MORS (France ) 1895-1925 / 1941-1943
Emile Mors était ingénieur en électricité,
ce qui explique ingénieux système d'allumage (par
bobine à basse tension et dynamo) que l'on trouve sur ses
premières voitures dotées d'un moteur V 4, à
graissage à carter sec, de culasses refroidies par eau
et de cylindres refroidis par air. Ces éléments
étaient montés à l'arrière et le changement
de vitesse par courroie et poulie était de style Benz.
En 1898 Mors produisait 200 voitures par an et le moteur monté
à l'avant fit sa première apparition sur le Petit
Duc, un flat-twin de 850 cm3, à refroidissement en partie
par eau, à embrayage à cône et transmission
secondaire par chaînes latérales. La direction se
faisait par poignée. La voiture était encore répertoriée
en 1901 mais plus tard, il y eût des modèles à
direction par volant.
Les voitures de course Mors conçues par Brasier
tout d'abord rivalisèrent et puis surpassèrent les
Panhard jusque-là invincibles.
Les Mors gagnèrent en 1899 le Paris-St-Malo et le Paris-Bordeaux,
en 1900 des victoires à la course Paris-Toulouse-Paris
et Bordeaux-Perigueux-Bordeaux et en 1901 le Paris-Berlin et Paris-Bordeaux.
En 1902 les voitures de course 60 CV, 9,2 l., avaient des amortisseurs
et en 1903 la cylindrée s'élevait è 11,6
l., avec soupapes d'admission commandées mécaniquement
et carrosserie aérodynamique style bateau renversé.
Gabriel remporta la course Paris-Madrid au volant dune de ces
voitures, tandis que l'Honorable C.S. Rolls
battait le record de 138 km/h à Welbeck au volant d'une
voiture semblable. Les voitures de course de 1904 marquèrent
un retour au moteur en T, mais ce fut la dernière année
de gloire pour Mors sur les circuits. Au Grand Prix de 1908 Jenatzy
pilota pour l'équipe mais ne se classa que 9ème,
et les voitures 2 1/2 l., préparées pour la Coupe
de l'Auto de 1914 qui fut annulée, ne reparurent jamais.
Bien que le refroidissement par eau ne fut adopté
qu'en 1902, des moteurs 4 cyl., verticaux sortirent fin 1899,
suivis en 1900 par l'allumage par magnéto à basse
tension. Les voitures de 1901 avaient ce qui équivalait
à un carburateur par cylindre, avec une énorme chambre
centrale à flotteur. A partir de 1902 les voitures eurent
un style classique, les modèles de 1903 gardaient la transmission
par chaîne, mais avaient un moteur en T avec des soupapes
latérales commandées mécaniquement, un châssis
en tôle d'acier emboutie, un graisseur Duboulle et un radiateur
alvéolaire style Mercedes.
Brasier avait déjà quitté Mors pour travailler
avec Georges Richard. En 1904 Charles Schmidt, aussi chez Mors,
alla en Amérique chez Packard où il conçut
des voitures de style européen (aucun rapport avec les
voitures américaines Mors fabriquées de 1906 à
1909). La marque innova aussi en 1904 la calandre "épaulée"
qui équipa les voitures presque jusqu'à la fin.
En 1905 la firme ne fabriqua que des voitures 4 cyl., en différentes
tailles 2,3 l., 3,2 l, 4,3 l., 5,7 l., et 8,1 l., et le plus grand
modèle évalué à 40/52 CV, avait un
ressort transversal auxiliaire à l'arrière.
En 1906, la société abandonna la chambre
d'eau en aluminium inaugurée en 1903, les embrayages à
cône furent remplacés par le modèle à
courroie qui se resserre que Mors utilisa toujours. L'allumage
se faisait alors par magnéto à haute tension le
pare-brise Thuillier (qu'un administrateur de Mors avait breveté)
et le démarrage à air comprimé, entre autres,
faisaient partie des options proposées. Un coupé
à moteur à essence fut répertorié
comme étant monté sur le châssis 17 CV. En
1907 les petits modèles de 10 CV et 15 CV étaient
dotés du nouveau moteur monobloc à soupapes latérales,
d'une transmission par arbre et d'un graissage sous pression en
tête de la série venait une 6 cyl., 50 CV, avec changement
de vitesse à grille et allumage par magneto à haute
tension.
La crise de 1908 porta un coup à l'affaire
Mors qui ne s'en releva jamais tout à fait, bien que la
société fut reconstruite sous la direction d'André
Citroën, en 1909 ils fabriquèrent
2000 voitures.
De gros modèles de 2,5 l., et 3,7 l., à transmission
par arbre facilitèrent les ventes. Jusqu'en 1912 les plus
grosses Mors furent équipées d'une transmission
par chaîne, et d'un allumage par courant intermittent, en
1911 il y eût une 6 cyl., 3,6 l., à transmission
par arbre et la 12/15 CV à moteur monobloc à soupapes
latérales, à boîte 4 vitesses remporta beaucoup
de succès jusqu'en 1913-14. Au cours des deux saisons qui
précédèrent la première guerre, la
firme offrit une grande variété de modèles
sans soupapes Knight, le dernier modèle avec des cylindrées
de 2,1 l., 3,7 l., 4,41., et 7,2 l. fut doté d'un moteur
Minerva. En 1914, seules les
petites voitures étaient encore équipées
d'un moteur à soupapes latérales, l'engrenage épicycloïdal
à chevrons de Citroën était courant et Mors
offrait une voiture de sport 17/20 CV, à soupapes latérales,
avec éclairage électrique.
Après 1918 Mors n'utilisa que des moteurs Knight, de fabrication
Minerva, le radiateur enjolivé d"un monogramme en
triple S pour narguer le double S de Panhard (pour "sans
soupapes"). Toutefois les voitures Mors avaient moins de
ressources que leurs anciennes rivales, rien ne pouvait sauver
la Sporting 20 3,6 l., même pas un aspect plaisant et en
1917 un freinage sur roues avant. En 1922 parut une voiture 2
l., dotée d'un moteur Minerva mais en 1925, Citroën
occupait presque tous les ateliers de Mors. Pendant la deuxième
guerre Mors fit une brève apparition en sortant des voitures
électriques, mais les derniers véhicules à
porter le nom de Mors furent les monopatinettes Speed, fabriquées
de 1952 à 1956.
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