SUNBEAM (Grande Bretagne) 1899-1937 , 1953 à 1978



La firme John Marston qui fabriquait des bicyclettes depuis 1887, construisit son premier prototype de voiture 4 CV à ransmission par courroie en 1899, suivi par une autre à cyl. en twin en 1901. Le premier modèle produit en série fut, cependant la voiturette en forme de diamant avec un moteur De Dion 2,3/4 CV dont il se vendit un certain nombre de 1901 à 1904. La 12 CV mise sur le marché sous la direction de T.C. Pullinger en 1903 était plus conventionnelle : elle avait pour base un projet Berliet comportant un châssis à plateau, une transmission à chaîne avec des compartiments de chaîne à bain d'huile brevetés Sunbeam et un moteur 2,4 l 4 cyl. à soupapes d'admission automatiques. Une voiture 3,6 l, 6 cyl. apparut brièvement sur le marché en1904, mais les Sunbeam passèrent bientôt aux 4 cyl. de conception Shaw, bien qu'une autre 6 cyl. éphémère soit apparue en 1907.

La grande époque des Sunbeam commença en 1909 quand Louis Coatalen qui venait de chez Hillman entra dans la firme. Cette saison là la compagnie présentait trois 4 cyl. avec transmission par chaîne, d'une cylindrée de 3,4l, 4,5 l et 6,3 l plus une bizarre Station Cart 3,2 l. à cyl. twin. La première production de Coatalen fut une 14/18 CV disponible soit avec transmission par arbre soit avec transmission par chaîne. Elle fut suivie un an plus tard par une 12/16 CV, 2,4 l, de tendances similaires, mais avec une lubrification par pression et une boîte de vitesses surmultipliée tandis qu'on essayait les soupapes en-tête sur une voiture de course, la Nautilus à Brocklands en 1910. Une voiture améliorée 12/16 CV d'une cylindrée de 3 litres avec un moteur monobloc courut dans la Coupe de l'Auto en 1911, annonçant une voiture de tourisme qui remporta un immense succès: elle fut fabriquée jusqu'en 1921 sous la forme de voiture de course de 74 ch, elle obtint une victoire 1-2-3 dans la Coupe de l'Auto 1912, qui fut suivie d'une 3ème place en 1913.

En 1914 Sunbeam construisit des voitures de course à 4 cyl. twin à soupapes en-tête d'inspiration Henri, à la fois pour le Tourist Trophy et pour le Grand Prix de France, quand la guerre mondiale éclata, il y avait dans cette gamme de voitures une 12/16 CV en modèle standard et en modèle sport, une 16/0 CV 4 l, de ligne générale semblable et une voiture 6 cyl. 6,1 l., 25/30 CV, toutes fournies éventuellement avec un allumage électrique.

La compagnie concentra ses efforts sur les moteurs aériens durant la guerre, bien qu'elle ait envoyé à Indianapolis en 1916, où elle obtint la 3ème place, une voiture 6 cyl. 4,9 l. à cyl. twin à soupapes en-tête, pendant ce temps, Rover reprit la production de la 12/16 CV pour l'armée. Renommée la 16, elle réapparut sous forme de voiture civile avec tout son équipement électrique, en même temps qu'une version plus petite de la 25/30 CV d'avant guerre mue par un moteur 4 1/2 l. .Sunbeam fusionna avec Talbot et Darracq en 1920 pour former le cartel S.T.D. et au cours des cinq années suivantes on vit un programme intensif de voitures de course. On fit des 8 cyl, en ligne à soupape en-tête de108 CV sur la formule 3 l des premières années de l'après-guerre, suivies par quelques 4 cyl. 2 l, qui n'eurent pas de succès et finalement les 6 cyl. twin à soupapes en-tête "Fiat à peinture verte" dessinées par Bertarione qui gagna les G. P. français et espagnol en 1923 et courut en 1924, tout en faisant une longue carrière de composition pleine de distinctions dans les années qui suivirent. Chassagne gagna le Tourist Trophy sur une 8 cyl. en ligne 3 l., en 1922 tandis que l'un des modèles sports courants de 3 l., finissait second au Mans en 1925. Les Sunbeam remportèrent le titre du Record Mondial de Vitesse Terrestre 5 fois dans la période 1922-1927. Lee Guiness commença par faire 215 km/h sur la voiture de course de vitesse 12 cyl. en V de 350 ch, chiffre que Campbell fit monter par la suite à 234 km/h puis à 242 km à l'heure sur la même voiture.

En 1926, Seagrave atteignit 152,3 m/h sur la 4 l, 12 cyl. en V, voiture qui fut aussi utilisée pour la course sur route, et l'année suivante, il devint le premier homme à dépasser 320 km/h sur terre avec le nouveau monstre à moteurs jumelés et transmission à chaîne de 45 l. La dernière voiture record de Sunbeam, la Silver Bullet de 1930 ne remporta aucun succès.

Les voitures de tourisme Sunbeam des années 1920 furent des voitures d'un grand raffinement sinon de performances remarquables. Les types de base 16 et 24 CV furent redessinées avec des soupapes en-tête et culbuteurs en 1922, il y avait aussi au catalogue des versions de sport à arbre à cames en-tête tandis qu'un modèle plus modeste 2 l., 14 CV, avait un bloc incluant la boîte de vitesses. Il y eut des freins sur les roues avant dans la voiture 6 cyl. 16/50 CV de 1924 et ils furent facultatifs sur la 14/40 CV qui remplaça le modèle 14 CV.

