LE TOUR DU MONDE DES MARQUES
Les "Dream Cars"
américains dans les années 50
Les voitures de rêve de General
Motors
À tout seigneur tout honneur! En effet, parmi tous les constructeurs
américains, GM fut certainement le plus prolifique sous la
houlette de son grand patron du style: Harley Earl.
Les "Motorama" de GM avait pour but de sillonner l'Amérique
afin de présenter les modèles du géant de Detroit
encadrés de "dream cars", tous plus attirants les
uns que les autres. Ces dream cars se succédèrent
à un rythme affolant dans les années 50.
BUICK Y-Job 1938
Le premier "dream car" fut la Buick Y-Job 1938 due à
Harley Earl, grand patron du style de GM. Il utilisa cette voiture
pour son usage personnel avant qu'elle ne soit présentée
au public en 1940. Ses caractéristiques stylistiques préfigurent
les Buick dès 1942: pas de marchepieds, extension des ailes
sur les portes, calandre basse à fanons et l'ornement de
capot (appelé "Bombsight", dès 1946). D'autres
innovations comme les phares rétractables électriquement
(déjà vu sur les Cord 810/812 de 1936, mais à
commande manuelle), les vitres et la capote électriques ne
verront le jour en série que plus tard.
Après la guerre, cette Y-Job fut modifiée (pare-chocs
enveloppants, jupes arrière), mais elle apparut vite démodée.
Harley Earl et la Buick Y-Job 1938
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Buick Y-Job 1938 2ème version
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Buick Roadmaster 1947
BUICK LeSabre 1951
C'est en 1951 qu'Harley Earl présentera sa deuxième
voiture de rêve: la Buick LeSabre, laquelle sera également
réservée à son usage personnel. Suivant la
mode de ces années, le style est très aéronautique,
mais les caractéristiques techniques ne sont pas en reste,
l'usage de l'aluminium et du magnésium en font foi, comme
le moteur en aluminium, à culasses hémisphériques,
à compresseur de 3,5 litres (215 pc) fournissant 335 ch.
Celui-ci est alimenté par deux carburateurs double-corps
avec chacun son propre réservoir de 75 litres, l'un à
l'essence, l'autre au méthanol. Les trappes de remplissage
incluant le bouchon sont dissimulées dans les ailes arrière
et marquées à droite "alcohol" et à
gauche "gasoline".
Une pompe hydraulique est entraînée par la transmission
automatique située à l'arrière, accolée
au différentiel, tout comme les freins à tambours
"in board", la suspension arrière étant
indépendante. Cette pompe sert aux quatre crics hydrauliques
intégrés, à l'ouverture-fermeture de la capote
ainsi qu'aux phares escamotables.
Une partie de la carrosserie est réalisée en magnésium:
cloison pare-feu, capot, coffre, extérieur des portes et
panneaux avant et arrière. Le pare-brise est panoramique
souligné d'un encadrement chromé très fin et
le rétroviseur prismatique est intégré au tableau
de bord pour ne pas nuire à son élégance. Le
tableau de bord est inspiré de cette époque des premiers
jets et comprend, outre les instruments traditionnels, un compas
et un altimètre. La console centrale est aussi sans doute
une des premières connues. Un détecteur de pluie permet
de fermer automatiquement la capote en cas d'averse, et les sièges
sont chauffants via un thermostat. Earl utilisera cette voiture
jusqu'à sa retraite en 1958 et effectuera avec elle quelques
70.000 km. Heureux homme!
BUICK LeSabre 1951. Sa hauteur est de 1,27 m.
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BUICK LeSabre 1951. Inspiration aéronautique!
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BUICK LeSabre 1951. Le tableau de bord
BUICK XP-300 1951
Sur cadette de la Buick LeSabre, cette Buick a été
construite pour Charles Chayne, à l'époque ingénieur
en chef de Buick. Basée sur la même mécanique
que la LeSabre, elle annonce le dessin des Buick 1954. Elle s'avère
aussi un peu plus complexe par son utilisation de l'hydraulique
pour les vitres et les sièges, entre autres, qui la rendra
moins fiable que celle de Harley Earl.

Buick XP-300 1951 (Charles Chayne au volant)
En 1953, six nouveaux dream cars seront présentés:
BUICK Wildcat I 1953
L'avant annonce les Buick 54 à quels détails près.
Carrosserie en fibre de verre.
Buick Wildcat I 1953
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Buick Wildcat I 1953
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CADILLAC Le Mans et CADILLAC Orléans 1953
Le Mans: allégée, elle se présente comme une
"deux places sport prototype"!
Orléans: quatre portes "suicide" (on dirait aujourd'hui
portes antagonistes), c'est la première 4 portes Hardtop
qui apparaîtra en série trois ans plus tard.
Cadillac Le Mans 1953
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Cadillac Orléans 1953
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OLDSMOBILE Starfire 1953

Oldsmobile Starfire 1953
PONTIAC Parisienne 1953
Sorte de "Town Car" à quatre places, elle n'apporte
pas grand chose si ce n'est son intérieur rose et son extérieur
noir. De plus ses sièges reculent automatiquement de 30 cm
à l'ouverture des portes.

