LE TOUR DU MONDE DES MARQUES

Le Canada

Le Canada fut longtemps le deuxième constructeur mondial. Sa production était évidemment calquée sur les produits américains. Même s'il y eut des modèles spécifiques réservés au Canada, ils ne s'en démarquaient que par un nom différent et de subtiles différences, résultat de la "science" du marketing...

Il faut aussi souligner l'assemblage canadien de Volvo en Nouvelle Ecosse, et de Renault et Peugeot à St-Bruno par la Soma. Les 404 québécoises portaient le monogramme "Alouette".

Quelques marques indépendantes se sont toutefois faites remarquer, sans grand succès la plupart du temps. Ce n'est pas une raison suffisante pour les oublier!

Bombardier: célèbre avionneur et fabricant des légendaires Ski-doo, il y eut aussi au départ les fameuses autoneiges.
Bricklin: La DeLorean canadienne
Comet:
Intermeccanica: un parcours étonnant
McLaughlin: Bienvenue au Canada General Motors!
Manic
: l'Alpine québecoise
Taylor: la première voiture au Canada en 1867

Et aussi, les voitures "made in Québec" d'avant 1940


BOMBARDIER index

À l'origine, il y a un homme, J. Armand Bombardier, ce mécanicien hors pair met au point un système de barbotin-chenille dont il dépose le brevet en 1937 après des années de recherche. Sa première création commerciale nommée B7 rencontrera un certain succès. Pendant la guerre il fabrique un modèle plus grand, le B12, puis après celle-ci, le C18 destiné au ramassage scolaire. L'adoption d'un règlement pour le déneigement des routes freinera brusquement l'essor de la compagnie qui se convertira vers le secteur industriel jusqu'à la première motoneige qui deviendra le Ski-Doo, mais ceci est une autre histoire...


Autoneige Bombardier R18 1966

 

BRICKLIN index

Malcolm Bricklin a commencé comme fournisseur de quincaillerie en Floride avant d'importer la Subaru 360 aux États-Unis. Il décida ensuite de fonder sa propre compagnie de fabrication de voitures. Pour ce faire, il s'installa au Nouveau Brunswick où le gouvernement lui fournit les capitaux nécessaires dans le but de créer des emplois.
Le projet était de construire 1000 voitures par mois au prix de 4000 $. Le prix monta rapidement et la première SV-1, en 1974, fut vendue 7490 $ pour grimper à 9980 $ en 1975.


Bricklin SV-1

Les éléments mécaniques provenaient de Detroit. La production en 1974 fut de 780 voitures équipées du V8 AMC 360 pc fournissant 220 ch. Comme AMC avait de la difficulté à fournir ces moteurs, les modèles 75 furent équipées du V8 Ford 351 pc de 175 ch. et furent fabriquées à 2062 exemplaires. Mais la qualité de fabrication n'était pas à la hauteur de ce que fabriquait les trois Grands. Le système de portes à commande électro-hydraulique n'était pas fiable pas plus que l'étanchéité de celles-ci. Très vite le gouvernement du Nouveau Brunswick cessa de fournir les capitaux et la compagnie fit faillite en septembre 1975 avec douze véhicules invendus du millésime 76 portant la production totale à 2854 SV-1.

 

COMET index

Ucal-Henri Dandurand (1866-1941), pionnier de l'automobile au Québec, était un important promoteur immobilier de Montréal. Il est surtout connu pour avoir développé, avec son associé Herbert Holt, au début du siècle dernier, un nouveau village qui est devenu le grand quartier de Rosemont. Il est le premier a avoir immatriculé sa De Dion-Bouton 1901 au Québec, son numéro? Q 1.
Une occasion se présenta en 1907 afin de construire ici des voitures à partir d'éléments mécaniques importés d'Europe.
M. Dandurand devint alors président de la "Comet Motor Company", petite entreprise qui a construit artisanalement, de 1907 à 1909, au moins une cinquantaine de voitures (certains estiment que près de 200 voitures Comet ont été fabriquées). L'atelier était situé à Montréal, au numéro 18, rue Jurors; les carrosseries, conçues ici et montées à la main, étaient munies de châssis et de moteurs français, fabriqués par la firme Clément-Bayard. Présentée en deux versions au Salon de l'automobile de Montréal en avril 1907, la Comet fut bien accueillie. Elle a transporté en 1908 le Prince de Galles (futur roi George V) de Québec jusqu'en Beauce, ce qui a fait à la marque une appréciable publicité… sans assurer sa pérennité! En 1909, en effet, les dirigeants de l'entreprise décidèrent d'arrêter la production des Comet, parce que les produire ainsi à petite échelle était peu rentable et qu'une expansion véritable, nécessitant d'énormes capitaux, leur paraissait risquée et difficile.


