-court parurent et des freins à disque équipèrent toutes les Flaminia. En 1964, les coupés sport 3 C eurent leur cylindrée portée à 2,8 l.

La Flavia de 1961, fut encore plus révolutionnaire, elle fut l'œuvre du Dr. Fessia, qui conçut la Fiat Topolino d'avant-guerre et la C.E.M.S.A. Caproni, à qui il emprunta pour équiper la Flavia l'agencement de la traction avant et un moteur 4 cyl. horizontal à soupapes en tête. Cette voiture se caractérisait encore par des freins à disques, une boîte 4 vitesses synchronisée et une suspension arrière semi-elliptique. Un modèle "coupé Grand Tourisme" de 92 ch fut livrable en 1962. Nardi offrait déjà des versions de 1700 cm3 et en 1963, Lancia offrait, au choix, un moteur de 1,8 l.

En 1964, l'Appia à la réputation établie depuis longtemps, fit place à la Fulvia, qui avait beaucoup de points communs avec la Flavia, en dépit d'un retour à un V4 de 1100 cm3. Des versions de sport engendraient 71 ch et la Fulvia Grand Tourisme atteignait 171 km/h.

voir un article sur la Lancia Stratos

Les Lancia du club:

1957 Lancia Aurelia
1957 Lancia Aurelia
1970 Lancia Fulvia Rallye S
1976 Lancia Beta Monte-Carlo (Scorpion)
1982 Lancia Zagato
1982 Lancia Zagato

©VEA

 

 


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