LEON-BOLLÉE / MORRIS-LEON BOLLÉE (France) 1895-1933


Léon Bollée était le fils d’Amédée Bollée père qui fut le plus important pionnier de voitures à vapeur en France. Toutefois, Léon fut le premier à préférer les très petites voitures à essence, aussi dut-il inventer un nom pour sa Léon Bollée de 1895 qu’il appela une voiturette. C’était un tandem deux places, à 3 roues, qui était plus rapide sur route que n’importe quel autre véhicule à essence grâce à un puissant moteur 3 CV et à sa légèreté, mais le moteur n’était pas sûr. C’était un monocyl. refroidi par air de 650 cm3, avec un allumage à tube incandescent. La voiture avait 3 vitesses avant et une transmission secondaire par courroie. Le châssis était tubulaire. En 1899, Bollée remplaça ce tandem par une 4 roues, à suspension avant indépendante à ressorts transversaux, dotée d’un moteur monocyl. refroidi par eau. Ce tandem, contrairement à la voiturette, n’eut aucun succès. Darracq acheta les droits de reproductions, et vers 1901 le nom Léon Bollée disparut. Mais le mot Voiturette avait fait du chemin et désignait désormais une petite voiture légère.

En 1903, la Léon Bollée reparut. C’était alors une voiture de taille normale, haut de gamme, qui avait été financée par Vanderbilt et conçue pour le marché américain. D'abord fabriquée en deux versions, une de 28 CV (4,6 l), l'autre de 45 CV (8 l) avec 4 cyl. et transmission par chaîne, puis en 1907 parut une 6 cyl., 11,9 l ainsi que la première voiture à transmission par arbre. A partir de 1909 il y eut aussi une 4 cyl. plus moderne de 10/14 CV. La série de 1910 comprit 9 modèles, dont deux de plus de 10 l. Les voitures furent équipées de l’éclairage électrique à partir de 1913 mais après la première guerre la Léon Bollée devint de plus en plus démodée, malgré l’addition de soupapes en tête en 1922 et du freinage sur les roues avant en 1923. Fin 1924, Sir William Morris acheta l’usine du Mans. Il fabriqua une grande série de 4 cyl. françaises traditionnelles qui n’étaient en fait que des Cowley, Oxford, à peine déguisées, ceci pour battre en brèche les barrières douanières françaises. La première Morris-Léon Bollée fut équipée d’un bloc moteur 4 cyl., 12 CV, 2,5 l d’Hotchkiss, elle ne devait rien à ses origines. Au contraire, la 18 CV de 1928, fut dotée d’un moteur Straight 8, de 3 l, à arbre à cames en tête qui rappelait que Morris avait repris l'affaire Wolseley en 1926. La nouvelle Morris 6 cyl. de 1928 fut retrouvée dans la 15CV de 2,6 l fabriquée au Mans en 1929. Les carrosseries pour la Morris-Léon Bollée furent toutes fabriquées en France et considérées plus élégantes et plus jolies que celles fabriquées en Angleterre.
Les châssis furent aussi fabriqués en France et toutes les voitures furent équipées d’une boîte 4 vitesses. A un certain moment, la firme sortait 50 12 CV par semaine. Cependant, l’entreprise de Morris ne fut pas heureuse et il l’abandonna pendant la crise. En septembre 1931 un nouveau consortium, destiné à vendre la même série de voitures sous le nom Léon Bollée, fut créé mais il dura moins de deux ans et peu de voitures furent alors fabriquées.

©VEA

 

 


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