Comet 1907

 

INTERMECCANICA index

Frank Reisner, né en Hongrie, puis venu avec ses parents au Canada, s'associe avec Peter Broeker pour distribuer des pots d'échappement sport sous la marque "Stebro"; après la scission Broeker fabriqua aussi quelques monoplaces sous cette marque dont l'une participa (sans succès) au Grand Prix des États-Unis en 1963, la seule participation d'une auto canadienne... pour l'instant!
L'histoire de Frank Reisner se poursuit en Italie où il fonde en 1959 la Construzione Automobili Intermeccanica, celle-ci est présentée comme une succursale de la maison mère établie au Canada, la North East Engineering Company of Canada, qui lui donne la crédibilité dont il a besoin. En fait, les rôles sont plutôt inversés! Il fabrique tout d'abord différentes pièces de performances et construit une Formule Junior puis une petite voiture de sport, la IMP, basée sur la Steyr-Puch autrichienne.
Mais c'est avec l'Apollo, coupé et cabriolet, qu'il acquiert la notoriété. Équipée du V8 Buick en aluminium, l'Apollo était construite en Italie et ensuite envoyée aux États-Unis pour recevoir la mécanique. 88 furent fabriquées.
Après avoir fourni des carrosseries pour Jack Griffith équipées de V8 Plymouth, sous les noms de Griffith GT et d'Omega, il lance son propre modèle complètement assemblé en Italie avec une mécanique Ford, ce sera la Torino devenue Italia. Plus de 500 trouveront un acquéreur.


Intermeccanica Italia

Ensuite vint l'étonnante Murena GT, un "break de chasse" fabriqué à 11 exemplaires en 1969-70.


Intermeccanica Murena GT

La qualité de fabrication des Intermeccanica était indéniable et Opel va commander une série de voitures dérivées de l'Italia à mécaniques Chevrolet (V8 327 ou 350 pc) et Opel 6 cylindres. Ce sera la très jolie Indra fabriquée à 127 exemplaires entre 1971 et 1974. Erich Bitter reprendra le dessin de l'Indra pour produire sa propre version la Bitter CD.


Intermeccanica Indra

Entre 1973 et 1974, Intermeccanica construira aussi une réplique réussie de la SS 100 "Jaguar", la Squire SS 100 à carrosserie en fibre de verre et mécanique Ford (6 cylindres 250 pc).
Après une offre afin de construire une voiture "spéciale", Frank Reisner vient s'installer en Californie en 1975. Cette offre n'ayant pas abouti, il se lancera dans la fabrication de répliques de Porsche Speedster dont 600 seront fabriquées. Suivront quelques tentatives dans les néo-classiques qui fleurissaient dans ces années: Lexington (base Checker), LaCrosse (cellule VW Coccinelle cabriolet, V8 Ford), avant qu'il ne déménage, cette fois à Vancouver en 1981.
Décédé en 2001, c'est maintenant son fils Henry qui a repris le flambeau en continuant de construire des répliques des Porsche 356 et Speedster et de Volkswagen Kübelwagen de très haute qualité.

http://www.intermeccanica.com/

 

MCLAUGHLIN index

En 1901, la McLaughlin Carriage Company Ltd est probablement le plus grand constructeur de voitures hippomobiles et wagons de l'Empire Britannique. En affaires depuis plus d'une trentaine d'années, la qualité de construction est sa marque de commerce.
Après avoir tenté de construire leur propre automobile, Sam McLaughlin conclut une entente en 1907 avec William Crapo Durant afin d'acheter des mécaniques Buick, que Durant venait d'acquérir. En 1908, Durant forme la General Motors Company, dont Buick est le premier jalon.
La production commença en 1907, Sam McLaughlin dessinait lui-même les carrosseries qui étaient installés sur les châssis Buick. Ces premières voitures s'appelaient McLaughlin, elles étaient plus élaborées et élégantes que leurs cousines américaines. Malgré cela, pendant une dizaine d'années, une certaine confusion semble régner autour de l'identité de ces voitures, quelquefois appelées McLaughlin ou McLaughlin-Buick, à tel point que certaines voitures arboraient le nom McLaughlin sur leur radiateur et McLaughlin-Buick sur les chapeaux de roues. La publicité était faite autour du nom McLaughlin-Buick et son slogan était: "Canada's Standard Car". La McLaughlin Motor Car Co. devient General Motors of Canada en 1918, et en 1923, il n'y aura plus d'ambivalence, ce seront des McLaughlin-Buick.