Pontiac Parisienne 1953
CHEVROLET Corvette 1953
Bel exemple d'une voiture de rêve qui deviendra réalité:
la Corvette dévoilée au salon de New York en 1953
sera une voiture de production sans grands changements dès
la fin de l'année.
Ci-contre, derrière la Corvette de série
1954, un prototype avec hardtop (jaune), la Chevrolet Corvair
(verte) et la Chevrolet Nomad, premier station-wagon dream
car qui sera proposé en série dès 1955
sous le nom de Bel Air Nomad Wagon.
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En 1954, le Motorama en présentera onze!
Cadillac El Camino, Cadillac La Espada, Cadillac Park Avenue, Buick
Wildcat II, Chevrolet Corvair, Chevrolet Nomad, Oldsmobile Cutlass,
Oldsmobile F-88, Pontiac Strato Streak, Pontiac Bonneville Special,
sans oublier la mémorable fusée sur roues, la Firebird
XP-21 propulsée par une turbine.

Au premier plan, Cadillac El Camino, puis Pontiac Strato Streak
et Chevrolet Nomad

Buick Wildcat II 1954

Cadillac La Espada 1954

Ci-dessus, issue de la Corvette, voici la Chevrolet Corvair 1954
Oldsmobile F-88 1954
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Oldsmobile F-88 1954
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Pontiac Bonneville Special 1954

Firebird XP-21, mieux connue sous le nom de Firebird I, première
voiture à turbine de GM, elle est parfaitement opérationelle.
1955:
BUICK Wildcat III 1955

Buick Wildcat III 1955
CADILLAC Eldorado Brougham 1955
Elle annonce son homonyme qui sera fabriquée en série
très confidentielle (707 exemplaires) en 1957-58. (voir "Les
fabuleuses voitures américaines des années 50")

Cadillac Eldorado Brougham 1955
CHEVROLET Strato Star et Biscayne 1955

Chevrolet Biscayne 1955
GMC L'Universelle 1955
L'ancêtre du monospace

GMC L'Universelle 1955
LaSALLE II et LaSALLE II Roadster 1955
Renaissance de la Cadillac "du pauvre" sous des formes
originales
LaSalle II 1955
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LaSalle II Roadster 1955
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OLDSMOBILE Delta 1955

Oldsmobile Delta 1955
1956 verra six nouveaux dream cars:
CADILLAC Eldorado Brougham Town Car 1956
Version coupé-chauffeur de la future Cadillac Eldorado
Brougham 1957-58

Cadillac Eldorado Brougham Town Car 1956
BUICK Centurion 1956

Buick Centurion 1956
CHEVROLET Impala 1956

Chevrolet Impala 1956
OLDSMOBILE Golden Rocket 1956

Oldsmobile Golden Rocket 1956
PONTIAC Club de Mer 1956

Pontiac Club de Mer 1956
FIREBIRD II 1956
Deuxième génération de voiture à
turbine. Toujours l'influence aéronautique...

Firebird II 1956
1959:
La crise arrêtera cette débauche de voitures de rêve
avec seulement deux nouveautés en 1959, Firebird III, nouvelle
mouture à turbine et la Cadillac Cyclone.
FIREBIRD III 1959
Une des dernières réalisations d'Harley Earl, Firebird
III est une voiture de rêve au sens propre. Largement inspiré
de l'ère des "jets" comme ses prédécesseurs,
elle va encore plus loin dans son dessin. Les nombreux ailerons,
les deux portes comprenant chacune une bulle où se tiennent
chacun des deux passagers lui donnent un air futuriste.
Les innovations techniques ne manquent pas non plus. Animé
par une turbine de 225 chevaux, ce dream car a néanmoins
besoin d'un moteur d'appoint de 10 chevaux afin de fournir l'énergie
nécessaire aux nombreux accessoires dont il est équipé.
Il a été dit à l'époque que sa suspension
hydropneumatique avait été largement inspirée
de celle de la Citroën DS. Nulle trace aujourd'hui de ce fait.
Firebird III 1959
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Firebird III 1959
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Les portes s'ouvrent automatiquement dès que le propriétaire
approche selon une cinématique très avion de chasse.
Une fois à bord, plus de volant, ni de pédales, une
commande centrale, accessible par l'un ou l'autre des passagers
(pratique pour rouler à droite ou à gauche!), se charge
de toutes les commandes, avancer, tourner, freiner
Cinquante
ans plus tard, ce système reste encore un projet!
Régulateur de vitesse automatique, système électronique
de guidage, ainsi qu'un système de contrôle automatique
de la climatisation permettant d'accéder à l'habitacle
à la température choisie font partie des gadgets qui
ont permis de démocratiser ces accessoires presque communs
aujourd'hui.
Dernière tentative de GM dans le domaine des voitures à
turbine, Chrysler reprendra le flambeau dans les années soixante
sans beaucoup plus de succès pour l'avenir de ce genre de
propulsion.
CADILLAC Cyclone 1959
Présentée en même temps que Firebird III, la
Cadillac Cyclone est elle aussi largement inspirée par l'aéronautique,
mais celle-ci se contente d'une mécanique conventionnelle,
un V8 de 325 ch.

Cadillac Cyclone 1959
La bulle formant l'habitacle se soulève d'avant en arrière
à l'ouverture des portes tandis que celles-ci coulissent.
Les deux "obus" des ailes avant recèlent un radar
anti-collision. Son dessin permet d'anticiper celui des Cadillac
61, l'exubérance en moins. Cette voiture sera modifiée
plus tard, ses ailerons arrière deviendront moins proéminents
afin de se mettre au goût du jour.
L'ère Harley Earl est bel et bien finie. Celle de Bill Mitchell
va bientôt commencer. À suivre...
©VEA
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