Une impressionnante voiture de sport 3 l., 6 cyl. à arbre à cames en-tête avec un moteur à carter sec se fit en quelques exemplaires de 1925 à 1930 mais elle était "trop rapide pour son châssis" tout en étant onéreuse à la fabrication et à la vente.

En 1926, une grosse voiture 8 cyl. en ligne et soupapes à tige poussoir fut présentée en 4,8 l., et 5,4 l. et les freins sur les roues avant sont devenus standard sur tous les modèles. En 1927, toutes les voitures avaient le radiateur en V ; les 4 cyl. furent abandonnées et les 6 cyl. de tourisme standard étaient à cette époque la 16 CV 2 l., la 2,9 l, 20 CV et la 3,6 l., 25 CV, toutes avec un embrayage à disques, une direction à spirale conique et une suspension arrière cantilever. Après quoi, les modèles Sunbeam changèrent peu et les ventes déclinèrent bien que la qualité ait été maintenue. On trouvait des ressorts semi-elliptiques à l'arrière des petits modèles de 1930; en 1931 des voitures furent munies de freins hydrauliques et de volets de radiateur et le moteur 16 CV eut une cylindrée poussée à 2,2 l. Les boîtes de vitesses des voitures de 1932 cédèrent le pas à la synchronisation sur les Sunbeam 16 et 20 CV de 1933. Cette année-là il y eut aussi la Speed Model 2,9 l. bien qu'elle ait eu pour concurrente principale l'autre voiture rapide de S.T.D., la Talbot 105.

Le dernier modèle nouveau de l'ancienne firme fut une lourde 4 cyl. à soupapes en-tête de 1,6 l, la Dawn de 1934, avec boîte de vitesses à présélecteur et suspension avant indépendante. On la présenta à nouveau en 1935 en même temps que la 20, la 25 et la Speed Model, mais l'effondrement du cartel S.T. D. amena Rootes à administrer judiciairement puis à acheter la firme ; une voiture 8 cyl. en ligne à soupapes en-tête 4 1/2 litres dessinée par Roesh annoncée pour 1937 ne fut jamais produite. Il n'y eut pas de Sunbeam en 1938 et quand on annonça la série Sunbeam-Talbot pour 1939, elle était basée sur les Rootes Talbot postérieures.

Le nom de Sunbeam réapparut en 1953,où il fut donné à une version sport à deux places de la Sunbeam-Talbot 90, 2,3 l. 4 cyl. à soupapes en-tête, l'Alpine, qui obtint quatre Coupes des Alpes dans le Rallye Alpin de cette année-là, suivies d'une Coupe d'Or (pour Stirling Moss) et d'une Coupe des Dames (pour Sheila Van Damm) en 1954. En 1955 la berline 90 fut mis sur le marché sous le nom de Sunbeam MK III et d'autres lauriers furent attribués à la marque y compris le prix Malling/Fadum au rallye de Monte-Carlo de cette année-là. Ce type de voiture resta au catalogue jusqu'en 1957 ; il s'y joignit en 1956 une voiture sport conduite intérieure dérivée des Hillman-Minx. La Rapier, qui avait un moteur de 62 ch, 4 cyl. en carré 1,4 l., construction monocoque et vitesse surmultipliée en équipement standard. Elle se classa bien dans les rallyes des Alpes et Monte-Carlo qui suivirent, elle remporta aussi la victoire pour sa classe dans les Mille Milles 1956 ; en 1958 elle en était arrivée à 68 ch et 1 1/2 l., gagnant au passage une calandre de style moins semblable aux Hillman, par contre la vitesse surmultipliée était devenue un supplément. Une version sport à deux places, une autre Alpine, monocoque fut mise au catalogue de 1960, et son évolution se fit en suivant les caractéristiques classiques Rootes: embrayage à diaphragme en 1964, avec une option d'embrayage automatique sur l'Alpine, boîte de vitesses entièrement synchronisées en 1965 et 1,7 l. en 1966.

1964 apporta deux variations sur le thème de base, une conduite intérieure sport Venezia à carrosserie italienne basée sur la Humber Sceptre, et la Tiger qui était une Alpine à direction à crémaillère et un moteur Ford 8 cyl. en V, 4,3 l., 164 ch, en dépit de la liaison Rootes-Chrysler. En 1966 l'éventail des Sunbeam comprenait la Rapier V, l'Alpine V et la Tiger, bien qu'aux U.S. la Hillman Imp soit aussi vendue sous le nom de Sunbeam. Une version Sunbeam 51 ch de la Imp était disponible sur le marché intérieur en 1967 et fut suivie par le coupé Stiletto plus sport en 1968. Les Rapier de 1968 devaient beaucoup au style Chrysler. La dénomination Alpine se retrouve en 1969 mais ce n'est plus un modèle à tendances sportives, c'est une version plus modeste de la Rapier.

Chrysler Europe, dont fait partie le groupe Rootes, sera racheté par Renault et Peugeot en 1978.

voir des articles sur les Sunbeam:
La Sunbeam Alpine a 50 ans!
Sunbeam Rapier (1955-1967)
Sunbeam Rapier in 1967 (en anglais)


1963 Sunbeam Alpine Mk IV
1962 Sunbeam Rapier Serie IIIA Drophead Coupe
1965 Sunbeam Tiger
1966 Sunbeam Tiger

©VEA

 

 


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