McLaughlin-Buick 1916

Depuis le début, McLaughlin produisaient une large variété de modèles à quatre et six cylindres, puis huit en ligne lorsque Buick adopta son fameux 8 à soupapes en tête en 1931.
Lorsque les carrosseries commencèrent à être en acier plutôt qu'en bois, le dessin des McLaughlin-Buick devint plus proche de celui des Buick et à l'exception des voitures d'apparat destinées aux visites de la famille royale d'Angleterre au Canada, plus rien ne les distinguaient vraiment, en 1927, pour la visite du Prince de Galles, deux limousines découvrables (Touring) furent construites, ainsi que deux autres en 1939 pour la visite du roi George VI, sans oublier en 1936 celle construite pour Edward VIII qu'il aurait conduit lui-même juste après son abdication.


La McLaughlin-Buick limousine 1936 du roi Edward VIII

Ces Buick "royales" aidèrent les ventes de Buick en Angleterre.
Le nom McLaughlin-Buick s'éteindra en 1942 alors que la production de voitures sera arrêtée.

Sam McLaughlin se retirera de son poste de président de GM of Canada en 1967, mais restera à titre honoraire jusqu'à sa mort en 1972 à l'âge de 100 ans.

 

MANIC index

En 1969, Jacques About construit une voiture sur la base mécanique de la Renault 10, c'est la Manic GT, la version canadienne de l'Alpine française. Il semblerait que des problèmes d'approvisionnement de pièces par Renault n'ait pas permis à cette toute jeune compagnie de survivre. L'aventure se terminera en 1971 après que 160 exemplaires environ furent produits.


Manic GT

 

TAYLOR index

Première voiture canadienne, née en 1867, cette première tentative est mue par la vapeur. On raconte que lors d'une de ses sorties, son créateur, Henry Seth Taylor eut un accident en dévalant une pente car il avait oublié de doter son véhicule de frein(s). Cette histoire se rapproche curieusement de celle de Joseph Cugnot qui vers 1770 conçut la première AUTOmobile et le premier accident automobile pour les mêmes raisons! À n'en pas douter, la Taylor est également la première automobile a avoir eu un accident au Canada!
Lire son histoire


Taylor 1867

 

"MADE IN QUÉBEC" index

Voici en images d'époques quelques voitures du début du XXème siècle fabriquées au Québec

BOURASSA index

Henri-Emile Bourassa qui fut un ami intime de Louis Chevrolet, construisit sa première voiture en 1899, puis une autre en 1910 et enfin en 1926. Ruiné par la crise économique de 1929, il aurait, dit-on, fracassé cette voiture à coup de masse!


Bourassa 1899

Bourassa 1910

Bourassa 1926

BOLLEE 1899 index

Il ne s'agit pas vraiment d'une voiture canadienne, mais le docteur Henri-Edmond Casgrain de Québec modifia "légèrement" cette Léon Bollée française et en fit la première "auto-neige" au Québec en 1899. Ce véhicule disparut en 1922. Il avait été utilisé jusqu'en 1918!


Étonnante autoneige Bollée 1899

FOSS 1899 index

George Foss naquit à Sherbrooke au Québec. C'est là qu'il fabriqua la "Fossmobile", une petite merveille d'ingéniosité. On peut considérer Foss comme un de nos grands pionniers de l'automobile au Québec car, toute sa vie, il fut passionnément impliqué dans le monde de l'automobile.


Foss 1899

GAREAU index

La Gareau 1910 fut conçue par Charles Gareau de Montréal. C'était une excellente voiture dont les composantes mécaniques étaient fort avancées pour l'époque. Pour prouver les qualités de cette automobile, Gareau la fit conduire de Montréal à Toronto sans problème aucun. Il abandonna la production de cette automobile et se recycla dans la vente de voitures neuves. Ceci est la SEULE photo qui subsiste de "l'aventure Gareau".


Gareau 1910

LAVOIE 1923 index

Alphonse-Joseph Lavoie de Montréal était un génie et aussi un "self made man". Il construisit cette fameuse Lavoie après avoir étudié longuement les meilleures façons de le faire. Son automobile fit sensation mais le succès ne vint pas...Cet homme extraordinaire disparut sans laisser de fortune derrière lui, si ce n'est le souvenir d'un génie mal apprécié de ses pairs.


Lavoie 1923

OXFORD 1914-15 index

Cette marque automobile fut construite par la famille Pontbriand de Sorel. L'usine était cependant située à Montréal. L'entrée en guerre du Canada en 1915 eut pour effet de restreindre l'achat des pièces nécessaires à sa fabrication. L'usine ferma ses portes, mais fait à souligner, personne ne perdit le moindre dollar dans cette aventure!


Oxford

 

©VEA

 


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